LXXXIV. fi S
Avis pour te jour de la profession des religieuses. Le jour de la profession et de la prise d'habit, c'est une de nos anciennes règles que les professes communient.
Thérèse de Jésds.
1ETTRES LXXXV-LXXXVI. 295
Mémoire envoyé par la Sainte au chapitre de la séparation sur la fondation de Saint-Joseph.
Celle maison de Saint-Joseph d'Avila fut fondée le jour de Saint-Bar- (hélemi, en 15G2; elle est la première qui fut fondée par la mère Thérèse de Jésus, avec l'aide de doua Aldonze de Guzman et dona Guio— mar d'Ulloa, sa fille, au nom desquelles on dressa l'acte de la fondalion, quoiqu'elles eussent donné peu de chose, parce qu'elles n'étaient pas riches. Il fallait que ce fût en leur nom, pour qu'on ne prétendît pas que la mère Thérèse de Jésus fondait pour le monastère où elle élait ; et comme Tordre ne reconnut pas cette nouvelle maison , on la soumit à l'ordinaire; c'était alors le révérendissime seigneur don Alonzo de Mendoze. Tant qu'il fut à Avila, il la favorisa beaucoup, fournissant le pain et les remèdes et d'autres aumônes. Lorsqu'il quitta l'évèché d'Avila pour celui de Palence , il fut le premier à nous placer sous l'obédience de l'ordre, à cause que cela lui parut convenir davantage au service de Dieu, et nous fûmes toutes de cet avis. C'est bien fait. Il y a à présent environ trois ans et huit mois qu'on y vit dans la pauvreté, avec les secours de sa seigneurie et ceux de François de Salcède, que Dieu ait dans sa gloire, de Laurent de Cépède qui y esl, et de plusieurs aulres personnes de la ville. Ce fut avec les mêmes ressources qu'on bâtit l'église et la maison et qu'on acheta remplace ment.
NOTES
Les religieuses de Jaen conservent ce morceau écrit de la main de la Sainte. 11 fut présente au chapitre de la séparation des provinces.
Di/jerenis fragments et notes réunis sur un papier par la Sainte qui se proposait apparemment de les faire entrer dans d'autres écrits.
1 . Petite pécheresse, de quoi t'affliges-tu ? est-ce que je ne suis pas ton Dieu? Ne vois-tu pas combien je suis maltraité ici-bas ? si tu m'aimes, pourquoi n'as- tu pas pitié de moi?
2. Si Notre-Seigneur ne m'avait pas fait les grâces qu'il m'a faites, jamais je n'eusse trouvé en moi le courage nécessaire pour faire ce que j'ai fait, ni la force qu'il m'a fallu pour les travaux où j'ai passé, les contradictions et les jugements auxquels j'ai été en butte. Aussi bien, après avoir commencé les fondations , je fus délivrée des craintes que j'avais auparavant d'être abusée, et je me suis crue assurée que mon entreprise venait de Dieu. Alors j'ai lutté contre les difficultés, mais toujours en suivant la voie des conseils et de l'obéissance. Cela me fait entendre que Notre-Seigneur, ayant voulu ressusciter la première ferveur de cet ordre, a fait choix de moi dans sa miséricorde, pour que je fusse son instrument ; il fallait donc que sa divine majesté me donnât ce qui me manquait, et tout me manquait , afin de produire un tel
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29g LETTRE LXXXVII.
changement, et ûe montrer davantage sa puissance dans un état de choses si déplorable.
3. Antiochus exhalait une odeur si infecte à cause de ses pèches énormes, qu'il ne pouvait se souffrir lui-même, ni être supporté par ceux qui l'approchaient pour l'assister.
k. La confession est pour dire ses fautes, ses péchés, et non ses vertus, ni choses semblables d'oraison ; mais on en traite ailleurs avec quelqu'un qui s'y entende. Que la prieure y veille et que la religieuse lui en expose le besoin, afin qu'elle en juge. Cassien dit que celui qui n'entend pas ces choses, est semblable à qui ignore que les hommes nagent, et qui, n'en ayant pas vu nager, s'imaginerait, s'il en voyait se jeter à la rivière, qu'ils vont tous se noyer.
5. Notrc-Seigncur a voulu que Joseph dît à ses frères la vision, el qu'elle fût connue , quoiqu'il dût lui en coûter cher, comme cela arriva.
G. La crainte que l'âme ressent lorsque Dieu lui fait une grande grâce, est un respect intérieur de l'esprit, qui est à comparer à celui des quatre vieillards dont parle l'Ecriture.
7. Comme on ne pèche pas si on n'a la connaissance, ainsi Noire- Seigneur ne laissa pas pécher ce roi avec la femme d'Abraham, parce qu'il pensa que c'était sa sœur et non sa femme.
NOTES
N. 1. La Sainte s'encourage à la patience par une représentation qu'elle se fait faire par Noire-Seigneur.
N. 2. Elle rend gloiie à Notre-SeigntMir de la patience avec laquelle elle a supporté les contradictions , les calomnies, les persécutions el les peines qu'elle a essuyées durant sa vie publique.
N. 3. Interprétations mystiques de la puanteur qu'exhalait Antiochus mourant des pliie< dont l'avait frappé la justice divine. Ce n'étaienl pas ses plaies, c'étaient ses péchés qui puaient.
Les autres nombres sont aussi des pensées détachées qui s'entendent bien.
lièyles pour la liberté de l'examen des novices. — Ce qu'il faut faire pour l'examen de la dernière profession.
1. Nous défendons de donner le voile noir aux religieuses qui ne savent ni lire, ni écrire et qui n'ont pas seize ans accomplis.
2. Au bout d'un an et trois jours la postulante demandera trois fois au réfectoire ou au chapitre sa profession à toutes les religieuses. L'examen aura lieu dans les quinze premiers jours après que les examinateurs auront été prévenus; mais ce délai expiré, s'ils n'ont pas procédé à l'examen, il n'y en aura pas, : ils ne seront plus en droit de l'exiger, ni de s'informer quelle est la volonté des novices ; il ne sera plus permis ni à L'évéque ni à son vicaire de pénétrer dans le cloître ; ils feront alors leurs informations du dehors et de la grille de l'église, et ils se conformeront à ce qui est prescrit par le concile de Trente (sess. 25, de Regulis, 17). Nous défendons absolument à l'évéque et à son vicaire
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