‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 46 sur 448 · MÈRE THÉRÈSE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

MÈRE THÉRÈSE DE JÉSUS

Je n'ai jamais vu ni connu la mère Thérèse de Jésus , pendant qu'elle vivait sur la terre ; mais, maintenant qu'elle vit dans le ciel, je la connais et je la vois presque toujours dans deux images vivantes qu'elle nous a laissées d'elle-même : dans ses filles et dans ses livres , qui ,

prendraient quelque chose des qualités de son âme; l'un n'aurait rien d'extraordinaire, et l'autre serait peu sûr et pourrait me tromper ; or, ces désagréments ne se rencontrent nullement dans les deux moyens que j'ai maintenant de la connaître. Car, comme dit le Sage , on connaît l'homme dans ses enfants. Et les fruits que chacun laisse de soimême, à la mort, sont les témoins véridiques de sa vie. Jésus-Christ même le suppose. Car, dans l'Evangile, pour nous apprendre à discerner les bons d'avec les méchants , il nous renvoie seulement à leurs fruits : C'est par leurs fruits, dit-il, que vous les connaîtrez. D'après cette règle, si je ne connaissais que pour avoir vu la mère Thérèse, sa verlu et sa sainteté, je pourrais la révoquer en doute et la tenir pour suspecte ; tandis que maintenant, sans avoir vu Thérèse , en voyant seulement ses livres , et les œuvres de ses mains , qui sont ses filles , je tiens sa vertu pour certaine et très-évidente. Les vertus dont elles sont toutes des modèles éclatants, font certainement connaître, sans aucun

danger de se tromper, les grâces signalées dont Dieu favorisa celle qu'il choisit pour être la mère de ce nouveau miracle; car on ne sau-

« ^^^H^HIHIIIIIIIIimil:

Page 1