‹ uvres tres-complètes de Sainte ThérèseChapitre 186 sur 201 · GLOSE · texte numérisé non relu

GLOSE

Dieu s'unissant à moi par un heureux mélange, Fait sentir à mon cœur son amour pur et vif.

Je suis libre, il est mon captif, C'est lui qui sous mes lois de lui-même se range. Quoi, mon Dieu, mon captif! Al» ! le puis-je souffrir !

Dans ce renversement étrange , Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Oh! qu'il me reste encore une longue carrière! Que cet exil est dur qui m'arrête en ces lieux !

Que le séjour e>t ennuyeux Qui relient dans les fers mon àme prisonnière! Attendant que la mon vienne me secourir ,

Mais ignorant l'heure dernière , Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

La vie est à mon goût d'une amertume extrême : Est-ce vivre, Seigneur, que de vivre sans vou:>?

Si l'amour que je sens est doux , Le terme de l'ai tente , hélas ! n'est pas de même. Ce faix rude et pesant m'empêche de courir,

Et toujours loin de ce que j'aime , Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Je fonde sur la mort toute mon espérance. L'arrêt qui limita le compte de nos jours ,

Si tôt qu'il en tranche le cours, D'un meilleur avenir nous donne l'assurance. Mort , dont le coup propice exempte de périr,

llàle-toi pour ma délivrance. Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

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