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!**|j 5i LETTRE SSIÎI.
£2 LETTRE XXIH.
Au même P. Fr. Jérôme Gracian de la 31 ère de Dieu. (Seizième.)
JÉsns. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous, mon père.
£2 II y a quatre jours que je suis arrivée ici, à VaHadolid, en bonne santé, Dieu merci 1 et même sans fatigue, parce que le temps était Irès-frais.
r. <* Je suis encore tout étonnée de l'cnit ressèment extraordinaire avec lequel les religieuses et ces messieurs m'ont reçue, je n'y comprends rien. Elles se recommandent toutes à vos prières, et la prieure dit qu'elle ne vous écrit pas, parce que, aimant beaucoup à causer, elle ne
*^j troilvc pas son compte avec des muets. J'ai trouvé Marie de Saint- Joseph bien portante et contente, et toutes les sœurs contentes d'elle. J'ai été charmée de la voir, ainsi que le bon état de ces maisons, en me rappelant la pauvreté de leurs commencements. Que le Seigneur soit a jamais béni !
2. Une demoiselle de bonne famille, remplie de bonnes qualités, *^ vient de prendre ici l'habit. Sa dot se monte à près de 20 mille ducats; ^ mais, comme elle a des sœurs qu'elle aime beaucoup, nous prévoyons %% qu'elle ne laissera pas grand chose à la maison; néanmoins, clic Î2( apportera de quoi, et avec ce que la prieure lient en réserve, elles >*** parviendront à se faire une rente suffisante, puisqu'ils veulent tous '•** qu'elles soient reniées.
3. Que Paul aille à Rome, c'est une folie dont il ne faut pas même
^ parler, bien loin de se le mettre en tête. Je crains bien davantage que, s'il est nommé provincial, il ne soit obligé d'aller à l'assemblée géné-
j£${ raie; car, pour ce qui est du conseil, ce père, paraît êlre bien décidé, sans qu'il dise à quoi, ni comment. Tout ce qui reste à faire, c'est de remercier Dieu d'avoir conduit les choses de manière que ce voyage
£2} ne soit plus nécessaire. Nous n'avions pas besoin de nouveaux maux pour remédier à ceux du passé. Je ne voudrais pas même que celle
,-*<*< pensée vous occupât un seul instant l'esprit.
4. J'ai passé à Avila trois ou quatre jours avec le P. Nicolas. J'ai
£2| éprouvé une grande consolation en appr< nant que vous avez trouvé quelqu'un à ma convenance, qui vous aide de ses conseils et de son concours; car j'étais bien peinée de vous voir tout à fait seul pour la
,- •-*•' direction de l'ordre. le P. Nicolas m'a cerlaincment paru un homme de sens et de bon conseil, un vrai serviteur de Dieu, bien qu'il n'ait pas cette grâce et celte aménité extraordinaire dont Dieu a favorisé Paul. Peu de personnes réunissent autant de qualités à la fois; mais il esl toutefois un homme qui a du fond, de l'humilité, de la mortification, l'amour de la vérité et le talent de gagner les cœurs. Il saura très-bien apprécier le mérite de Paul, et il est décidé à le suivre en tout; cela m'a
: *l fait un grand plaisir. Si Paul s'entend bien avec lui, et je n'en d
?*>*i pas (quand ce ne serait que pour me faire plaisir), il sera très-utile dans une infinité de circonstances; et pourvu qu'ils soient d'accord,
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^1* kîî****l* JLfc**5, :
j'en éprouverai un très-grand soulagement. Cliaquc fuis que je considère ce que vous avez eu à souffrir de la part de ceux qui devaient vous seconder, je le regarde comme une des plus grandes peines que vous ayez eues à .supporter. Ayez soin, mon père, d'être toujours en bonne intelligence avec le P. Nicolas; car, ou je me trompe bien, ou il en doit résulter un grand avantage pour bien des choses. Nous parlons assez et nous faisons beaucoup de projets. Dieu veuille que le temps arrive de les mettre à exécution et d'organiser définitivement le troupeau de la sainte Vierge, qui coûte tant de peines à Paul !
5. Je remercie Notre-Seigneur de votre bonne santé. De grâce, je vous en conjure, faites-moi le plaisir de rester le moins possible à Alcala par ces grandes chaleurs. Je ne sais pour combien je suis ici, inquiète comme je le suis de ce qui se passe à Salamanquc ; ce n'est pas que je ne sois contente d'être ici (si je puis dire en vérité que je ne me trouve pas bien quelque part) ; mais je ferai mon possible pour n'y rester que ce mois-ci; ce n'est pas un malheur d'en partir pour aller acheter la maison qu'on nous propose à Salamanquc, car elle est trèsbien, quoique chère; mais Dieu y pourvoira.
G. Je n'ai jamais voulu vous dire, de peur de vous faire de la peine, combien la Gl!e du licencié Gudoy, qui est à Albe, est insupportable. Je l'ai fait éprouver de toutes les manières, et on ne peut la souffrir en aucune manière. Comme elle manque de jugement, on ne peut pas la conduire par la raison, et elle doir être très-mécontente, car elle jette de grands cris. Elle dit que c'est à cause d'un violent mal de cœur; je ne le crois pas. J'avais écrit à la prieure de mettre par écrit quelquesunes des plaintes qu'elle m'en fait, pour les montrer au licencié, et voici ce qu'elle me marque : Après y avoir réfléchi, il vaut mieux, ce me semble, ne pas lui donner de détails et lui faire entendre sommairement qu'elle n'est pas faite pour la maison. Gela me fait bien de la peine, car nous lui avons tant d'obligations ; mais on no pourra la souffrir nulle part. Je suis sur le point d'y retourner, et je me ferai rendre compte de tout ; mais cela ne servira guère, parce que les choses qu'on m'a écrites annonçant tout à fait quelqu'un qui manque de raison, moyennant qu'elle craint son père, comme elle fait, rite sera mieux avec lui que partout ailleurs. Je ne l'ai pas encore vu. Il me dit, dans une lettre qu'il m'écrivit à Avila, d'avoir la bonté de la garder jusqu'à ce qu'il eût avisé à en tirer parti autrement, et on le fera. J'ai toujours redouté de la prendre dans la prévision du déplaisir qu'il aurait de la voir renvoyer. On a fait jusqu'à ce moment ce qu'on a pu ; Dieu veuille que le licencié puisse l'entendre.
7. Mes compliments au P. Barthélémy. Sa lettre m'a fait grand plaisir; qu'il ne se lasse pas de me faire la charité de m'écrire, car j'ai maintenant à lui écrire sur le compte d'une grande dame, qui vient ici, et je ne le fais pas. Hier, je vis la comtesse d'Osorno. L'évéque de Palermc est ici. Tous, aussi bien que votre paternité, nous lui avons
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de grandes obligations. Recommandez-moi au père recleur. Que le Seigneur vous garde avec la sainteté que je le prie de vous conserver C'est aujourd'hui le 7 juillet.
De votre paternité la véritable fille,
Thérèse de Jésus.
Notes.
Cette leilrc esl du 7 juillet 1579. Elle fut écrite de Yalladolid.
N. 1. Notre bonne Sainte qui venait de passer deux ans à Avila,en réclusion lo. . cée, ou plutôt en prison, avant enOn recouvré sa liberté, se rendit, dans sa première, sortie, au couvent de Yalladolid, où elle fut reçue au milieu des transports d'allégresse de toutes ses li I les et de bon nombre de personnes dévotes. On lui fil une vé ritable ovation. Je n'y comprends encore rien, disait-elle à Graciai), à qui elle écri Tait cette lettre peu de jours après. Cela m'étonne ; rien n'était plus naturel, mais personne n'était plus humble que celle Sainte. Elle rougissait de son importance ; elle se faisait ombrage de ses succès et ne se réjouissait que de ses souffrances. Saint Paul se glorifiait aussi de ses tribulations cl de ses humiliations. Il paraîtrait que l'Esprit de Dieu ne se donne guère à moins. Avec cela, on voit bien où il n'est pas. Pardonnez-moi, lecteur.
Elle dit à Gracian que Marie-Bapiisle, sa cousine, prieure de Yalladolid, ne lui écrit pas, parce qu'elle est grande causeuse et qu'elle n'aime pas à avoir affaire à un muet. Ce trait malin, en effleurant sa cousine, va tomber sur le nonce, qui avait rendu Gracian muet, en lui interdisant le droit de donner son suffrage et celui d'écrire.
N. 2. La novice qui vient dcprendrel'Iiabil fit profession, l'année suivante, sous le nom d'Isabelle du Saint-Sacrement. Elle venait à propos avec ses mille ducats, car la maison avait des besoins. Le ducat esl une pièce d'or fin, dont la valeur varie d'une province à l'autre : il y a les ducats de Séville, les ducats de Burgos, etc. Celle fille, dh la Sainte, aime beaucoup sessœurs. Cette affection aura un inconvénient ; elle lera ton au couvent. Peu importe, elle est bonne à prendre.
N. 3. Gracian avait quelque envie de lairc levoyage de Itome. «N'en pailons pas, lui dit li Sainte, et n'y pensez niènic pas. i Elle n'entendait pas que ce père s'éloignât ainsi d'elle.
Le IN. i. esl un panégyrique du F. Nicolas Doria. Ce bon eertifical de lanière Thérèse lui servira longtemps ; et, si par impossible, il le perdait, il en a un autre du P. Alonzo de Jésus-Marie, qui disait à ses frères : Hélas ! nous ne sommes que des enfants, en comparaison du P. À'icolas. Il faut convenir que le bon père fera bien dt s'en tenir au premier et de ne pas le perdre.
bous faisons de grands projets, dit la Sainte, Dieu veuille que vienne le temps de les mettre à exécution. Ces projets avaient pour objet le règlement de l'ordre et la dernière forme ou perfection qu'elle se proposait de lui donner, lorsque la réforme serait une fois reconnue et approuvée régulièrement. A celte occasion, un Espagnol ne manquerait pas de faire de la Sainte un Solon, un Lycurguc ou un Numa. Mous respectons trop la sublime législation de la Sainte peur la comparer aux grossières élucubraiinns législatives de pareils sages.
N. 5. Elle ira àSalamanqnc où l'appellent" le P. Salazar cl la prieure du lieu pour une maison que don Louis-Manriquc consent à vendre à l'ordre.
N. 6. Il est question d'une novice sans vocation ni raison.
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Au même P. Fr. Jérôme de la Mère de Dieu. (Dix-septième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec voire paternité. J'ai
eu tant d'occupations depuis l'arrivée du frère qui vous porte cette let- ^3
Ire, que je me suis vue dans l'alternative de me priver du plaisir de ^i
vous tracer ces quelques lignes ou de laisser de côté des choses néces- £x
s.iires. Madame dona Jeanne m'apprend nue votre santé est dérangée, gj^
riue"le sans vous gourmande e< nn'nn voudrait vous saigner. Ce reli- >mI
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gicux m'assure que vous allez très-bien et que vous êtes gras, et il nio tire d'inquiétude. Vous êtes sans doute incommodé de ces chaleurs ; jo l'avais craint. De grâce, quittez Alcala au plus tôt. Je vais assez bien. Jeudi prochain, je pars pour Salamanque. Je suis bien contente de voit comment Notre-Seigncur conduit les choses. Qu'il soit toujours loué, et qu'il lui plaise, maintenant que vous pouvez partir, que vous trouviez queique consolation au bout de tant de peines!
2. Je vous ai écrit deux fois d'ici. Notre sœur Marie de Saint-Joseph se porte très-bien ; c'est un ange. Toutes les religieuses vont très-bien. Elles ont l'espoir que la novice qui vient d'entrer , leur fera avoir une rente. C'est aussi un ange, et elle est très-contente. Dieu soit avec vous, mon père; j'ai la tète bien fatiguée. Je vous assure que je ne puis m'empécher de rire, quand je vois qu'on vous a mis en pénitence pour vous faire reposer, tandis qu'on nous laisse sur le terrain pour finir la bataille. Plût à Dieu que nous fussions déjà témoins de la victoire I Qu'il vous donne la santé, c'est ce qu'il y a d'important. La mère prieure se recommande particulièrement à vous. Elle dit qu'elle ne veut plus vous écrire jusqu'à ce que vous lui ayez répondu. Elle a plus de tê'.e que moi. C'est aujourd'hui le Saint-Jacques.
De votre paternité la servante et la véritable fille,
NOTES
On peut voir en France, grâce aux fac simile, l'écriture île la Sainte. II s'en trouve un en lète du premier volume de ses leitres éditées à Monirouge. Pourquoi donc vous dire que l'original de celle-ci se trouve à Séville ? Ai-je dû supposer que vous iriez le voir, ou que vous apprendriez avec quelque intérêt qu'il n'est pas perdu ? Mais, après les éditions espagnoles et celte traduction, que vous importe l'original ? que de papier imprimé ici et là inutilement! mais, aussi bien, la vie est si longue!
N. i. On remarque qu'à l'époque où fut écrite cette lettre, le nonce avait levé la défense d'écrire, que, d'après la précédente, il avait faite au P. Graciai). La précédente était du 3 juillet, et celle-ci est du 23, même mois et même année.
Au même P. Fr. Jérôme Graciait de la Mère de Dieu. (Dix-huitième.)
Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec mon père. Amen. Aujourd'hui, jour de Saint-François, j'ai reçu deux lettres de votre paternité, qui m'ont fait un grand plaisir, en m'apprenant que votre santé se soutient. Dieu veuille qu'il en soit toujours comme je l'en supplie. Je suis très-contente des arrangements qui ont été faits, car ils sont bons, et quand même ils le seraient moins, les procès ne nous vont pas.
2. Nous pouvons dire que je vais ûéjà bien, et presque mieux. 11 y a aussi moins de faiblesse, et je commence à prendre un peu de force. Cependant, je n'ose pas encore écrire de ma main. Peu à peu je me remettrai; n'ayons donc plus d'inquiétude de ma santé, c'est assez de celle que vous avez eue. Ohl combien j'ai été contrariée que la mère prieure ne m'ait pas marqué, en me donnant des nouvelles de don Louis, comment se
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53 LETTBK XXV.
porte maintenant madame Jeanne ! Noire Marie de Saint-Joseph commence à se lever et la fièvre l'a quittée ; elle en est si joyeuse que l'on dirait qu'elle n'a rien souffert.
3. Quant à la lettre de Pierre de Ahumèdc, il ne faut pas y prendre garde ; je m'étais même attendue à quoique chose de pis. 11 a eu grand tort de ne pas envoyer ce qu'on lui demandait. Don François n'aura pas raison de lui, s'il ne remet son affaire entre mes mains ; car il n'y a que moi pour qui il ait quelque respect. On perdra beaucoup sur celle succession, mais si on gagne sur le principal, ce ne sera qu'un petit malheur. Maintenant que je vais mieux, les affaires m'affecteront moins. La maladie affaiblit grandement le courage, surtout quand on en a co:nme moi. Ne pensez pas que tout m'abatte.
4. La lettre de la petite; Thérèse, le contentement et la santé de don François m'ont fait grand plaisir. One Dieu les conduise par la main. Si Pierre de Ahumèdc prend un bidel, que don François l'accompagne, et qu'il l'envoie avec une mule de louage. Mais i! est si fin, que je pense qu'il ne le mènera pas ; il n'en a pas besoin , à moins qu'il n'ait envie de se mettre en dépense. Que don François lui dise donc qu'il n'aura pas à tenir maison à la Scrne, et qu'ainsi il n'aura pas à aller ci à venir; qu'il le fasse partir du mieux qu'il pourra, sans lui rien donner et fans lui faire aucun billet par écrit. Dites-lui qu'il aura toujours ce que mon frère lui a promis et que c'est chose bien sûre; enfin que ceux de la ?erne lui donnent tout de suite cent réaux sur la sollicitation de la prieure. Je ne sais comment il dit qu'on ne lui a rien donné. 11 est d'un caractère si fâcheux, et ma tétc est si mal en état que, bien que je n'écrive pas de ma main, je ne puis écrire à votre paternité aussi longuement que je le voudrais. Dieu vous garde et vous rende aussi saint que je l'en supplie. Mes compliments, s'il vous plaît, à ces messieurs et à la mère prieure, Agnès de Jésus. Anne de Sainl-Iîaithélcmy se recommande aux prières de votre paternité, et clic est charmée que vous soyez en bonne santé.
5. Je voudrais que don François demandât fort sérieusement à Pierre de Ahumède, d'où vient qu'il ne s'est pas entendu avec Péralvarcz au sujet de l'administration de la succession. Mais ils ne font rien , l'un à cause de l'antre; car quoique Pierre de Ahumèdc dise qu'il s'en occupe, il ne le fait pas. Il y a nécessité de prendre un syndic pour ce qui les concerne et pour le legs fait aux religieuses par François de Salcèdc ; c'est le seul moyen de s'en ôter les soucis.
6. Que don François ne montre en aucune manière du refroidissement à Pierre de Ahumèdc, qu'il s'en tienne à lui témoigner tout le désir qu'il a (et plus qu'il n'en a, s'il se peut) de sortir de cet état. Car, comme vous me le dites, il n'y a plus moyen de rien dissimuler; le polît page qui en parlait à qui voulait l'entendre, en parlera là-bas cl il s'entend bien à l'exagérer. Monsieur le licencié Godoy m'a dit ici que le corréiiidor, de retour d'Avila, le lui avait raconté ; d'autres personnes
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LETTRE XXV. Çp,
encore en ont parlé ici : c'est donc une chose publique. II n'y a pas déraison pour tenir secret ce qui doit être, et une fois qu'on le saura, on n'en parlera plus. Je ne pense pas qu'il soit capable de nuire en rien à l'affaire. Il vient de m'écrire une lettre, dont j'ai loué Dieu. Qu'il soit avec votre paternité.
7. Je crains que ce petit niul et ne soit pas Don pour vous, et je crois qu'il faut en acheter un bon. Si vous le faites, vous ne manquerez pas de trouver quelqu'un qui vous prèle de l'argent et, dès que j'en aurai, je vous l'enverrai. Ou vendra le bidet, si Pierre le laisse. Ma seule peur, c'est que vous n'achetiez une bête qui vous jette par terre. Avec ce bidet qui est petit, je crains moins que vous ne tombiez. Il me semblerait même qu'il ne vous convient guère d'aller à cheval, car c'est quitter le couvent en en conservant l'habit. Voyez vous-même ce qui est le mieux à faire cl ne soyez plus sombre, car cet air triste me tue.
L'indigne fille de votre paternité,
Thébèse de Jésus.
Veuillez, mon père, donner lecture à don François de ce que je vous écris au sujet de Pierre de Ahumède. Comprenez qu'il n'y a pas mieux à faire que de me l'envoyer, afin qu'ici nous nous entendions ensemble.
NOTES
Suinte Thérèse écrivit cette lettre à Valladnlid,
N. "2. La Sainte ne peut pas écrire ; e!le relève à peine d'une grave maladie. C'était probablement la grippe. L'ne. maladie ép!déiiiii;uc de ce genre fui, cette année-là, un flé.iu général pour l'Espagne, cl lit appeler cette année, t\ raie;
nous aurons occasion d'en parler encore. Don Louis dont elle parle, pouvait être un frère de Gracian, qui mourut jeune.
N. 5. La Sainte parle de son frère, Pierre de Ahumède, brave militaire, qui revenaildc la conquête du Pérou, et sollicitait vainement la récon pense de ses services; il lui faillit aller lu chercher dans le ciel, car il mourut peu de temps après sa rentrée en Espagne, à Avil.i. Ce brave était d'une humeur très-mélancolique, qui le rendait malheureux, lui cl ses frères. On a raison de dire que cette humeur est opprobrinm nndicorvm (heureux, s'ils n'en avaient pas d'autres!) et flagellum infirmorum. Elle se joue de la faculté et des malades. La faculté! moquez-vous-en; mais prenez garde de lui Lire réparation, car elle pourrait bien vous envoyer ad paires.
N. 4. Don François devait se rendre au couvent pour y prendre l'habit religieux. Pierre de Ahumède voulait raccompagner à cheval. Mais alors il fallait deux chevaux. Cela avait un inconvénient; la Sainte entendait que celui de don François resterait au couvent, et que Pierre, s'il venait, voudrait se l'adjuger pour faire ses courses à la Serne. Elle fait conseiller à don François de venir sans Pierre : qu'esl-ce qui arriva? Ils vinrent tous les deux achevai et iiss'cn retournèrent deinêiue. DonFrançois ne prit pas l'habit, comme on verra dans la letire suivante.
N. 5. Lauienl de Cépèdc, père de don François, venait de mourir. Il avail établi d'abord dans son testament, son cousin-germain Peralvarez-Cimbron, avant de le connaître, tuteur de ses enfants; mais il avail ensuite changé celte disposition dans un codicille, et désigné Pierre de Ahumède, qui se trouvait ainsi tuteur de ses neveux. Pierre ne s'en cassait pas la tête. Il était sans doute trop préoccupé, le pauvre homme, des récompenses nationales qu'il sollicitait. Il avait grand tort; la conquête du Pérou ne lui valut pas un maravédis de plus que la perle de -a santé et une mort tant soit peu prématurée. Gloire à Dieu ! quand on le sert, il n'en e=t pas ainsi.
Cimbron était fils d'Alvarez de Cépéde, oncle du testateur, et de dona Marie de Ahumède. Ce cavalier fut un guerrier distingué; il fit la guerre d'Allemagne avec le landgrave. Son goùl pour les armes le fil juger, après réflexion, impropre aux atfaires, par Laurent de Cépède.
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N. 7. La Sainio ne décide pas si Gracian ira à pied ou à cheval ; je saurai me garder d'appeler à moi une affaire aus^i délicate. Elle ne veut pas qu'il suit sombre. La terre Ueurit sous un ciel découvert, et la vertu sous un visage ouvert. Les saints, avant d'avoir des statues, avaient des yeux , cl ils voyaient sans scrupule ; des oreilles, ci ils entendaient ; une langue, et ils parlaient : ils ne pensaient pas que la sainteté consistât à avoir le visage penfrogné ci l'air sombre ci inaccessible. Ne vous liez pas aux mauvais sculpteurs; ce ne sont pas les absurdes productions de leur ciseau, c'esl la vie des saints qu'il vous faut imiter.
Au même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Dix-neuvième. ;
Jésis. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec voire paternité. Celle Mlrencserapasde ma main, parce que j'ai tant écrit aujourd'hui à A vila, que j'en ai la tê'e fatiguée. Hier je vous ai envoyé une lettre par la voie de madame Jeanne d'Antisque, et auparavant je vous en avais déjà envoyé une autre bien longue par la même voie. Dieu veuille qu'elles vous soient mieux parvenues que les vôtres ne me parviennent (si toutefois vous m'écrivez), car je suis passablement impatiente de savoir comment s'est passé votre retour. Je vous écris pour vous apprendre qu'il y a un courrier d'ici à Séville , et pour que vous ne manquiez pas d'en profiter pour m'écrire. Je vais bien, grâces à Dieu, et la sœur Marie de Saint-Joseph n'a plus la fièvre.
2. Ce que je vous disais dans ma lettre d'hier est l'histoire de don François, qui nous frappe toutes d'étonnement; il n'est pas possible qu'on ne lui ait pas tourné la tète. Comme il est avec ses parents, je ne m'effraie pas; mais ce qui me fait trembler, c'est de voir que Dieu abandonne ainsi une de ses créatures qui avait un si grand désir de le servir. Ses jugements sont impénétrables. Je suis bien affligée de voir une telle chose. Il est tout absorbé dans le soin de ses biens, cl il craint tant de se rencontrer avec des religieux ou des religieuses déchaussées, qu'il ne voudrait pas nous voir, moi la première. On dit qu'il a peur que sa première idée ne lui revienne ; on voit par là combien la tentation est grande.
3. Je vous en supplie, recommandez-le à Dieu, et ayez pitié de lui. Jl parle de se marier, mais non hors d'Avila : il sera malheureux, car il aura de grands regrets. Ce qui aura contribué à son changement, c'est que vous l'avez trop lot laissé seul, vous et le P. Nicolas. Puis celle maison de Paslranne doit élre déplaisante; il me semble que c'est un grand souci de moins pour moi.
k. 11 est de nouveau question de l'affaire de la chapelle; le P. Ange m'a écrit hier à ce sujet ; tout cela me fatigue. 11 n'csl jamais allé à Madrid, et il vieut maintenant à Saint-Pierre de la Moraleja. 11 dit que le P. général lui a envoyé les actes du chapitre. Le P. Pierre Fcrnandcz n'est pas mort; mais il est très-mal. Nos sœurs se portent très-bien ; elles désirent savoir de vos nouvelles. Mon secrétaire- et la mère Agnès de Jésus vous baisent les mains.
5. Comme je pense que vous êtes inquiet au sujet de ce qu'on a
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donné au licencie Godoy, je vous dirai qu'on a fait en sorte que cela eût l'air d'avoir été prêté; on a donc fait une déduction sur ce qu'il me devait, et qui se montait à une plus forte somme. Nous sommes après matines, et la veille de Présentation de Notre-Dame (jour que je n'oublierai jamais, à cause que c'est le malheureux jour où vous présentâtes le bref dans le couvent de Sévillc). Dieu vous garde, et vous rende aussi saint que je l'en supplie. Amen.
L'indigne servante et fille de votre paternité, Thérèse de Jésus.
6. Dieu veuille que celte lettre aille aussi vite se faire lire qu'eliea été écrite vite. Ce pauvre François esl bien agité: j'ai appris qu'il a des maux d'estomac, de tête et des défaillances. Dieu m'a fait une grande grâce en le détournant de prendre l'habit. Il a dit partout à Avila que personne ne le forçait. Je vous avoue, mon père, que j'ai toujours appréhendé ce que je vois aujourd'hui. Je ne sais ce qui me retenait, mais je suis bien aise de ne m'être pas occupée de lui ; il dit pourtant que, relativement au mariage, il ne fera que ce que je voudrai. Mais j'ai p»ur qu'il ne soil pas heureux; c'est pourquoi, si je ne craignais qu'il ne crût que c'est à cause de ce qu'il a fait, je l'abandonnerais entièrement. Si vous voyiez les lettres qu'il m'adressait d'Alcala et de Pastranne, vous seriez étonné de l'impatience où il était que je lui fisse donner l'habit. Il a dû avoir une rude tentation. Je ne lui en ai rien dit, il le sentait déjà bien assez, et son parent était présent. II doit aussi en être bien confus. Que Dieu lui vienne en aide, et qu'il garde votre paternité. A mon avis, il aurait été saint avec les saints. J'espère que, par la grâce de Dieu, il se sauvera, car il craint beaucoup de l'offenser.
7. La compagne de votre voyage, Anne de Saint-Barlhélcmy, se recommande bien à vous. Elle désire et s'inquiète vivement de savoir comment vous vous êtes porté, et comment vous vous êles tiré, sans nous, de ces chemins. Pour nous, ici nous nous trouvons si mal sans vous, que nous nous croyons dans un désert. La sœur Casildc se recommande à votre paternité. Que Notre-Seigneur nous garde votre paternité, et qu'il nous procure le bonheur de la revoir bientôt. Mon père, de peur de vous fatiguer, je ne vous en dis pas davantage.
L'indigne sujette de votre paternité. Si vous avez appris quelque nouvelle du bon Fr. Barthélémy, faites m'en part; j'en serai bien consolée.
NOTES
Celle lettre fut écrite à Vallndolid, le 20 novembre 1580. Le 19 février de cette année, le couvent des Remèdes, à Se ville, avait élu pour son prélat le père Graciait. Li' 10 mars suivant, le P.Fr. Angel, vicaire-général, avait confirmé celte élection. Graciait ne put se rendre aux Remèdes que peu de jours avant le 2!t novembre ; et, quelques jours avant son arrivée, ou lit courir dans Séville le bruit qu'il avait été brftlc vif à Madrid par l'ordre du nonce. Les uns l'affirmaient, les autres le niaient. Les premiers en vinrent jusqu'à dire qu'oit avait reçu de ses cendres dans du papier. Les autres eurent leur tour et ils firent annoncer, le jour de son arrivée, qu'on
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verrait le lendemain un grand miracle dans l'église paroissiale du couvent; qu'un mort y f. r.iïi le sermon, ci, comme c'était un dimanche, Gracian prêcha.
N. :1. L'histoire de don François, neveu de sainte Thérèse, étaitqn'après être allé à Pastranne, accompagné du P. Gracian, pour y prendre l'habit de l'ordre, il en était reparti sans l'habit. Le père, qui ne se doutait de rien, l'avait quille avant la cérémonie, el sainte Thérèse lui dii nue ce n'était pas ce qu'il avait l'ait de mieux, parce que sa présence aurait sans doute soutenu ce novice. Elle ajoute quo l'aspect du couvent, qui était une espère de souterrain, avait au-si dû porter un coup terrible à la chair, quoique don François lui du sang de Thérèse. Ses parenis lurent bien aises de ce changement, et ils réconcilièrent de leur mieux avec le monde don François.
N. r>. Il entendait asseï à leurs raisons cl il parlait déjà de se marier ; la Sainte en l'apprenant lui prophétise malheur, s'il ne revient pas à sa vocation religieuse. Le mariage se lii, et sa femme, pins noble que riche, ne lui ayant pas donné de fortune, il prit le parti d'aller aux Indes, où il mourut, à Quito, pauvre et sans postérité.
N. -i. La chapelle dont elle parle est une chapelle que son frère Laurent de Té pède avait désignée pour sa sépulture, dans l'église de Saiul-Joscpb d'Avila ; il y avait quelque- travaux à faire pour y placer sa ton be.
Pierre Fcrnandez était mon, ou il ne larda pas à mourir. Il était désigné pour présider le chapitre où devait se traiter l'affaire de la séparation des provinces.
N. 5. La signification du brel' de visiteur, faite à Séville par Gracian, le jour de la Présentation, est une affaire connue. On ne parle plus de ce jour sans faire niéllioiiede celle disgracieuse circonstance.
N. 6. Elle revieni àdmi Frai ç lis ; elle finit en disant : J'espère qu'il sera sauvé, car il craint bien d'offenser Dieu. Cette crainte est assurément un très-bon présage.
Dona Orofrise, veuve de don François, a déposé aux informations qu'elle et son père avaient entendu dire à la Sainte que. désirant les voir, lorsqu'ils étaient à Quito, Dieu l'avait transportée en esprit dans celte ville indienne, où elle les avait vu< près du feu, don François a-sis auprès d'elle ; qu'elle avait entendu des paroles remarquables qu'ils échangeaient entre eux, et qu'elle leur avait donné sa bénédiction en les quittant.
N. 7. Votre compagne de voyage, sœur Aime de Saint-Barthélémy. C'est la mémo qui avait éié témoin d'une réfection miraculeuse de la Sainte, dont elle était le secrétaire, et c'est sans doute à la faveur de ses fonctions qu'elle se. recommande si bien dans ce post-scriptum au père Gracian. La Sainte la regardait comme la première plume de son ordre. L'Ile fut une religieuse d'une grande vertu, el l'on doit croire qu'elle c.-t encore dans le ciel la compagne de sa mère.
Au même P. F. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Vingtième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit arec votre paternité. Je vous ai déjà écrit qu'en plaçant le P. Gabriel à la Rode, on rendrait un service important à la maison de ces religieuses. Il leur en a acheté une autre que l'on dit fort bien et qui est située au milieu de l'endroit ; mais je crains qu'il n'y ail ni vue ni terrain. Prenez des informations auprès de lui comme pour votre compte, et montrez-lui de la bienveillance. C'est un excellent homme, et il a beaucoup de qualités. Si vous ne sympathisez pas toujours avec lui, permettez-moi de croire, mon père, qu'il y a là-dessous un peu de jalousie, à cause qu'il est plus porté pour d'autres.
2. J'ai pensé aussi quo, si vous êtes nommé provincial, vous devez lâcher d'avoir le P. Nicolas pour vous seconder, et qu'il serait important, pour les commencements, que vous agissiez de concert et ensemble. Je n'en ai pourtant rien dit au P. commissaire. Comme le P. Barlliélemj e^l si mal portant, il est forcé de faire gras, et il y en a qui ont
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ics yeux sur lui et s'en scandalisent. Du moins, pour les commencements, je vous le répèle, ce serait très-important, et il est homme de bon conseil pour loul. Quelqu'un qui a souffert de la part des hommes, comme vous, ne peut se trouver que très-bien d'un homme qui ne lui fera rien souffrir.
3. Recommandez-moi bien au P. Fr. Barthélémy. Je crois qu'il doit se trouver bien fatigué, vu son é!at, de votre habitude de ne vous lasser de rien. C'est à vous lu r vous-même, el quiconque veut vous tenir lëtc à l'ouvrage. Je me rappelle très-bien que vous aviez mauvaise mine la semaine sainte de l'année dernière. De grâce, ne vous tourmentez pas ainsi à prêcher le carême, et ne mangez plus de ces mauvais poissons. Quoique vous ne vous en aperceviez pas d'abord, la prédication vous fait bientôt du mal, et puis viennent les tentations.
i. Sachez que toutefois l'affaire de la chapelle de Sancho d'Àvila va son train. Il y a des avocats qui prétendent que, quoiqu'on l'aba ndonne, on ne perd pas pour cela droit à l'héritage. Je crois qu'il y aura un procès. J'ai dit que, jusqu'à ce qu'il y ail un provincial, il n'y a pas à s'en occuper. Je vous en parle ici peu à propos, ce semble, mais il sera nécessaire que vous avertissiez celui qui sera nommé de ne rien faire sans aller auparavant sur les lieux el sans avoir pris toutes ses précautions, car il s'agit d'une mesure importante pour celle maison. Sancho d'Avila donne déjà de plus, cl elles eu ont un si grand besoin, que je crois qu'il faut que cela soit. Restent les conditions, qui ne sont pas peu de chose, cl plusieurs autres points à régler; mais il faudra voir et traiter cela par moi-même.
5. Ici nous allons de mieux en mieux d'un jour à l'autre, grâces à Dieu. Nous sommes en marché d'une très-belle maison. Celle qui se trouvait près de Notre-Dame n'est p.is bien et elle est très-chère; ainsi nous ne la prenons pas. L'autre est très-bien située. Je me porte mieux qu'à l'ordinaire, toutes en sont de même. Sœur Saint-Barthélémy et Agnès de Jésus vous envoient de grands compliments. Elles disent que, lorsque vous fuyez davantage les travaux, elles croient que les prières des déchaussées servent à les faire refluer sur vous avec recrudescence. Que Dieu conduise tout, de manière que vous le serviez de mieux en mieux. Le reste importe peu, quoiqu'on y soit bien sensible.
G. Je voudrais être courte; voyez quelle vie, je ne sais me borner à peu de chose avec vous. J'en ai bien dit à Marian sur l'envie qu'il a de nommer Macaire, qui me l'a écrit. Je ne comprends pas cet homme, et je ne veux m'cnlendre là-dessus qu'avec vous seul. Ainsi gardez pour vous seul ce que je vous en dis, cela importe grandement. Ne manquez pas de vous rapprocher de Nicolas, et qu'on ne se doule pas qu'il y pense pour lui-même. En vérité, je ne sais comment on peut en couscience donner son suffrage à d'autres qu'à l'un de vous deux.
7. J'ai déjà envoyé votre lettre dans les monastères. Elles sont toules dans la joie, et moi encore plus. Je vous ferai passer ce que je rece-
mm
irai. S'il est question par là d'autres choses, faites-en à votre idée, ce qui vous semble à faire, faites-le. Dieu vous garde, et vous rende aussi saint que je l'en supplie. Amen. C'est aujourd'hui le 17 février. Si je nie rappelle d'autres choses relativement à ces maisons, je vous en donnerai connaissance. Comme de raison, on ne terminera pas si prompicment les choses au chapitre, que nous n'ayons encore du temps. L'indigne servante et fille de voire palernilé. Thérèse de Jésus.
NOTES
Celte lettre fut écrite à Palencc le 17 février 158t. Elle était plus longue.
N. 1. La Sainte propose au P. Gracian de nommer prieur de la Rode, le P. Fr. Gabriel de l'Assomption. Gracian se rendit aux raisons de la mère, et cette même année, Gabriel fut nommé prieur de la Rode.
N. '2. La Sainte cherche à adjoindre au P. Gracian le P. Nicolas Doria. Puis elle clicrcbe à faire mettre de côté au P. Gracian, frère Barthélémy, son secrétaire intime depuis bien longtemps. Elle lui en insinue linement deux raisons : à quoi est-il bon? avec sa mauvaise santé il faut qu'il fasse gras, et dans toutes les maisons où vous le conduisez , il scandalise les faibles; le traîner ainsi à votre suite, c'est augmenter vos fatigues, tout en lui en causant. Pour se débarrasser d'un personnage de considération , il faut y mettre des formes. Voilà des motifs bien polis, sans doute, pour mettre un ancien ami à la retraite. Bien entendu que c'était fière Nicolas qui devait le remplacer.
Fin du même nombre. La Sainte recommande à son père de se ménager en carême, de ne pas faire trop usage de mirée et de ne prêcher que selon ses forces. Faute de prendre ces précautions, sa santé, bientôt affaiblie, rendrait des adoucissements indispensables , et, à son exemple , bien d'autres seraient tentés dYn réclamer aussi pour eux, Il y a dans celle raison un compliment au père d'une linessc charmante.
N. i. Il est question d'une chapelle el d'un Sancho, inconnus l'un et l'autre à Avila.
Le N. 5 traite d'une fondation à Palence.
N. 0. Elle s'occupe de l'élection du provincial, qui doit se faire au prochain chapitre. Elle ne voudrait pas qu'on élût Hacaire, c'est-à-dire le P. Fr. Antoine. Son suffrage était balancé entre Gracian el Doria. Le premier fut d'abord nommé, et quatre ans après, le second le fut à son tour. La Sainte était morte, mais, sans doute, du liant du ciel elle donna sa voix à Doria.
N. 7. Elle dit à Gracian qu'elle a envoyé sa lettre dans tous les couvents. Par celte lettre circulaire, Gracian demandait à toutes les maisons un état motivé des observations qu'elles avaient à faire relativement aux constitutions , que l'on allait établir dans le prochain chapitre général. La Sainte dil au père comment il doit se comporter dans celte grande assemblée, de faire toujours ce qui lui paraîtra le meilleur et de s'opposer à ce qui n'est pas à faire. Elle fait des réserves : s'il lui vient encore à l'esprit de lui donner de nouveaux conseils, elle le fera, soit avant, sut durant la tenue du chapitre, qu'elle l'avertit de ne pas mener irop i ondement.
Au même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Vingt et unième. ) Jésus. — 1. L'Esprit-Saint soit avec vous, mon père. J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite d'Alcala. Je suis bien conlenle de tout ce que vous m'y dilcs, et, en particulier, de ce que vous vous portez bien ; Dieu en soit béni ; il me fait une grande grâce , après tous vos voyages et toutes vos tangues. Je vais bien. Je vous ai écrit par deux voies, et je vous ai envoyé mes mémoires avec mon sentiment personnel. J'avais oublié ce que je dis , dans la lettre ci-jointe , au P. commissaire. Je la laisse ouverte, pour m'épargner la peine de la repro-
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LETTRE XXVIII. fio 8 !
duirc dans celle-ci. Fermez-la avec un cachet qui ressemble au mien
et donnez-la lui. ^
2. Si le P. commissaire peut corriger les constitutions , et y faire
de bonnes modifications, il faudrait qu'on retranchât et qu'on ajoutât %3 ce que nous demandons. Personne ne le fera, si vous et le P. Nicolas ne le prenez fort à cœur, et, comme vous le dites, et je crois
vous l'avoir écrit dans ma lettre, nous n'avons que faire d'en donner J*<^
connaissance aux frères. Jamais le P. Fernandcz ne leur confia rien. )&<n
Ce fut entre lui et moi que furent concertés les actes qu'il y a établis. &cej
Il ne faisait rien sans me consulter ; je dois lui rendre cette justice. pi;
3. Si on pouvait refaire les constitutions, ou en abolir quelque '; '.~ article, prenez garde à celui des culottes d'étoupe, ou de bure, afin qu'on ne désigne rien et qu'on se contente de dire qu'ils peuvent en *^ porter, parce qu'ils ne finissent pas d'avoir des scrupules. On substi- g* tuerait à l'article qui porte que les coiffes doivent être en fil du second g**j brin, qu'elles seront en toile. Si on le jugeait à propos, on abolirait »><*< l'acte de P. Fr. Antoine, qui défend l'usage des œufs en carême, et
du pain à la collation. Je ne pus jamais l'amener à ne pas mettre cet ^
article. Là-dessus, c'est assez qu'on se conforme à la loi de l'Eglise, ^J
sans la surcharger d'une autre, parce qu'il en naît mille scrupules et jj^
un préjudice pour la sanlé de plusieurs , qui ne croient pas avoir *^ besoin de dispense, tandis qu'ils en ont besoin.
k. On nous a rapporté que le chapitre avait déjà fait bien des près- »<%
criptions relativement à l'office divin, et qu'il avait ordonné deux »<*<
fériés par semaine. S'il était possible, ce serait d'arrêter que nous ne ^
serions pas obligés à tant de changemenls et que nous réciterions S^
selon notre habitude. Souvenez-vous aussi, mon père , des nombreux 83
inconvénients qu'il y a à obliger des déchaussés de loger dans les en- »*1
droits où il y en a, dans les maisons de l'observance. Ce serait de ^^
dire que, quoiqu'il y en ait, ils pourront loger ailleurs, pourvu que j£J|
ce soit avec édification. g^s
5. Nos constitutions portent que les religieux doivent être pauvres et ? * qu'ils ne peuvent avoir de rentes. Comme j'observe que toutes nos maisons se mettent sur le pied d'en avoir, voyez s'il serait bon qu'on retranchât cet article, et prenez garde à ce que vous direz sur ce point des constitutions , de peur que ceux qui les verront ne s'aper- ^ çoivent qu'on s'est déjà relâché ; ou bien il faudra que le P. commis- jf^j saire déclare que, puisque le concile le permet, les religieux peuvent gj avoir des rentes. Ê2
6. Je serais d'avis qu'on fît imprimer ces constitutions, car on y fait *£h
des changements, et il y a telle prieure qui, sans songer à rien, retranche, ajoute, lorsqu'on les transcrit, ce qu'elle jugea propos Qu'on fasse une grande défense de rien retrancher et de rien ajouter, afin qu'on l'entende bien. En ces petites choses , voire paternité fera £jj ce qui lui paraîtra convenable. Je vous prie de traiter ce qui nous
touche. Le père Nicolas fera bien de se joindre à vous, afin qu'il ne paraisse pas que cela vient de vous seul. Je pense aussi que F. Jean de Jésus s'occupera de ce qui nous regarde avec bienveillance. Je voudrais bien être plus longue, unis il est presque nuit et on va prendre les lettres ; puis, il faut que j'écrive encore aux amis.
7. J'ai trouvé bien doux ce que vous avez dit, que vous serez le père des déchaussées ; au moins que cela soit vrai , mon père, certainement cela vous est bien dû. Si votre paternité doit vivre toujours, et si elles doivent être toujours gouvernées par vous, il y a dans nos demandes plus d'un article de trop. Oh ! quels vœux elles font pour que vous soyez provincial! Je crois qu'il n'y a pas autre chose qui puisse les conlenter. Dieu nous garde votre paternité ; toutes se recommandent à vous. Nous sommes aujourd'hui le 21 de février.
Et moi , de votre paternité la véritable fille, Thérèse de Jésis.
8. Voici les mémoires qu'on m'a envoyés : lorsque j'aurai reçu les autres je vous les enverrai. Je ne sais s'ils sont bien; c'était bien la peine de dire qu'on me les envoyât. Dieu le bénisse, celui de votre amie Isabelle de Saint-Dominique est le seul qui soit bien. C'est celui que je vous envoie.
9. Parlez à tort et à travers du voile, je vous en prie. Dites que ce sont les déchaussées elles-mêmes qui l'ont demandé, comme c"est la vérité, quoiqu'il y ait quelques exceptions.
10. J'attache une grande importance à ce que les confesseurs ne soient pas les vicaires perpétuels des religieuses. C'est un point qui me paraît si essentiel , que, quoique je regarde aussi bien que vous , comme très-avantageux qu'elles se confessent aux déchaussés, j'aimerais mieux que les choses restassent telles qu'elles sont, ce qui ne peut pas être, que de voir chaque confesseur devenir vicaire. Cela a trop d'inconvénients, comme je vous le dirai , pour que vous puissiez y apporter remède. Fiez-vous-en à moi , je vous en prie. Lorsqu'à été fondée la maison de Saint-Joseph, le point a élé soigneusement débattu, et une des raisons pour lesquelles plusieurs (j'étais du nombre] pensaient qu'il conviendrait que la maison fût soumise à l'ordinaire, c'était la crainte que cela n'arrivât. Il y a à cela de graves inconvénients dont j'ai découvert l'origine, et il me suffirait d'un seul que j'ai reconnu par moi-même: lorsque le vicaire est content d'une, la prieure ne peut plus l'empêcher de s'entretenir avec elle de ce qu'il veut, parce qu'il est supérieur, et de là naissent mille désordres.
11. Pour la même raison et pour beaucoup d'autres, il ne faudrait pas, non plus, que les religieuses fussent soumises aux PP. prieurs. Si par hasard il en venait un, peu instruit, il ferait des ordonnances qui les jetteraient toutes dans le trouble. Non, il n'en est pas qui s'y prennent comme mon père Cracian. Notre expérience nous a appris à prendre nos précautions pour l'avenir et à éloigner toutes les occa-
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LETlfiE XXVIII. C7 ^
%*, sions. Le plus grand service qu'on puisse rendre aux religieuses, c'est Jj
d'empêcher tout mire tien a\ee les confesseurs hors du saint tribunal. »><*
Pour faire observer !e recueillement, il suffit d'être confesseur et de *«*< donner des avis aux provinciaux. Je vous dis tout cela, en cas que
quelqu'un fût d'un avis contraire, voire peut-être le P. commissaire, ce "^
que je ne crois pas, puisque plusieurs religieux de son ordre confi:s- j*j^
sent des religieuses et ne sont pas vicaires. Nous devons donc nous *^
» - attacher surtout à ô:er l'occasion, afin qu'il ne se rencontre point **|
de ces noirs dévots qui perdent les épouses de Jésus-Christ. Pour cela ,
"T r il faut toujours penser à ce qui peut arriver de pis , parce que c'est £*•
£3 parla que le démon s'introduit, sans qu'on s'en aperçoive. C tte ^
circonstance et la réception d'un trop grand nombre de religieuses ,
S ; sont les deux choses que j'ai toujours redoutées comme pouvant nous
faire le plus de tort. C'est pourquoi je vous conjure de faire tous vos *^j
efforts pour que cela se trouve spécifié dans les constitutions. J'at- *-**<
&#, tends de vous celte faveur.
1»; 12. Ayez la bonté d'offrir mes respects au P. Antoine et de lui dire ^
que la lettre que je lui ai écrite n'était pa= pour rester sans réponse ;
que, puisque c'est parler à un sourd-muet, je ne veux plus lui écrire;
qu'il a rendu bien content le P. Marian, en lui envoyant ses gains *J
pour donner aux pères uue nourriture plus abondante qu'ils ne l'ont jj ;
ordinairement. Je vous dis que, si on ne prend à cet égard une mesure *-"**
»** générale, on verra ou cela aboutira. On a été retenu par la crainte, ***
h-<* c'est à tort, Dieu ne manquera jamais de donner le nécessaire. Si on n-H
■#& leur donne peu, il donnera peu. »<%
jj i 13. En grâce, tenez à la propreté des lits et du linge de lable : c'est ^
plus dispendieux , il est vrai , mais c'est une chose terrible que la mal- i*^'
propreté. Je voudrais que cela fût exprimé en termes formels dans les
)•**< constitutions, et je ne sais encore s'il suffirait, vu le caractère des
)** religieux. *■*!
-f l'«. Oh! que c'est avec peine que je vois ces titres de révérendes,
ItK que l'on met sur les adresses! Vous devriez les interdire à tous ceux *"<•!
qui vous sont soumis, ils ne sont nullement nécessaires pour savoir à *>^
qui la lettre est adressée. Il me semb'e que c'est tout à fait hors de %^
propos de nous honorer ainsi entre nous et de nous servir d'exprès- J^
sions que l'on peut omettre sans aucun inconvénient. J^|
15. Parlons maintenant de ce que vous ne dites qu'on ne vous éiira ***]
pas, ou qu on ne confirmera pas votre élection. J'ai écrit au P. corn- *3f
missaire. Sachez , mon père, que, lorsque je manifeste le désir de vous )**n
voir libre, je consulte plutôt l'affection que je vous porte en Notre- -**■
Seigneur, que. le bien de l'ordre. C'est de celte affection que me vient ^
naturellement la faiblesse d'être si sensible au tort qu'on a de ne pas ^2
apprécier ce que l'on vous doit et ce que vous avez souffert , et qui fait *S
que je ne puis supporter une parole contre vous, cela m'est impossible, *"*(
mais lorsqu'il faut en venir au fait, le bien général l'emporte encore. jg<
asm&s£isra&
10. Plaise à Dieu, mon père, qu'il n'arrive pas à nos maisons un
aussi grand malheur que celui d'êlrc privées de vous. Elles ont besoin d'un gouvernement qui règle les plus menus détails et de quelqu'un qui les entende. Elles sont ses servantes, sa divine majesté pourvoira à leurs besoins.
NOTES
Celle letirc fut écrite àPalcnceen 1581, lorsque Gracian préparait le graml chapitre pour la séparation des provinces et la révision des constimiinns de l'ordre. La Sainte y donne ses vues relativement aux constitutions, comme elle l'a fait dans la précédente, pour les élections.
N. 1. EMe remercie Dieu d'avoir conservé la santé du père dans les voyages qu'il vient de l'aire. C'est qu'après l'arrivée des dépêches de Rome, le roi l'avait envoyé à C.elbes, et que de Gelbes il était allé à Talavère pour en donner communication a Jean des Croies, commissaire dominicain; de là à Alcala.
Elle lui apprend qu'elle a envoyé à toutes les maisons des expéditions de sa lettre. Elle l'avertit de lire la lettre à l'adresse du P. commissaire.
N. 2. Elle a reconnu par l'expérience que ses constitutions sont défectueuses. Elle propose d'y faire des amendements.
N. 5. Voyez cette capacité et celte porlée au-dessus de son sexe : il csl nécessaire, dit-elle, que nos constitutions soient imprimées, sans quoi elles seraient dénaturées.
N. 4 Elle n'entend pas qu'on déroge , par rapport à l'office, au mode accoutumé de récitation, ni qu'on établisse plus de fêles que l'Eglise; ce sont choses qui ne gagnent pas à leur multiplication : Assuela vitescunl.
N. 5. Elle est pour une pauvreié reniée. Sainte Claire, qu'elle se plail à imiter, a admis les rentes dans ses maisons.
N. 6. Elle demande qu'on fasse une grande obligation de ne déroger en rien aux constitutions. On le fit.
N. 7. Elle monire à Gracian son désir et celui de ses filles, qu'il soit nommé provincial.
N. 8. Elle a révisé les mémoires qu'elle a reçus. Le seul qu'elle a trouvé bien est celui de l'amie de Gracian, Isabelle de Saint-Dominique. Elle le lui envoie.
N. 9. Elle indique différentes dispositions très-sages; elle demande le voile, etc.
N. 10 et 11. Elle touche trois points très-importants : 1° Pas de vicaires pour les religieuses. Elle préférerait qu'elles n'eussent pas des déchaussés pour confesseurs, si l'un ne pouvait aller sans l'autre. Plutôt que de voir des vicaires à ses filles, elle avait déjà proposé de les assujettir à l'ordinaire. Avec des vicaires, tout était perdu. Elle avait contre eux un précédent terrible. Elle avait vu une maison tellement envahie par un vicaire, qu'aucune religieuse ne pouvait se confesser à aucun autre prêtre qu'à lui, parler à personne sans lui, recevoir une lettre sans lui.
2° Aucun prieur, ou prélat immédiat n'aurait une juridiction directe sur les religieuses. 5° On ne prendrai! pas un grand nombre de religieuses. Ces trois points furent sanctionnés par le chapitre.
N. 12. Elle demande que les religieux aient de quoi pourvoir" aisément à leurs besoins. Qu'on ne le fasse pas, dit-elle, et on verra quelles en seront les suites. Accordé.
N. .14. Vous sourie/, en lui voyant saccager ces litres d'honneur, ces fleurs de respect dont on embellissait les adresses des lettres pour les religieuses. Elle demande que le litre de révérend et de révérende leur soit interdit. En effet, aller nu-pieds et se qualifier ainsi, c'est un jeu de qui perd-gagne, où la lêle rattrape ce que perdent les pieds.
N. la. Elle dit à Gracian qu'elle l'aime bien, mais qu'elle aime encore plus le bien général. Comme Thérèse, elle l'aime, mais comme fondatrice, elle l'aime bien davantage.
N. 16. Il faut à ses maisons un gouvernement qui entre dans les menus détails. Il est évident que la vie religieuse étant une vie de petits déiails, il importe qu'ils soient tous réglés.
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LETTi.ES XXIX
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,<lu même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Vingt-deuxième.)
Jésus soit avec votre paternité, mon père, et vous donne une grande part à son amour. S'il faut aller tout de suite à Avila et abandonner celte entreprise, c'en estsans doute fait pour toujours. Il me parait clair que frère Grégoire restant, avec moi pour prieure, quoique absente, cela peut aller pendant quelques mois. Je désirerais beaucoup vous voir plus rapproché de moi au moment où Ton prendra une détermination. Dieu veuille que la présente vous parvienne promptement, parce que Votre Révérence peut me répondre par Avila, car le P. Nicolas m'a dit qu'il m'enverrait un exprès. Vous pourrez m'écrirc aussi par Valence et par Valladolid; quoiqu'il y ait du retard, ou m'écrit que l'un vaut l'autre.
2. Dieu veuille que votre santé soit bonne, car il est fâcheux d'èlre si mal logé par ces chaleurs. Je vous porte cependant envie d'être sur le bord de la rivière; il m'a toujours semblé que c'était un bon site, du moins pour y avoir pris possession. Ici il fait très-chaud par moments, et précisément pendant que je vous écris. Mais les matinées et les nuits sont agréables. Toutes les sœurs se portent bien. La prieure s'y prend a merveille. Dieu veuille que cela continue, car il semble qu'il se plaît à celle fondation. Qu'il vous ait en sa sainte garde. Amen. C'est le 27
juin, de ce couvent.
Thérèse db Jésus.
NOTES
Celle lellre fui écrite en 1581, du couvent de Soria. La Sainte no fait qu'effleurer les choses et n'en dit que bien jusic assez pour se faire entendre du père.
N. 1 . S'il faut aller tout de suite à Avila , dit-elle : il le fallut, il y en avait nécessité pour le temporel et pour le spirituel; sa présence remédia à tout.
Abandonner celle entreprise, etc. C'était OU la fondation de Madrid , ou celle de Burgos. Frère Grégoire restant... C'était Fr. Grégoire de IS'azianze qui était apparemment confesseur.
Au même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Vingt-troisième.)
Jésus. — 1. L'Esprit-Saint soit avec Votre Révérence, mon père. J'ai reçu votre lettre datée de la Saint-Jean, et, peu après, une autre qui venait avec celle de P. Nicolas; mais la longue que Votre Révérence dit m'avoir écrite, ne m'est pas parvenue. Si celles çtie j'ai reçues étaient peu de chose, il n'en a pas été de même du contentement qu'elles m'ont donné, en me tranquillisant sur votre sante- dont j'étais bien inquiète. Que Noire-Seigneur vous la donne aussi bonne qu'il le peut. Je vous ai écrit plusieurs lettres, une pour vous prier de ne pas accorder à madame Hélène la permission d'entrer en religion. Je ne voudrais pas qu'elle eût été perdue. On vient de me dire que le messager, qui passe par Valladolid, est Irès-sûr. Je pense donc, d'après ce que vous me marquez, qu'elle vous y trouvera. Comme vous êles si près de s. th. m. 5
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