‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 6 sur 448 · SI · texte numérisé non relu

SI

*>* 70 LETTRi: XXX. ;*-<*

Saint-Alexis, j'ai rru. devoir vous envoyer ces lellrcs de Tolède, afin *"5

, i, i * iii ^"^

!>M que vous voyiez a\ec quelle répugnance 1 archevêque prend la chose, >**{

cl il me semble qu'il est de notre intérêt de ne pas nous en faire un en- &<*[

,-k3 nemi en quelque manière que ce soit. ^

* t. 2. Mais laissons ce point, je n'entends jamais parler de celte entrée ^

J3j rn religion sans en éprouver une grande contrariété ; parce que cette *J}

J£jj dame est mère et fille, qu'elle a force parents cl que l'on parle d'elle. *J**j

^■* Je crains d'en éprouver des désagréments et qu'elle n'éprouve peu de *^

£* contentement. Aussi, avant d'en parlera l'archevêque, j'ai prié le P. £*j

*•■■* Bailhazar Alvarez de le détourner de ce dessein. Il me l'avait promis, >*<*

i**M parce que, la connaissant, il pensait comme moi. > oyez le mente que •■ -.

,i<H j'ai de l'y avoir gagné! J'ai écrit au cardinal que je vous préviendrais, î°^

J^ qu'il pouvait se tenir tranquille, et qu'on ne la recevrait pas, ou que ;" tj

*S du moins j'en serais très-fâchée. Vous comprenez que cette lettre de- ff£(j

mande le secret ; pour le mcltrc en sûreté, détruisez-la. Que personne *=*:

*"*j ne se doule que c'e<l à cause de I archevêque quon ne reçoit pas sa >***

*■* nièce. Laissez croire que c est parce que cela ne convient ni a clic ni «-■«

i*5j à ses enfants, comme c'est la vérité. Tenons-nous-en aux expériences ^

#.$ que nous avons faites de ces veuves. Avant de l'oublier, il faut que je -^

*ti vous dise qu'on n'en finira jamais de l'impression de ces constitutions. j£jj

De grâce, occupez-vous-en activement; c'est très-important. On aurait *^ déjà imprimé une longue histoire.

3. Venons maintenant à la fondation de Burgos. J'ai envoyé ma réponse, et je suis surprise qu'on croie que je devrais y aller. J'ai ré-

*<* pondu tout simplement à l'évèque qu'à cause de mes infirmités , vous ^ -,

>Mt m'avez défendu d'aller à Burgos durant la saison de l'hiver, comme j}.^

£$ vous me l'avez écrit une fois. Je compte sur l'archevêque, parce qu'il £,£; J5 csl D'cn avcc l'évèque de Palence, et que la fondation convient à 1 evè-

£3< que de Palence et à celui de Burgos. C'est pourquoi je lui ai dit que ce **j

£^ sérail pour lui un désagrément, si la ville s'y refusait, comme je m'y at- ^

»**> tendais, et que jusqu'à ce qu'elle se fût prononcée, ma présence ne ser- )*«

Virait de rien. L'heure de celle fondalion n'est probablement pas encore £**c jj^l armée, mais plutôt celle de frère Bailhazar. Ainsi va le inonde.

k. C'est la fondalion de Madrid qui csl l'affaire du moment, et je crois ^

2^| que si l'archevêque voit qu'on fasse ce qu'il veut, il accordera promp- £*>

* * tement la permission, et l'évèque de celle ville qui se propose d'aller à &J *2j Madrid au mois de septembre, me promet de l'obtenir. S'il plaît à Dieu, *<«

j'aurai tout terminé ici à la mi-août. Après la Noire-Dame, si vous le

jugez à propos, je me rendrai à Avila où il me paraît que les rcligicu- £,*

sis n'ont pas mis assez de franchise dans leurs rapports avec le P. Ni- ^ celas. Je n'y vois guère à faire, et n'y étant guère nécessaire, il me sera

agréable de ne pas y rester prieure, car je ne suis déjà plus propre pour j£*< celle charge qui m'oblige à faire plus que je ne peux et me cause des j»<« scrupules. Si on laisse ici le P. Grégoire dr Nazianze, ainsi queje vous l'ai annoncé, la prieure suffit et i! n'y en a pnsd'aulrc. Quoique je dise

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qu'elle suffit, je me (rompe, parce que pour ce qui es! do l'intérieur, c'est comme s'il n'y avait personne. Votre Révérence verra ce qui est le meilleur. En comparaison des embarras que me donne celte maison, quelque fatigue qui se présente pour m'en délivrer, elle me paraîtra peu de chose. Cependant ma présence ne laissera pas d'y être utile, en attendant que Dieu ait tout arrangé pour la fondation de Madrid. Je souffrirai toujours sensiblement de rester ici, privée de mes amis et de mon frère, et qui pis est, de me trouver avec ceux qu'on y a laissés.

5. Quant au voyage de Rome, je vois qu'il est déjà temps de le faire, quoiqu'on n'ait rien à craindre, pour aller faire notre acte d'obédience au général et pour ces autres qui ne nous ont pas fait ici grande faute. Le P. Nicolas en ferait beaucoup à Votre Révérence, quoiqu'il fût le plus propre à aplanir toutes les difficultés. S'il survenait quelque nouvelle histoire, je vois qu'après avoir reçu notre obédience et quelque compliment de temps en temps, en signe do soumission, il n'en résulterait rien de fâcheux. Ce qu'il y a de plus essentiel, c'est que le général tienne les déchaussés pour soumis, et qu'ils entendent, eux, qu'ils n'ont pas un prélat comme par le passé, non plus que la dépense. On verra alors de belles choses dans leurs maisons.

G. J'oubliais de vous dire combien j'ai été contente de la décoration de la chapelle; elle est très-bien. Gloire à Dieu ! nous avons à nous féliciter de ne nous être pas pressés. Celle fille de la Flamande est faite, je crois , pour nous contrarier toute sa vie, comme sa mère. Dieu veuille que cène soit pas encore pis. Croyez-le, je redoute encore plus une religieuse mécontente qu'une légion de démons. Dieu pardonne celui qui nous a engagés à la prendre. Je vous prie de différer la permission pour sa profession, jusqu'à ce que j'aille à Avila , si Dieu le permet. Je marque au P. Nicolas de me faire savoir s'il y a par là quelque moyen de me faire conduire, je n'en vois pas ici. Que Dieu dispose toutes choses selon son bon plaisir.

7. Qu'il lui plaise que vous puissiez quelque chose dans l'affaire de Béalrix! Elle me donne beaucoup d'inquiétude. A elle cl à sa mère, j'ai écrit depuis quelques jours une letire qui pouvait compter pour une correction. Je leur dis des choses terribles, car fussent-elles innocentes, je leur montre tous les dangers qu'elles ont courus devant Dieu et devant le monde. A mes yeux, elles sont coupables ; leurs pères le sont encore plus, parce qu'elle s'en sert pour les leur envoyer. C'est une chose désospéréc et je crois que, si l'on ne se hâte d'ôler entièrement l'occasion, cela peut devenirencore bien plus grave, s'il est possible, parce que cela l'est déjà bien assez. Quant à l'honneur qui est perdu , j'en fais bon marché, quoi qu'il m'en coûte. Ce sont leurs âmes que j'aurais voulu sauver, mais je les vois si égarées, pères et enfants, que je n'y trouve aucun remède ; que Dieu y remédie et qu'il vous donne sa grâce pour que vous puissiez leur être utile ! Je n'y vois point d'autre moyen que de la placer dans un monastère, mais je n'en

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vois guère la possibilité a cause du pru de fortune de ses pavents : je ne lui vois guère qu'Avila. Je \ous supplie de m'écrire pour ni'apprcndre ce qu'on a décidé el si vous éles d'avis que j'aille d'ici à Avila. Comme il y a peu de messagers et que vous écrivez rarement, il est nécessaire de vous y prendre à temps. Que Dieu vous conserve dans la sainteté que je lui demande pour vous. Amen. C'est aujourd'hui le 14 juillet.

8. L'évèquc de celle ville est parti le 10 pour se rendre au synode. La fondatrice me charge de vous faire mille amitiés de sa part. Prenezles pour dites, parce que je suis fatiguée. Je me porte bien el luules nos sœurs aussi.

L'indigne servante et sujette de Voire Révérence. Que je dis cela de bon cœur !

Thérèse de Jésus, notes.

L'adresse de celte Icllrc, écrite à Soria, le 14 juillet lô'Sl, était : A N. P., provincial des déchaussés carmélites, à Xalladolid.

N. 1 . H s'agit de dona Hélène de Quiroga, cousine de l'archevêque, cardinal de ce nom. La Sainte ne voulait pas de cette grande dame, et le cardinal l'accusait de lui avoir mis en lùlc l'idée de se faire religieuse.

N. 2. La Sainte donne les raisons de son opposition à la démission de dona Hélène. Ses raisons sont fondées sur des considérations humaines; elles sont plus spécieuses que solides. L'héroïque persévérance de la noble postulante les a réfutées avec le temps aux yeux de la Sainte el aux yeux du cardinal, qui les trouvait de son goùl. L'issue de celte affaire esl déjà connue du lecteur.

A la lin de ce nombre, elle presse Gracian de hàier l'impression des constitutions de l'ordre.

N. 3. La Sainte traite de la fameuse fondation de Burgos, demandée avec tant d'instance depuis 1577, par la mémorable Catherine de Tolosa.La Sainte fait en ce moment de nouvelles démarches, dans lesquelles elle esl appuyée par les évéques de Palence cl de Burgos, dont elle donne à entendre qu'elle a reçu des lettres à ce sujet, puisqu'elle parle de leur répondre. Celle grande fondation, qui devait être la dernière de la Sainte, lui coula bien des luttes et des peines.

N. 4. C'est maintenant le tour de la fondation de Madrid. Elle dit que si on contente l'archevêque, il n'en fera pas attendre l'autorisation ; que M. Yelasqucz, évoque de Burgos, se charge de l'apporter à son retour d'un synode provincial, convoqué pour le mois de septembre, à Tolède, dont M. de Quiroga est archevêque. Mémo nombre, la Sainte se promet d'avoir mis ordre à tout dans la maison de Soria, pour la mi-aoùi, et elle se propose d'aller alors à Avila, où Nicolas Doria avait été envoyé pour rcmédieràun commencement de relâchement dans celte première maison de la réforme, si chère à la Sainte qui en était prieure, cl s'en faisait un scrupule, à cause, des affaires qui l'empêchaient de remplir les fonctions de celte charge. Elle demande qu'on y laisse frère Grégoire, qui ne pouvait y eue que comme confesseur. Ce qui la tend le plus malheureuse ut elle est, ce sonl ceux qu'on y a laissés ; celaient des confesseurs étrangers.

N. 5. Elle juge qu'il esl temps d'aller à Home, rendre obédience au général, el lui donner connaissance du chapitre de la séparation des provinces. Ce ne seiait pas le P. Doria qu'on enverrait ; il est l'homme nécessaire de son | ère Gracian. Le roi ne fut pas de cet avis; il envoya Doria, et il fit bien. Ceux qui lui donnent des craintes, sont des pères de l'Observance, qui se plaignent que le chapitre général de la séparation ne leur a laissé presque aucune juridiction sur les déchaussés.

N. ii. l,a chapelle dont elle parle est celle où son frère avait sa sépulture depuis sa mon, arrivée l'année précédente. Mais voici bien autre chose : deux religieuses sonl mécontentes, elles sont île la Flandre; c'est la mèicel la fille. La mère à causé bien des désagréments; la fille menace d'en causer encore plus. 11 faut ajourner sa piofcsfcinn. I if r, ligii use mécontente, dit la Sainte, mail c'est pire qu'une légion de démons ! 'i U. eu nous déture des religieuse» mécontentes! Cela fait quelque peine. Du reste, ces

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