DE LA CONTEMPLATION ET DE L'UNION AVEC DIEU
Dieu ne se communique jamais pleinement ni suavement qu'à un cœur dénué de tout. Lit'. III de la Montée du Mont-Carmel, chap. 19.
Pour aller à Dieu il faut se vider de tout ce qui n'e^t pas Dieu. Ibid. chap. 6.
Une imperfection d'habitude empêche plus l'union avec Dieu, que plusieurs autres plus grièves qui ne se font pas par coutume, quoiqu'elles se fassent avec quelque advcrlance. Ibid. chap. 11.
Pour jouir de l'union divine, tout ce qui est dans l'âme, grand ou petit, peu ou beaucoup, doit mourir. Ibid.
Qu'importe à un oiseau qu'il soit arrêté par un fil ou par une corde, puisque l'un et l'autre l'empêche de voler? H est aussi indifférent que votre âme ait une grande ou petite attache à quelque chose créée,
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puisque l'nn et l'autre empêchera l'union divine. Liv. II dé ni Monté* du Mont-Carmel, chap. 11.
Il est déplorable de voir des âmes chargées comme de gros navires, des richesses immenses de vertu, n'arriver jamais au port de l'union avec Dieu, pour n'avoir pas le courage de vaincre une petite imperfection, comme serait de trop parler, etc. Ibid.
Quelque oubli qu'on doive avoir de toutes les choses visibles el corporelles pour s'unir à Dieu, on n'y doit pas comprendre l'humanilé de Jésus-Christ, parce qu'elle est la porte, le chemin et le guide assuré à toutes sortes de biens. Liv. III de la Montée du Mont - Carmel , chap. 1.
Pourquoi différez-vous de quitter la créature qui n'est rien , pour vous unir par amour avec votre Dieu qui est tout? Dans ses Avis, 21.
Quelque communication ou sentiment qu'une âme ail de Dieu, elle ne doit pas se persuader que ce soit être plus ou mieux en Dieu ; comme aussi si le goût lui manque, que ce soit y être moins, parce qu'elle ne peut savoir par l'un si elle est en grâce, ni par l'autre si elle est en dehors. Dans le Cantique de l'amour de Dieu.
L'union divine consiste à tenir l'âme dans une totale transformation de sa volonté en celle de Dieu. Liv. II de la Montée du Mont-Carmel, chap. 11.
Lorsqu'il paraît à l'âme qu'elle fait moins dans l'oraison, c'est pour lors qu'elle est plus occupée en Dieu. Liv. II de la Montée du Mont-Carmel, chap. 14.
Plus le rayon de la contemplation est pur et simple et parlait, plus l'entendement le trouve obscur et le ressent moins. Ibid. et liv. II de la SS'uil obscure, chap. 8.
Plus l'âme s'avance en esprit, moins sa vue se borne aux objets particuliers , ayant pour lors un regard plus pur et plus vaste. Ibid. chap. 12.
Jusqu'à ce que les choses sensibles nous renvoient d'abord à Dieu, on ne doit pas se servir de l'opération des sens pour aller à Dieu. Liv. III de la Montée du Mont-Carmel, chap. 2o.
La marque certaine qu'on est beaucoup élevé à la contemplation, est quand l'âme prend plaisir d'être seule avec Dieu dans un simple regard, sans employer les opérations de ses trois puissances. Liv. II de la Montée du Mont-Carmel, chap. 13.
Il y a la même différence entre la méditation et la contemplation, qu'entre agir et jouir de ce qu'on a déjà fait, entre recevoir et profiler de ce qu'on a reçu, enlre apprêter la viande el la manger après l'avoir apprêtée. Ibid. V*.
Il y a trois caractères du recueillement intérieur : le premier, si les choses de ce monde ne vous plaisent plus ; le second, si vous avez soin du plus parfait; et le troisième, si le silence et la solitude vous donnent du contentement. Dans ses Sent. ,50.
Il est plus expédient de représenter simplement à Dieu ses nécessités que de lui demander du remède, soit parce qu'il sait mieux que nous ce qui nous est nécessaire, soit que l'ami a plus de compassion de son ami quand il le voit ainsi résigné , soit que de celte manière l'âme a moins à craindre qu'il n'y ail de l'amour-propre dans sa demande. Dans son Cant. d'amour.
Le grand secret dé surmonter le monde sans peine, et de rompre peu à peu les obstacles qui empêchent l'union divine est d'être assidu à l'oraison. Dans ses Sentences, 23.
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MAXIMES SPIRITl'EI.LES.
Le moindre attouchement ou communication qu on ait eu avec Dieu, satisfaitau delàde ce qu'on pourrait attendre pour toutes les peines qu'on aurait souffertes à son service. Liv. 11 de la Montée du Mont-Carmel „ chap. 2G.
Le souverain moyen d'obtenir de Dieu ce que nous voudrons est de mettre toute la force de notre oraison à ne pas demander ce qui; nous voudrons , mais ce que Dieu voudra de nous. Liv. III de la Montée du Mont-Carmel, chap. '*3.
L'âme qui se porte à parler et à comerser beaucoup avec les hommes , ne converse guère avec Dieu ; car la conversation avec Dieu attire l'âme à l'intérieur, au silence et à la fuite des créatures. Lettr. 2.
Bien que quelqu'un soit parfait, s'il converse avec les hommes plus que la nécessité et la raison ne le demandent , il en recevra de grands dommages. Lettr. 7.