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N. 9. On en invente à déconcerter, dit-elle. Graciai) étant parti secrètement pour Madrid (nous avons déjà annoncé son départ), on fil courir le bruit qu'il s'était caché.
Au même P. Fr. Ambroise Marian de Saint-Benoit. (Seconde.)
1. Jésus soit avec Votre Révérence, mon père. Mgr. don Teutonio m'écrit aujourd'hui, de Madrid, que le nonce ne partira pas maintenant. S'il en est ainsi, dût-cc être sous prétexte de maladie, il faut que vous vous teniez à Alcala, car il ne faut en aucune manière avoir l'air de lui refuser l'obédience. Sachez, mon père, que les pères jésuites no seraient pas éloignes de rechercher noire amitié, et jusqu'à ce qu'on voie ce que le Seigneur en ordonnera, il convient de temporiser, comme vous l'avez déjà fait. Je ne jette certes pas la faute sur le nonce, mais les batteries du démon sont si bien dressées, que je ne m'étonne de rien. Ne craignez pas qu'on ose vous observer, le Seigneur veille à votre garde, et, puisqu'il nous a fait la grâce que vous ayez jusqu'à présent apaisé la colère du nonce, il ne s'en tiendra pas là. Prenez seulement ceci pour votre croix; elle ne sera pas petite. Si le Seigneur ne vous avait pas favorisé d'une assistance toute spéciale, comprenez que jamais vous n'auriez pu y tenir.
2. Pour ce qui est de la réponse du conseil, il n'y a rien à attendre. Ne voyez-vous pas que ce ne sont que de beaux compliments. Quelle nécessité y a-t-il de lever la défense qui vous était faite de sortir de là pour vous envoyer là-bas?Nc savent-ils pas que l'autre y est arrivé? Ce n'est pas maintenant le moment. Attendons un peu : le Seigneur sait mieux ce qu'il fait que nous ne savons ce que nous demandons.
3. Que vous en semble-t-il? comment nous traitent-ils dans cet écrit? Je ne sais pourquoi nous cherchons à nous justifier de pareilles choses. Notre père a eu tort, c'est trop s'abaisser. De grâce, ne le faites voir à personne, de peur qu'on ne nous juge sans prudence, si on nous voit faire de pareilles sotlises. N'en parlez pas non plus. Je regarde cela comme une faute, il n'y a qu'à se moquer d'eux.
h. Sachez, mon père, que mes lettres et mes occupations m'accablent et ont fini par m'affaiblir et me causer un bourdonnement de tête. On me défond, à moins d'une grande nécessité, d'écrire de ma main. Voilà pourquoi je ne suis pas longue. Je me borne à vous dire que pour ce qui est de se procarcr ce que vous dites du roi, il n'y faut nullement penser, parce que ce serait perdre un grand crédit, à ce que j'en vois. Dieu y pourvoira d'ailleurs. Qu'il vous ait en sa sainte garde.
De Votre Révérence la servante,
TnÉRÈSE DE JÉSUS.
Notes.
On ignore la date de celle lettre, l'une des plus obscures que nous ayons dans la collection des lettres de l.i Sainte ; c'est la faute de ces temps éloignés de nous, il nous est Impossible de trouver des éclaircissements sur les sujets qui y sont traités. Kllc en aurait pourtant grand besoin pour devenir intelligible. Qu'y faire? hasarder des cunjeclurcs ? l'importance des choses ne méiilcpas celle peine.
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LETTRE XXXV. 81 £jj
A In fin du nombre 2. on est ravi de celle réflexion dont l'oubli cause tant de .' S
chagrins insensés : Le Seigneur sait mieux ce qu'il fait, que nous ce que nous voulons. >*-<**
Se le rappeler tous les jours est le seul moyen de passer une vie heureuse. Que •**■
♦*2 celte pensée est donc piécieuse ! '.' .
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£<3 A M. Laurent de Cépcde, son frère. W g
Jéscs. — 1. La grâce de l'Espril-Saint soit avec vous, mon cher £^j frère. Je dois vous le dire, Dieu semble permettre que nous soyons J*^ éprouvés par ce pauvre homme, pour savoir jusqu'où va notre charité. »^ Il est bien certain, mon cher frère, que j'en ai si peu pour lui que j'en **j éprouve beaucoup de peine. Il est mon frère, et ne fùt-il que mon prochain, la raison me ferait un devoir de m'affliger de son malheur, et «-<* cependant je ne le fais guère. Toutefois la considération de ce que je *<« dois faire pour contenter Dieu me ramène à mon devoir, et lorsque je £3j »4j vois sa divine majesté intervenir entre cet homme et moi, il n'est rien j£3j jj $ que je ne fasse pour lui. jjjj £3j 2. D'ailleurs, je vous dirai que je ne le détournerais nullement de j**j £;* ses courses; car il avait un tel désir de se voir hors de chez vous, que >£* son conten tement surpasse de beaucoup la peine que lui causent ses &<#, fatigues. Ainsi, je vous en prie, pour l'amour de Dieu, faites-moi le »>*•; »*#, plaisir de ne plus le retirer, quelles que soient les instances qu'il vous ^ #** en fasse et quelle que soit l'extrémité où il se voie réduit, afin que je £-2 reste tranquille. En vérité, il est fou à l'endroit de vouloir vivre avec ^ j£2 vous, quoiqu'il ne le soit pas d'ailleurs, et j'ai appris de gens instruits j**j £S qu'il peut très -bien en être ainsi. Ce n'est pas la campagne de la Serne ** J£jj qui a fait naître ce caprice ( car avant qu'il lui fût venu en téle d'y )***. aller, il l'avait déjà), il ne faut attribuer cette manie qu'à sa grande ^ >M< maladie, et, certes, j'en ai craint un moment quelque grand malheur. j£S{ £* 3. Il convient que vous avez bien raison d'être fâché, mais il dit ^* £* qu'il n'en peut mais. Il comprend bien qu'il court à sa perte et qu'il >M< finira par tomber de fatigue, mais il prétend que plutôt que de souffrir **« de la sorte, il préférerait mourir. Il avait déjà traité avec un muletier î2 JUj pour partir demain matin pour Sévillc ; mais je ne comprends pas dans 2^ quelle vue. II est malade; une journée de marche par la chaleur le J^ ferait mourir; il est arrivé avec un mal de tète, et que fera-t-il à £*1 Séviile, si ce n'est de la dépense et demander l'aumône? Car il se **j figurait qu'il trouverait une ressource dans sa sœur dona Mayor, et il (M| se trompe. Il m'a semblé, uniquement par charité, que je devais lui *.=* faire attendre ici votre réponse à la présente, bien qu'il se tienne très- fefy assuré que cela ne servira à rien ; mais, comme il commence à ouvrir j£5 les yeux sur sa perle, il se détermine enfin à attendre. Par charité c^ répondez-moi au plutôt et donnez votre lettre à la prieure ; je lui écris gjj de me la faire parvenir par le premier courrier. j^ 4. Quant à cette tristesse et affliction dont vous me parlez, je pense jj^*j que son escnpadc en est la cause, car Dieu est fidèle. S'il est fou en cet jj-âj
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endroit, comme je. le crois, il [est clair que vous n'en êtes que plus obligé, selon les règles de la pcrfeclion, à l'assister comme vous le pour rez, à le préserver de courir à sa morl, et à laisser d'autres aumônes que vous faites, pour les lui appliquer à lui, comme à un pauvre à qui vous devez la préférence, à raison de la parenté : ce n'est pas la peine d'en chercher d'autres motifs, je vois bien qu'il n'y en a pas; mais Joseph en avait encore moins do faire du bien aux hommes, ses frères.
5. Croyez-moi, lorsque Dieu accorde à quelqu'un autant de grâces qu'à vous, il en attend de grandes choses, et celle-ci en est une. Mais je dis que s'il vient à mourir sur un chemin, vous ne devrez jamais cesser de le pleurer tel qu'il est, et même Dieu pcut-élrc de le tourmenter: il faut donc que nous y prenions bien garde, et même avant de faire une faute qui resterait irrémédiable. Que si vous y réfléchissez devant Dieu, comme vous le devez, vous comprendrez que vous no serez pas plus pauvre pour ce que vous lui donnerez , parce que sa majesté vous le rendra d'un autre côté.
G. Vous lui donniez deux cents réaux pour s'habiller, plus, la table, et il pourvoyait à ses autres besoins avec ce qu'il avait de son côté; mais, quoiqu'il semble que rien ne devait lui manquer, il peut se faire après tout qu'il dépensât néanmoins plus que vous ne pensez. 11 s'en lient déjà à ce que vous lui avez donné pour vivre celte année où il voudra. En lui donnant en outre des deux cents réaux que vous lui donniez pour son vêtement, deux cents autres réaux pour sa nourriturc, il se Gxcrait chez ma sœur (il dit qu'on le lui a proposé), ou chez Diego de Gusman, qui lui a donné cent réaux pour le voyage qu'il fait. II ne faudra pas une autre année lui donner tout à la fois, il vaudra mieux payer de temps à autre ceux qui le nourriront; je prévois qu'il ne tiendra pas longtemps à la même place. Cela est bien triste; mais n'étant plus chez vous, je trouve tout cela bien. Comptez que les secours que je vous demande, vous me les donneriez, si vous me voyiez dans le besoin; je les accepte comme si par le fait vous me les donniez, et plût à Dieu qu'il fût en mon pouvoir de ne vous être aucunement à charge. Je vous assure que depuis longtemps il n'a pas mis le pied chez lui, tant il a de chagrin de ne plus vous voir, et puis à cause de ce tourment et des craintes dont je vous ai parlé.
7. Il me reste à vous dire que j'aurai soin de me faire donner les dépèches par le père Nicolas qui, je crois, les apporte de Sévillc et m'a promis de me voir. J'ai été bien contente d'apprendre que le petit Laurent est si près d'ici. (Juc Dieu soit avec lui. Je ferai en sorte de ne faire ici qu'un court séjour; je m'y. porte moins bien que partout ailleurs. J'irai à Ségovie, si Dieu le permet. Frère Antoine de Jésus dit que, ne fût-ce pas pour vous voir, i! irait toujours de vos côtés. Le P. Gracian est déjà parti d'ici. Mes compliments à don François. C'est aujourd'hui le dimanche de Quasiioodo. Votre indigne servante,
TiiÉuÈsE de Jésus.
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