CHAPITRE X
De l'offrande.
Après avoir rendu au Seigneur grâces de tous ses bienfaits, le cœur éprouve naturellement ce sentimeut du prophète David, qui s'écrie : Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu'il m'a faits ! L'homme satisfait en quelque sorte à ce besoin de reconnaissance, en donnant , en offrant à Dieu tout ce qu'il a et tout ce qu'il peut offrir.
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TRAITÉ DE L'ORAISON ET DE LA MEDITATION
C'est pourquoi il doit , premièrement , s'offrir lui-même pour le servir à jamais, s'abandonnanl et se mettant entre ses mains pour que Dieu fasse de lui ce qu'il lui plaira pour le temps el pour l'éternité. 11 doit offrir en même temps avec lui toutes ses paroles, ses actions , ses pensées et ses travaux, ce qui comprend tout ce qu'il fera et souffrira, afin que tout soit pour la gloire et l'honneur du saint nom de Dieu.
Secondement, qu'il offre au Père les mérites et les services du Fils, ainsi que tout ce qu'il a fait et souffert dans ce monde par obéissance, depuis la crèche jusqu'à la croix ; car tout cela est noire bien et notre héritage, attendu qu'il nous l'a donné et laissé dans le nouveau Testament, par lequel il nous a établis héritiers de tout ce grand trésor; or, de même que ce que l'on me donne par pure grâce n'est pas moins à moi que ce que j'ai gagné par mes peines, de même aussi les mérites et le droit qu'il m'a laissés et donnés ne sont pas moins à moi que si je les avais gagnés à la sueur de mon front et par mon travail. L'on peut donc offrir cette seconde offrande aussi bien que la première, eu présentant dans leur ordre tous les services, tous les mérites et toutes les vertus de sa vie très-sainte, son obéissance, sa patience, sa charité, sa miséricorde et toutes les autres, ce qui compose la plus précieuse et la plus riche offrande qu'on puisse faire à Dieu.