DES VISIONS ET DES RÉVÉLATIONS
Ayant la raison naturelle et la loi évangélique, qui nous peuvent suffisamment conduire, il n'est pas bon de vouloir savoir les choses par voie surnaturelle. Liv . II de la Montée du Mont-Carmel , chap. 21.
Quoi que ce soit que nous entendions surnalurellement, nous ne devous le recevoir qu'autant qu'il est conforme à la loi évangélique. lbid.
Si le Père Eternel nous a parlé par Jésus-Christ, comme nous l'assure l'Apôtre, c'est lui faire injure que de lui demander des visions et des révélations, lbid., chap. 22.
Tout ce qui se peut faire par l'industrie et par le conseil humain , Dieu ordinairement ne le dit et ne le fait pas par voie surnaturelle , lbid.
Bien que les visions imaginaires soient surnaturelles , il ne fait pas bon de s'y appuyer, lbid., chap. 16.
Il faut bien examiner les révélations, quand on saurait même qu'elles sont de Dieu , parce qu'elles n'ont pas toujours leurs effets à notre manière d'entendre et selon le son des paroles, lbid., chap. 18.
La grande règle pour n'être pas trompé dans toute sorte de communications qu'on ait de Dieu est de se découvrir à son directeur ; car on n'en aura jamais ni satisfaction, ni force, ni lumière, ni assurance, qu'on n'en ait traité avec lui, vu qu'il est établi ici-bas son juge pour tout , même pour ce qui vient de Dieu. lbid., chap. 22.
Les effets des visions qui viennent du diable, sont les sécheresses et l'ennui de la conversation de Dieu ; c'est de faire cas de ces choses et les rechercher, el s'estimer beaucoup pour les avoir. lbid., chap. 29 et 30.
Il ne faut s'assurer ni admettre les saveurs qui touchent les sens , bien qu'elles soient de Dieu : 1° parce que le sens corporel dès lors se rend arbitre des choses spirituelles , les jugeant comme il les conçoit et les sent, ce qui est un grand mal; 2" parce qu'elles n'ont nulle proportion avec les choses spirituelles ; 3" parce que le diable peut facilement s'y mêler et nous tromper. lbid., chap 11.
Il y a plus à craindre de la tromperie du diable dans le bien que dans le mal. Liv. III de la Montée du Mont-Carmel , chap. 36.
Dieu estime plus en vous que vous vous portiez à souffrir pour son amour, les disgrâces, les affronts, les maladies, les aridités et les autres choses semblables que toutes les visions, les révélations, les recueillements et les autres faveurs que vous puissiez avoir. Dans ses Scn~ tences , 5.
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SIXIEMES MAXIMES,