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LETTRE XXWI.
NOTES
ÎS. t. Cette lettre fut écrite à Tolède, l'an 1580. L, pauvre homme donl parle !a Suinte, était Pierre do Aliuméda, son frère qui, apiès avoir perdu un |cu I:i tête et
presque ions ses liions en combattant vailla icn! pour la conquêlc du Pérou, était
venu se retirer chez Laurent deCcpède, autre hère île sainte 'llié:è;e avec lei|iiel il travail pu vivre, à cause de son caractère cl de son humeur sombre et bizarre.
N. 2. Les pieuses ruses dosa rhétorique sont liic.i remarquables: elle se plaint elle mémo de 1 ierre, aulant que pouvait s'en plaindre Laurent ; mais c'est au prolit de Pierre. Elle ne \cut pas qu'il renne chez son frère; à ne le regarder que comme son prochain, elle l'aime peu, et comme frère point du tout; mais elle le met pour Ions ses besoins à la charge de son frère, sous peine pour celui ci d'avoir à pleurer toujours sa mort et peut-être sa perte éternelle, etc. Elle fait grand étalage des liavers de ce malheureux militaire, mois la mélancolie et une grave maladie en son! la ciiuse.
N. 5. Elle annonce dans le nombre 7 son départ pour Ségovie, si Dieu le permet. Ces derniers mots paraissaient être autre chose qu'une pieuse formule, et lorsqu'on voit qu'elle partit de là pour le ciel, on peut présumer qu'elle avait déjà îeçu quelqu'avcrtisseiiient de sa mort prochaine.
A madame dona Jeanne de Aliuméda, sœur de la Sainte. (Première.)
1. Jésus soit avec vous, Madame. Dieu soit béni de ce que M. Jean de Ovalle est en bonne santé, et qu'il est enfin quille de ses faiblesses. Les Gèvres tierces ont été générales ; il n'y a ici rien de nouveau ; elles m'ont aussi quittée, et depuis, chaque jour je vais de mieux en mieux ; que Dieu en soil glorifié. Je me suis bien portée cet été, j'ignore ce qui m'attend dans l'hiver; il commence déjà à me donner des atteintes, mais tant qu'il n'y a pas de fièvre cela se dissipe.
2. Je voudrais bien savoir ce que c'est que l'acquisition qu'on vient de faire à Casa. J'ai reçu d'Oropèse la nouvelle que l'escadre est entrée dans le fort de San-Lucar; cela a du reste besoin de confirmation. Lorsque j'aurai vu mon frère, j'en saurai davantage et je vous mettrai au courant. J'ai retenu son logement chez Pcralvarcz.
3. Je suis mécontente de ces jeûnes de la prieure ; dilcs-Iui de ma part que c'est pour cela que je ne lui écris pas et que je n'ai aucune relation avec elle. Dieu me délivre de quiconque aime mieux faire sa volonté que d'obéir. Ce que je pourrai faire pour obliger madame dona Anne, je le ferai volontiers en considération de M. don Christoval. Nous élions convenus qu'ils seraient dans la maison où se trouve dona Sanchc, mais celte maison n'est pas convenable pour eux. Personne ne peut y entrer, ni aucune femme de service ne peut en sortir. Les sœurs, bien qu'elles en eussent la volonté, ne pourraient, je pense, leur rendre presque aucun service; n'ayant mangé depuis cinq ans que du pain de couvent, elles sont rendues, el dona Agnès est presque toujours malade ; ils voient assez le peu de ressource qu'il y a, et je commence à voir que je ne puis leur tenir parole , parce que je suis liée étroitement par la règle. Je me recommande particulièrement à la sousprieure. On ne me laisse pas le temps de lui en dire davantage. C'est Isabelle Stiarcz qui nous est arrivée de Malagon et, dit-elle, bien malgré elle; après l'avoir retenue plus d'une fois, la prieure l'a en-
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8i LETTRES XXXVII — XXXVIII.
voyéc cl je crois qu'un jour clic viendra aussi elle-même. J'ai bien des inquiétudes; que Dieu m'en délivre. Mes compliments à M. Jean de Ovalle et à mes enfants (don Gonzalc ctBéalrix). Vous ne m'avez pas marqué que Béatrix avait été malade. Dieu soit avec eux. Le 27 septembre.
Votre Thérèse de Jésus.
Quel grand bien fait ce déchaussé qui confesse ici! C'est frére Jean de la Croix.
notes.
Cette lettre fut écrite eu 1 'i>"i au couvent d'Avila'; les religieuses de l'alencc sont en possession de l'original.
A madame dona Jeanne de Ahuméda, sœur de la Sainte. (Deuxième.)
1. Jésus, Ma:ie soient avec vous, Madame; ici et là Dieu nous donne à tous des peines. Qu'il soit béni toujours ! Ne vous tourmentez pas du départ de don Gonzalez avec le petit Laurent ; mon frère n'y consentira pas et il n'y a pas d'apparence que cela lui convienne. Je ne lui ai pas écrit, le jeune homme était parti lorsqu'on m'a remis la lettre. Je les i ccommande déjà à Dieu.
2. Vous saurez que notre disgrâce est maintenant aussi grande qu'il soit possible. Ou a lancé un contre-bref et nous nous trouvons tous assujettis au nonce; cela ne me cause aucun chagrin ; il me semble que c'est peut-être le meilleur chemin pour arriver à obtenir une province cl à voir le P. Gracian quitter ces gens-là. Je suis tellement pressée que je ne sais trop ce que je vous écris. Je ferai donner des avis à ces maisons ; ainsi qu'on s'en tienne à me recommander à Dieu. Je suis ce que je suis toujours; les travaux sont pour moi des remèdes et la santé. Bien des compliments de ma part à M. Jean Ovalle et à madame dona Béatrix. Les sœurs d'ici vous font les leurs ; mes frères sont en bonne sanlé ; ils ne savent pas encore que Pierre va là-bas. 8 août, et moi à vous.
Thérèse de Jésus, notes.
N. 1. Celle lettre est de 1578; elle fut écrite au couvent d'Avila, cl elle est conservée par les religieuses du désert de Batuei as.
N. 2. Suinte Thérèse dil qu'elle est, dans les disgrâces OÙ elle se trouve, ce qu'elle rst toujours: les peines sont pour elle des remèdes et lu santé. Ces paroles sont dignes de l'bcnûne qui avait pour devise: Souffrir ou mourir.
N. 3. Elle dit que ses frères se portent bien ; il s'agissait de Laurent de Ccpède et de Pierre de Aliuniède, les seuls qui fussent alors à Avila. Il est question de l'ierre dans la lcttrc21°.
A Diétjo de Gusman.
Jt'sus. — 1. La grâce de l'Esprit- Saint soit avec vous, Monsieur.
Voici une lettre qui m'a été adressée par M. Ahumède ; je vous l'envoie
afin que vous voyiez ce qu'il vous demande et que vous ne manquiez
pas de le faire à temps. Si vos occupations vous en empêchaient, vous
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chargeriez madame dona Madeleine de vous suppléer. Ce serait une mauvaise affaire si, la maison ne lui servant pas, il venait à la louer, ou s'il venait à la garder, parce qu'il en aurait besoin. Faites-lui mes compliments et rccommandcz-lui de me faire savoir comment il se porte.
2. II me semble que Nolre-Seigncur a voulu enlever au ciel ce petit ange en même temps que sa mère ; qu'il soit béni de tout ! Suivant ce qu'on m'en avait dit , il était infirme. Dieu nous fait à tous de grandes grâces, et à vous en particulier, il vous fait celle de trouver là-bas qui vous soutienne dans les peines qui ne manquent pas en cette vie. Quo sa divine majesté conserve dona Catherine et vous conduise vous-même
par la main. Amen.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus.
A M. don Jérôme Reynoso, chanoine de Palence. (Première.) Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit avec vous, monsieur. Je vous prie de dire au porteur de cette lettre comment vous avez passé la nuit, si vous êtes bien fatigué. Pour moi , je suis arrivée seulement bien contente. Plus je pense à la maison et plus je reconnais que l'autre ne nous convient pas et qu'il n'y aurait que la cour qui pût nous accommoder. Si on nous vendait la maisonnette, nous pourrions y passer des années bien, et très-bien. Je vous prie, monsieur, de tenter l'acquisition de la petite chapelle ; si elle n'est pas vendue, qu'on nous la loue pour quelques années ; elle serait nécessaire pour la femme qui nous sert.
2. Vous pourrez dire à Tamayo qu'en ne prenant que sa maison seule, on la lui paiera plus cher, et que si nous prenons tout, il faudra qu'il nous donne du temps pour lui en payer le prix élevé. Si vous le trouvez bon, plutôt que de lui faire entendre que nous n'en sommes pas contentes, laissez-le penser que plus tard nous pourrons la lui acheter. Une sœur a eu la bonne grâce de dire que la semaine sainte , ils redeviendront amis, et qu'alors il n'y avait pas de temps à perdre pour conclure le marché. La prieure et les sœurs vous assurent de leurs respects et vous remercient de leur avoir cherché une si belle maison. Elles sont très-contentes et elles ont bien raison. Pour nous tout est très-bien, et quand on considère qu'elles ont du terrain pour s'agrandir, c'est un grand point. Il serait bien à désirer qu'après Pâques on commençât à démolir. Dieu le veuille et qu'il vous garde, monsieur, comme nous l'en prions toutes.
Votre indigne servante,
TlIÉr.ÈSE de JÉsrs.
NOTES
N. 1. Cette lettre est conîcivûc dans un beau reliquaire, par les religieuses de Catahora.
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