‹ uvres tres-complètes de Sainte ThérèseChapitre 157 sur 201 · DEUXIÈME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME

La Sainte l'encourage aux souffrances ; la console sur l'état d'une sœur ; l'assure des bonnes intentions de leur fondatrice ; lui recommande un secret ; la clturge de quelques compliments; lui nonne un avis important sur les novices.

27 août 1582. — Jésus soit toujours avec votre révérence, ma chère lîlle, pour la combler de ses grâces; qu'il vous conserve aussi et vous donne la force de soutenir courageusement les divers travaux qu'il vous envoie. Ces travaux, ma chère mère, sont des gages de son amour et une marque sensible qu'il vous traite comme une âme avancée dans la

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perfection , et dont la vertu est à l'épreuve. Qu'il soit loué de tout.

Ma santé étant meilleure qu'à l'ordinaire , je ne crois pas être longtemps ici : je compte partir dès qu'un messager que j'attends sera arrive. Que j'ai de chagrin de m'éloigner si fort de vos chères filles, et de vous en particulier! Recommandez-moi bien à Notre-Seigneur, afin que je fasse un saint usage de ces privations.

Ne vous inquiétez pas de la sœur Catherine de-la-Mère-de-Dieu : ce n'est qu'une tentation qui passera bien vite. Ayez soin seulement de ne la laisser écrire à personne, si ce n'est à moi, ou à la mère Anne-de- Jésus.

L'arrivée du père recteur m'a causé bien de la joie; faites-lui bien des honnêtetés ; confessez-vous quelquefois à lui, et tâchez de l'engager à vous prêcher souvent. Mettez votre esprit en repos, ma chère fille, au sujet de madame Catherine de Tolosa votre fondatrice , et ne songez qu'à la consoler dans ses afflictions ; car malgré tout ce qu'elle dit , maintenant qu'elle est dans la peine , sûrement elle ne laissera pas d'en bien user envers vous.

Je suis très-obligée à monsieur Aguiard des bons offices qu'il me rend en toutes occasions , et je vous prie de vouloir bien l'en remercier de ma part. Je ne sais si je pourrai lui écrire ; je m'en ferais un vrai plaisir si mes occupations le permettaient, car je l'aime véritablement.

Ne dites, s'il vous plaît, à personne ce que vous savez de notre père. J^a mère sous-prieure, selon ce qu'elle m'a écrit, désirerait savoir où il est; ne le dites ni à elle, ni à nulle autre. Mandez-moi comment on traite la pauvre malade : béni soit Dieu de ce que vous avez une sœur capable de la secourir.

Assurez de mes respects le docteur dom Pedro Manso , et dites-lui , je vous prie , qu'il m'obligera beaucoup , accablée que je suis de croix et de travaux , de ne m'oublier pas devant le Seigneur. Je vous assure que quand je serais délivrée de la peine que j'ai de vous voir toutes si infirmes, je ne serais pas pour cela libre de souffrances.

Dès que j'aurai un moment de loisir, je l'emploierai à écrire à quelques-unes de vos filles. Je crois ne rester ici que jusqu'à la Nativité de la sainte Vierge : faites donc en sorte, s'il vous plaît, que les livres que j'attends soient rendus assez tôt à la mère prieure de Palence, pour qu'elle puisse me les envoyer à Valladolid où je suis. Plaise à Dieu de vous conserver, ma chère mère; je n'ai pas le loisir de vous en dire davantage; je vous recommande seulement "une chose très-importante , c'est de ne charger pas d'offices vos novices, que vous ne les connaissiez bien, et que vous n'ayez lieu de croire que les occupations extérieures ne feront aucun tort à leur avancement spirituel. Je suis, avec le plus, grand attachement, toute à vous,

Thérèse oe Jésus

C'est aujourd'hui le 27 août

CETTRE CLXX O.T^

REMARQUES

Sainte Thérèse écrivit, relie lettre à son arrivée à Valladolid, dix- iiuit jours seulement après la précédente, l'an 1582.

Le soin qu'elle avait de la santé de ses filles et de leur avancement dans la vertu, £St digne d'admiration : accablée d'une foule d'affaires, elle ne laisse pas de songer à tout, de s'informer des moindres choses, et de leur donner des avis importants à leur état et à leurs dispositions intérieures.

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