‹ uvres tres-complètes de Sainte ThérèseChapitre 117 sur 201 · TREIZIÈME · texte numérisé non relu

TREIZIÈME

ISons effets des maladies, et leurs usages. Avis pour l'éducation des sœurs converses. On doit cesser de faire des pénitences quand on est malade. Sa tendresse pour cette mère, cl conseils qu'elle lui donne.

28 juin 1577. — La grâce du Saint-Esprit soit toujours avec votre révérence , ma chère mère.

On ne peut être plus vivement touchée que je le suis de tant de maux que vous souffrez , et de la continuation de votre maladie qui m'afflige sensiblement , quoique je sois convaincue que quiconque aspire à la sainteté , doit passer par bien d'autres épreuves , et endurer bien d'autres travaux. Le père provincial m'a communiqué la lettre que vous lui avez écrite en date du 10 du courant ; il m'a fait un vrai plaisir , cal j'étais alors dans une peine extrême de ne point apprendre de vos nouvelles , ni de celles de la mère sous-prieure.

La mère prieure de Malagon dans de certains moments paraît beaucoup mieux ; en d'autres elle est tellement accablée de ses infirmités ordinaires, qu'elle nous touche de compassion. Pour moi , je suis toujours très-mal de mes grands maux de tête ; je ne l'ai cependant pas si faible que je l'avais : elle fournit à travailler et à écrire un peu plus que je ne faisais ; mais j'y entends toujours le même bruit qui m'est si péni-

l'.ll) LETTRE CI.

ble , que je n'écris plus à personne de ma propre main, à moins que ce ne soient des secrets ou des lettres de la dernière importance. Quelque sensible que me soit cette privation à l'égard de mes amis , je m'y soumets de tout mon cœur pour l'amour de Dieu.

.l'avais écrit celte lettre lorsque mon frère dom Laurent est arrivé; il se porte assez bien , prêt à partir pour Madrid où il a des affaires à solliciter. Je ne puis vous dire combien il est sensible à toutes vos peines; je ne sais s'il aura le loisir de vous en témoigner sa douleur. Vous êtes obligée, ma chère fille, à bien prier Dieu pour lui; car il prend beaucoup de part «à tout ce qui vous regarde. POur moi, je ne puis douter que Dieu ne vous aime, et qu'il n'ait dessein de vous sanctifier de plus en plus, puisqu'il vous envoie tant de souffrances, vraies marques de son amour. Je vous exhorte donc, ma chère fille, à ne vous point laisser abattre, mais plutôt à exciter votre foi, votre courage et voire confiance en Dieu; convaincue fortement que ce temps d'orage et de tempête passé , il viendra un autre temps où vous vous réjouirez d'avoir beaucoup souffert pour l'amour de celui qui a souffert pour vous infiniment davantage.

A l'égard de la petite esclave dont vous me parlez , ne faites pas difficulté , ma chère mère , de la recevoir et de lui donner l'habit : dans les établissements nouveaux , il est permis de faire certaines choses qui ne seraient pas permises en d'autres temps ; il faut seulement que vous travailliez à la rendre capable de vous bien servir, et que vous ne lui proposiez pas une trop haute perfection, elle n'y comprendrait rien. D'ailleurs les sœurs converses par leur état et profession ne sont pas obligées el destinées de Dieu à une perfection si éminente; elle pourra même rester parmi vous sans faire profession , si vous ne l'en jugez pas capable.

Je trouve plus de difficulté à recevoir sa sœur : ne laissez pas néanmoins de lui accorder cette grâce , et tâchez encore une fois de les porter toutes deux à servir Dieu avec beaucoup de fidélité; mais sans les presser ni l'une ni l'autre sur ce qui n'est que de plus grande perfection ; il suffit qu'elles tendent à la perfection de leur état. Ne les mettez pas aussi , s'il vous plaît, dans le plus gros travail : les bons offices qu'elles vous ont rendus méritent bien qu'on les ménage un peu , et qu'on ne les charge point de travaux excessifs : il faut avoir bien des égards, et souffrir de bien des façons dans ces commencements toujours infiniment pénibles.

Pour ce qui est de l'autre postulante dont il s'agit, vous pouvez aussi, ma chère mère, la recevoir, puisque vous l'agréez : il est à propos de remplir les places de tant de sœurs qui sont mortes , et qui ont quitté la terre pour le ciel. Je vous conjure cependant , ma chère fille , de ne les regretter pas davantage, et de n'y penser plus. Je sais que vous perdrez beaucoup en la personne de la mère sous-prieure ; rela me fait songet à rappeler nos sœurs de Paterne dès que leur réforme sera solidement

établie. J'ai écrit eu termes fort vifs à la mère prieure, et au père Grégoire. Dieu veuille que ma lettre arrive à bon port. Elles ont vraiment fait une grande faute de changer de maison : je ne comprends pas comment une telle rêverie a pu leur venir dans l'esprit.

Mes amitiés, je vous prie, à toutes mes chères filles , et à tous nos bons amis : je puis vous assurer que j'ai plus de chagrin de votre maladie que de tous les malheurs qui nous arrivent. Conservez-vous donc, ma chère mère, et ménagez vos forces le plus que vous pourrez. Ayez aussi bien soin de ma chère Gabrielle : je souhaite qu'elle porte du linge , car il n'est pas saison de faire des pénitences , ni de porter de la serge quand on est actuellement malade.

Nous avons toutes ici très-peu de santé. Priez le Seigneur pour nous. Je lui demande très-ardemment votre conservation ; car je vous aime avec des sentiments de tendresse dont je suis moi-même étonnée. La mère prieure de Malagon vous fait mille amitiés : toute malade qu'elle est, elle me tient bonne compagnie.

Je vous conseille, ma chère mère, d'emprunter de l'argent pour vivre, afin que vous ne souffriez point de nécessité. Quelle douleur n'aurais— je point que vous manquassiez du nécessaire! Vous pourrez rendre cet argent aussitôt que vous en aurez reçu. C'est ce que nous faisons ici dans les nécessités pressantes; et Dieu ne manque jamais de nous secourir, et de nous donner le moyen de nous acquitter de nos dettes. Comptez , s'il vous pla t , ma révérende mère, que personne n'est plus sincèrement que moi toute à vous ,

Thérèse de Jésus.

C'est aujourd'hui le 28 juin 1577.

REMARQUES

Sainte Thérèse écrivil celle lettre et celle nui la suit, à Tolède, dans le temps de la plus grande persécution que les carmélites de Séville aient soufferte.

Si elle permet ici à la mère Marie de-Saint-Josepb de recevoir au nombre de ses fdles une esclave affranchie, qui d.ins le temps de leur établissement avait pris un grand soin du dehors de leur maison, qu'on n'en soit pas étonné, quoiqu'il ne nous soit pas permis de recevoir des esclaves après même leur affranchissement : c'est que celte défense n'avait pas encore été faite.

A LA RÉVÉRENDE MERE MARIE DE-SAINT-JOSEPH. QUATORZIÈME

La Sainte traite divers sujets, ne veut point qu'on reçoive des filles mélancoliques, et

exhorte toutes ses filles à se rendre des modèles de vertu.

11 juillet 1577. — Jésus soit toujours arec votre révérence, ma chère mère.

Le plaisir d'apprendre que vous vous portez bien, me console au point de me faire soutenir tous mes maux plus aisément. Plaise au Seigneur de vous fortifier de jour en jour , et de récompenser le méde-

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(in qui à pris tant do soin de vous; car je lui en suis très-sensiblement obligée.

C'est, ma chère fille , un grand bonheur pour vous dans l'extrémité où a élé la mère sous-prieure, qu'elle ne soit pas encore morte; celui qui lui a donné l'être, et qui l'a tirée du néant, peut aussi lui rendre la santé si nous l'en prions avec une foi persévérante. Les personnes de son caractère sont capables des plus grandes choses , et ne trouvent rien d'impossible lorsqu'il s'agit de plaire à Dieu; de sorte que Dieu, qui connaît l'ardeur de leur zèle et l'étendue de leur charité, ne manque jamais de leur faire part de sa crois et de ses souffrances. Pour moi , je suis si faible que je voudrais voir déjà la fin de tous vos travaux , tant j'ai de compassion de vous. Comme j'ai prié la mère prieure de Maîagon de vous écrire tout ce qui s'est passé depuis peu ici , je ne vous dirai dans celte lettre que des choses indispensables.

La lettre et les modèles que vous avez adressés a madame Louise de la Cerda ne sont point encore arrivés. Vous ne me dites point si vous avez reçu les crucifix et la toile que je vous ai envoyés, et si l'on vous a remis la lettre par laquelle je vous marquais de recevoir la petite esclave et sa sœur, qui, comme je l'espère, ne vous seront point à charge. Faites-moi le plaisir de me rendre raison de tout cela à la première occasion , et de ne point discontinuer de prier Dieu pour la conservation de la mère prieure de Malagon, qui est un peu mieux, ce dont j'ai une vraie joie.

Je vous ai écrit que vous pouvez recevoir la demoiselle dont vous m'avez parlé ; sa dot me parait assez raisonnable. Ne refusez pas non plus la dame veuve. Faites, je vous prie, mes compliments à monsieur votre confesseur , et mandez-moi l'état de sa maladie dont je suis fort en peine. J'ai fort envie de savoir si vous continuez d'être mieux.

Le père provincial qui partira demain assure qu'il n'y a rien à faire pour Paterne qu'il ne soit sur les lieux ; nous lui avons représenté à ce sujet mille choses qui ne l'ont point fait changer de sentiment, en quoi je trouve qu'il a raison.

La somptuosité de vos présents est telle qu'on vous prendrait pour une reine ; et, outre cela, vous avez voulu , ma chère fille , en payer le port, ce qui est un surcroît d'obligation. Dieu veuille vous en récompenser, et de tous les biens que vous me faites, dont je vous rends mille et mille grâces. Vous ne pouvez me faire un plus grand plaisir que de vous appliquer à la conservation de votre santé, dont je souhaite avec ardeur le prompt rétablissement. Nos sœurs se sont bien réjouies, aussi bien que moi, à considérer la profusion et la beauté de vos présents. Pour moi j'admire que vous puissiez , accablée d'infirmités , vous occuper à ces sortes d'ouvrages. Béni soit celui qui vous a donné , ma chère mère, tant de grâce et tant d'adresse pour réussir dans tout coque vous entreprenez.

LETTIIE Cil. ^3

Je viens de parler au père provincial de la postulante que monseigneur l'archevêque souhaite que vous receviez : il la connaît et la qua lifie de béate mélancolique. Vous savez, ma chère fille, par expérience le préjudice que causent dans nos monastères les personnes de cette humeur : il vaut donc bien mieux ne la pas faire entrer que d'être obligée de la congédier aussitôt. J'ai un profond chagrin de ce que monseigneur l'archevêque , qui n'y a nul intérêt sensible , prend cependant si à cœur de la faire carmélite. Tachez , ma chère mère , de voir cette postulante , de lui parler et de reconnaître de quelle humeur elle est. Ensuite, si vous jugez, par la découverte que vous aurez faite du caractère de son esprit, qu'elle ne vous soit pas propre, il sera bon que vous priiez le père Nicolas d'aller trouver monseigneur l'archevêque pour lui représenter le tort que nous avons déjà reçu de ces sortes de personnes, ou du moins que vous cherchiez quelque expédient pour traîner l'affaire en longueur.

11 y a fort longtemps que j'écrivis au père Grégoire la lettre que je vous adresse maintenant ; je l'envoyai au père provincial pour la lui faire tenir ; apparemment qu'il n'a trouvé nulle commodité pour cela, puisqu'il me la renvoie aujourd'hui. Quoiqu'elle soit si à contre-temps, ne laissez pas de la lire; elle pourra ne vous être pas inutile, s'il arrive qu'il retombe dans une tentation aussi bizarre qu'est celle de vouloir vous quitter.

Que j'aurais de joie, ma chère mère, d'être à portée de vous voir! Je ne trouve personne de qui je sois si contente que de vous, ni qui soit si fort de mon goût. Comme rien n'est impossible au Tout-Puissant, je ne désespère pas de vous embrasser un jour.

Mes amitiés, s'il vous plaît, à la sœur Béatrix, à sa mère et à toutes mes chères filles. Je les exhorte toutes en général, et chacune en particulier, à travailler avec ardeur à se rendre bien parfaites : Dieu, qui les a choisies pour être les pierres vives et fondamentales de cet établissement, a de grands desseins sur elles ; il veut qu'elles servent d'exemple et de modèle à toutes les religieuses qui leur succéderont.

Quelle compassion n'ai-je point de votre pauvre communauté, à présent que Dieu vous a ôté les ressources que vous aviez 1 je ne comprends pas que vous puissiez vous en passer, surtout parce que vous n'avez point de santé, et que vous êtes par dessus cela accablée de fatigue et de travaux. Je me suis vue dans cette fâcheuse situation : ainsi j'ai l'expérience de ce qu'on souffre quand on fait plus qu'on ne peut. Qu'on ak de la santé, tout est facile; qu'on n'en ait point, tout est infiniment pénible. Je prie Dieu, ma révérende mère, de vous en donner une aussi complète que vous la désire

Votre servante, Thérèse de Jésus.

C'est aujourd'hui le 11 juillet 1577.

Mes compliments à tous mes bons amis.

lfurf. cm.

REMARQUE

Observons Je nouveau combien sainte Thérèse était opposée au\ caractères méian coliques: cette lettre en fait foi ; et l'on peut voir de plus la note que nous avons faite sur la lettre SI de ee volume.

A MONSIEUR LE LICENCIÉ GASPARD DE VILLENEUVE CONFESSEUR DES CAR- MÉLITES DÉCHAUSSÉES DE MALAGON.

La Sainte traite d'un schisme qui s'était formé dans une de ses communautés, fait éclater son zèle contre tes coupables, donne quelques avis, et congédie honnêtement leur confesseur.

1577. — La grâce du Saint-Esprit soit toujours avec vous, monsieur.

Vos lettres m'ont .donné une, peine extrême. Il faut avouer que j'ai eu bien peu de bonheur dans l'établissement du monastère de Malagon. le ne comprends pas quel sujet nos sœurs de celte maison peuvent avoir de se plaindre de la mère supérieure, ni quel mal elle leur a fait , pour se soulever contre elle, et pour en user de la manière dont vous dites qu'elles en usent. Il me paraît que ce que le père provincial leur a dit devrait les calmer, si elles avaient un peu de vertu ; mais elles font bien voir qu'elles n'en ont guère.

Je ne puis cependant, monsieur, ne vous point accuser de ce désordre; car vous avez tant de pouvoir sur leurs esprits, que si vous aviez fait ce que vous files lorsqu'il s'agissait de leur ôter leur prieure, la mère Briande de-Saint-Joseph, tous ces troubles seraient déjà apaisés. Le châtiment dont on punira leur révolte , c'est qu'elles ne reverront jamais cette mère, quand même Dieu lui donnerait de la santé, et qu'elles ne vous auront plus, monsieur, pour confesseur. Dieu use de cette sévérité envers ceux qui le servent si mal. Vous apprendrez aussi par celte conduite que je ne suis pas d'humeur à souffrir des religieuses opiniâtres, et qui ne cessent point de m'étourdir par des plaintes indiscrètes.

Faites-moi le plaisir de dire à la sœur N. que je suis fort fâchée contre elle , que je n'ai pas envie d'entendre ses discours, et que , s'il lui arrive jamais de s'opposer à la mère supérieure et à quoi que ce soit qui se fasse dans la maison, et que je vienne aie savoir, elle en sera sévèrement punie.

Enseignez-leur, monsieur, comme vous avez fait jusqu'ici , à s'unir à Dieu par un ardent amour, et à ne pas exciter entre elles des troubles et des divisions, si elles ont envie qu'on les laisse en repos Craignez, monsieur, qu'il n'y ait dans la maison quelque religieuse semblable à la sœur N. La vérité est que j'aimerais mille fois mieux qu'il y en eût plusieurs dans l'état pitoyable où nous l'avons vue, que de voir une seule de mes filles être désobéissante, ou' offenser Dieu le moins du monde. Je puis dire qu'il m'a donné par sa bonté une grande patience dans tout le reste; mais je n'en ai nulle lorsqu'on fait quelque chose qui lui déplaît tant soit peu.

lettre cm. 495

Il est sans difficulté qu'on peut faire communier la sœur N. après l'examen qu'on a fait de ses dispositions. Cependant qu'on la prive un mois entier de la sainte table, pour éprouver de quelle manière elle se conduira pendant ce délai. Je me soumets néanmoins, à cet égard, au sentiment de la mère prieure, et à ce qu'elle vous en a écrit. On a mal fait de ne vous avoir pas averti plus tôt de l'état où elle était; car ne le sachant pas, vous n'avez pu en user autrement que vous en avez usé.

Quant au curé, je crains, monsieur, le départ du père François, parce que le père provincial n'approuve pas plus que moi que nos sœurs se confessent toujours à un même confesseur. Je vous ai déjà marqué le déplaisir que j'ai qu'elles aient avec lui de si grandes communications ; je vais leur en écrire, car c'est une chose infiniment importante.

La mère prieure me parlant, il y a quelque temps, de certaines affaires, me témoigna, monsieur, que vous n'étiez pas content d'elle, et que vous la soupçonniez de n'agir pas envers vous avec assez de sincérité. Ce serait un grand mal qu'elle en manquât; je lui en écris donc, mais de manière qu'elle ne s'apercevra pas que d'autres m'en aient parlé, parce que ce sera à propos de quelques autres choses que je suis obligée de lui communiquer. 11 faut aussi , s'il vous plaît , que vous y contribuiez de votre part, et que vous en usiez envers elle avec liberté et franchise. Vous pouvez même lui faire de petits reproches de ce qui s'est passé au sujet de la sœur obsédée. Si donc nous ne nous efforçons, avec l'aide de Dieu, de découvrir les pièges que tend le démon, les choses iront de jour en jour de mal en pis , et il vous sera impossible a vousmême de soutenir cet état, et de conserver, au milieu de tant d'agitations et de troubles, la paix et la tranquillité du cœur.

Quelque déplaisir que j'aie que vous ne soyez plus leur confesseur, je ne laisse pas d'être persuadée que vous êtes plus obligé de procurer votre repos particulier que ma satisfaction. Mes compliments, je vous prie, à vos messieurs. On dit que quoique monseigneur le nonce soit mort, la commission de visiteur ne doit pas cesser : j'aurais eu bien du chagrin qu'il en fût autrement. Je prie Dieu, monsieur, de vous combler de ses saintes grâces.

Votre indigne servante, Thérèse de Jésus.

REMARQUES

Sainte Thérèse écrivit celte lettre à Tolède l'an 1577. On s'aperçoit aisément quille était fort mécontente et du confesseur des carmélites de Malagon, et de quelques religieuses de celle maison soulevées contre la supérieure qui les gouvernait en l'absence de leur prieure, la mère Briamle de-Saint-Joseph, envoyée a Tolède. Ce confesseur était très-vertueux ; mais sa trop grande facilité à écouler les plaintes des mécontcnles produisit le désordre que ce délaut produit toujours, je veux dire des divisions et des troubles.

La religieuse obsédée du démon, de laquelle notre Sainte parle ensuite , était dans ce triste élat avant qu'elle entrât aux carmélites; mais on ne s'en aperçut qu'après sa profession. Le trouble que cet événement causa dans la communauté lut grand, et Dieu l'avait révélé à sainte Thérèse avant qu'il arrivai , afin qu'elle se préservât des artifices de cet esprit de mensonge, qui cherche toujours à inquiéter les personnes qui s attachent le plus étroitement à Dieu.

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