‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 72 sur 115 · CI.ÉOVIUÎ · texte numérisé non relu

CI.ÉOVIUÎ

Seigneur, c'est donc à moi de répandre des larmes? C'est sur moi qu'est tombé tout le faix de vos armes ; Mon frère a vainement recherché votre appui; Et votre gloire, hélas ! n'est funeste qu'à lui. Que lui sert au tombeau l'amitié d'Alexandre? Sans le venger. Seigneur, l'y verrez-vous descendre ? Sonfirirez-vous qu'après l'avoir percé de coups, I. — Racine. i4

lS8 AX.BXAVDmB,

On en triomphe «tix yeux de sa somr et de tmu.

▲XIAVB.

Oui y Seignenr, écontec les pleurs de Cléofile. Je la plains. EUe a droit de regretter Taxile : Tous ses efforts en Tain Font vonln consorrer ; EUe en a ùàt un Uche , et ne l'a pn sauver.

Ce n*est point que Ponas ait attaqué son firère; Il s*est offert Ininnéme à sa juste colère.

Au milieu du combat que venait^U chercher?

Au courroux du tainqnenr Tenait-il l'arracher? Il Tenait accabler, dans son malheur extrême , Un roi que respectait la TÎctoire elle-même.

Mais pourquoi tous ôter un prétexte si beau?

Que Touka-Tous de plus? Taxile est au tombeau. Immolec4«i, Seigneur, cette grande TÎctime.

y engea-TOOs. Mais songez que j*ai part à son crime. Oui , oui , Porus , mon cœur n'aime point à demi; Alexandre le sait , Taxile en a gémi.

Vous seul TOUS l'ignoriez ; mais ma joie est extrême. De pouvoir, en nu>urant , tous le dire à Toa»)méin^

ronirs.

Alexsaidre, il est temps que tu «ois satisûiit. Tout ^sincu que j'étais , tu Tois ce que j'ai fait. Crains Porus; crains enoor cette. main désarmée. Qui Tonge sa définte au milieu d^e armée.

Mon nom peut soulever de nouveaux ennemis, £t réveiller cent rois dans leurs fers endonnis. Étouffe dans mon sang ees semences de g!Bert<e; Va vaincre en sûreté le reste de la tenre.

Aussi bien n^attends pas qu'un comr comme le mien Heoonnaisse un vainqueur» et te demande rien.

TRAGEDIE. l59

Parle, et sans espérer qae je blesse ma gloire , Voyous comme ta sais user de la victoire.

▲LBXUrDRB.

Votre fierté, Porus , ne se peut abaisser.

Jnsqa*au dernier soupir tous m'osez menacer.

En effet, ma victoire en doit être alarmée; Votre nom peut encor plus que toute une armée. Je m*en dois garantir. Parles donc , dites-moi. Comment prétendex-vous que je tous traite ?

Enrou

▲LEXAXDaS.

Hé bien, c*est donc en roi qn*il faut que je tous traite. Je ne laisserai point ma victoire imparfaite. Vous TaTet souhaité , tous ne tous plaindrez pas. Kégnez toujours , Porus , je tous rends tos états. Atcc mon amitié recéves Axiane.

A des liens si doux tous deux je Tons condamne. ViTcz , régnez tons deux; et , seuls de tant de rois, Jusques aux bords du Gange aUez donner tos lois.

{kCUofile.) Ce traitement, Madame, a droit de tous surprendre; Mais enfin c'est ainsi que se Tenge Alexandre. Je TOUS aime , et mon cœur, touché de tos soUpirs » Voudrait par mille morts Tenger tos déplaisirs. Mais Tous-mérae pourriez prendre pour une offense La mort d'un ennemi qui n'est plus en défense : Il en triompherait; et, braTant ma rigueur, Porus dans le tombeau descendrait en Tainqueur. Souffrez que, jusqu'au bout achcTant ma carrière»

l6o ALEXANDRE,

rapporte 4 vos beaux jeux ma verta toat entière. Laissez régner Porus couronné par mes mains , Et commandez vous-même au reste des humains.

Prenez les sentimens que ce rang vous inspire; Faites, dans sa naissance» admirer votre empire; Kt, regardant Téclat qui se répand sur vous, De la sœur de Taxile oubliez le courroux.

AXIAHB.

Oui, Madame, régnez, et souffrez que moi-même J*admire le grand cœur d'un héros qui vous aime. Aimez, et possédez l'avantage charmant De voir toute la terre adorer votre amant.

PORUS

Seigneur, jusqu'à ce jour l'univers en alarmes Me forçait d'admirer le bonheur de vos armes. Mais rien ne me forçait, en ce commun efiEroi, De reconnaître en vous plus de vertu qu'en moi; Je me rends ; je vous cède une pleine victoire. Vos vertus, je l'avoue, égalent votre gloire. Allés , Seigneur, rangez l'univers sous vos lois; Il me verra moi-même appuyer vos exploits.

Je vous suis , et je crois devoir tout entreprendre Pour lui donner un maître aussi grand qu'Alexandre.

CLéOFILS.

Seigneur, que vous peut dire un cœur triste , abattu ? Je ne murmure point contre votre vertu.

Vous rendez à Porus la vie et la couronne.

Je veux croire qu'ainsi votre gloire l'ordonne ; Mais ne me pressez point. En l'état où je snis« Je ne puis que me taire et pleurer mes ennuis.

TRAGÉDIE. l6l

▲LEXAITDRS.

Oui» Madame, pleurons im ami si fidèle; Faisons , en soupirant, éclater notre zèle; Et qa*nn tombean superbe instruise TaTenir Et de Totre donlenr et de mon sonvenir.

Fnf.

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