‹ Vaccination antidiphérique: Essai d'immunisation en un temps à l'aide d'anatoxine activée par l'hydrate d'alumineChapitre 21 sur 27 · II. — RÉSULTATS DES VACCINATIONS CONTROLÉES PAR LA RÉACTION DE SCHICK · texte numérisé non relu

II. — RÉSULTATS DES VACCINATIONS CONTROLÉES PAR LA RÉACTION DE SCHICK

Nous avons déjà exposé ce qu'avaient été nos contrôles de vaccination par ce critère facile et suffisamment précis : la réaction de Schick.

Rappelons rapidement que tout « virage » d’une réaction positive devenant négative suppose chez le sujet au moins 1/30me d'unité antitoxique par em° dans son sérum.

En règle générale, nos contrôles ont été faits six semaines après la vaccination : douze seulement ont été précoces, entre 15 jours et un mois.

Bien que nous ayons pratiqué 241 vaccinations, nos résultats ne portent que sur 207 épreuves. Neuf de nos vaccinés n'avaient pas subi, pour des raisons diverses, la réaction de Schick préalable, 25 ont échappé au contrôle définitif. |

Nous avons obtenu, au total, 190 réactions négatives sur 207, soit 91,7 pour 100. Ces résultats doivent pourtant être analysés et considérés d’après l’âge des sujets.

Nous les résumons dans le tableau X, p. 77.

C'est, chez les adultes, que nous notons la proportion la moins élevée de vaccinés négatifs : (82,06 pour 100). Tandis que chez les enfants nous avons une seule réaction restée posilive sur 133 vaccinés, chez les adultes nous trouvons 11 réactions positives sur 69. Le pourcentage total est donc fortement influencé par le moindre pourcentage de suecès chez les adultes. Si l’on recherche la cause de cette différence, on peut penser que l’orga-

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nisme, passée l’enfance (1), réduit sa production d’antitoxine et demande un stimulant antigénique plus puissant. On pourrait aussi penser qu’il y a simple ralentissement dans la formation d’antitoxine : des sujets au seuil de l’immunité au bout de six semaines, pourraient, lors d’un second contrôle, trois mois plus tard, s'avérer fortement immunisés.

.En nous appuyant sur les résultats de nombreux auteurs (HAVENS, GRAHAM, WELLS, FARAGO) nous avons toutes raisons de penser que le nombre de nos sujets immunisés sera dans un mois plus élevé qu'il ne l’est actuellement. l

Comme trois des sujets restés positifs étaient des infirmières qui devaient être immunisées sans retard, nous leur avons fait une seconde injection, qui n'a pas eu de peine à négativer une nouvelle réaction de Schick. Mais notre curiosité eût été plus satisfaite par un contrôle tardif (cinq à six mois) ; nous approcherions, sans doute du taux global de Sordelli, 93 pour 100 au lieu de 91,7 pour 100 que nous avons atteint.

Aussi bien, parmi les enfants de sept à quinze ans, un seul est resté positif : un petit garçon de huit ans. Mais, tandis que sa réaction préalable était fortement positive, elle se trouvait très atténuée au contrôle : il y avait donc un acheminement vers l’immunité. Encore devons-nous ajouter que cet enfant fait partie d’un groupe sur lequel nous avons recherché la rapidité d’immunisation : la vaccination faite le 24 mai a été précocement contrôlée le 14 juin. Il n’est pas sûr qu'à un nouveau contrôle cet enfant ne soit pas devenu négatif.

Au total, les vaccinés vrais de cette catégorie sont très nombreux (96,07 pour 100). Nous nous demandons si

(1) Signalons le cas particulier du nourrisson qui, comme l'ont montré

plusieurs auteurs et plus récemment Mme Jakobkiewiez ne produit que dificilement des antitoxines,

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quelques-uns de ces enfants (7-15 ans), bien que n'ayant ni souvenir précis, ni certificat de vaccination, bien que présentant une réaction prévaccinale positive, n'avaient pas reçu déjà au moins une injection d’anatoxine de Ramon — qui leur eût conféré déjà un début d’immunité. Simple hypothèse, d’ailleurs, uniquement suscitée par le pourcentage élevé des vaccinés et par leur âge.

Nos tout jeunes vaccinés (de 1 à 8 ans), apportent un argument plus démonsiratif en faveur de l’immunisation en un temps. Si, en effet, dans ce groupe (tableau XI, p. 80) nous avions établi le pourcentage en fonction des réacnous avions établi le pourcentage en fonction des réactions restées positives (0), nous aurions atteint 100 pour 100 d’immunisés. Mais, il faut tenir compte de 3 réactions douteuses que, par scrupule, nous classons comme positives : de ce fait, le taux d’immunité est ramené à 96 pour 100. {

A côté du nombre des immunisés (96,55 pour 100), il est légitime de prendre en considération celui des non immunisés (0). De ce nouveau point de vue, le résultat de la vaccination s’exprimerait par 100 pour 100 de succès. Pour obtenir la valeur exacte de la méthode, c’est le moyen terme qu'il faut adopter san au soit 98,2

pour 100 de succès.

On est donc conduit à affirmer que, chez l'enfant, la vaccination en un temps par l’anatoxine activée de Sor- DELLI délermine l’apparition de l’immunité dans une proportion d’au moins 96 pour 100 — surtout si l’on admet, non sans invraisemblance, que les enfants à la limite de la négativité auraient, avec le temps, parfait leur immunité. Immuni(é précaire, peut-être, dont la solidité et la durée peuvent être mises en doute, immunité pourtant.

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Si nous bloquons, enfin, les enfants de 1 à 7 ans et ceux de 7 à 15 ans, nous constatons que le taux de leur immunité globale est de 96,3 pour 100, taux qui dépasse largement celui des adultes (82,06 pour 100).

Nous pourrons donc conclure, chez les enfants de tous âges, au succès complet de la vaccination antidiphtérique en un lemps, par le vaccin de SoRDELLI, landis que nous resterons plus réservés en ce qui concerne les adultes.

Ces résultats, que nous n’attendions pas sans une vive curiosité, ne marquent, d’ailleurs, pas le terme de notre essai. Nous nous proposons de l’élargir, de le prolonger, de le compléter, car nous ne voulons. pas laisser à d’autres le soin de nous indiquer les lacunes qu'il présente, en particulier en ce qui concerne la durée de l’immunité. Nos résultats ne sont, en effet, valables que pour les quelques semaines qui ont suivi la vaccination. Qu'adviendra-t-il de cette immunité après plusieurs mois ? Sera-t-elle aussi tenace que celle qu'engendre la vaccination : classique en deux injections ou, au contraire, justifiant une fois de plus l’adage «le temps ne respecte rien de ce que l’on fait sans lui», ne s’évanouira-t-elle pas aussi rapidement et aussi facilement quelle est apparue, dans les humeurs des vaccinés ?

C’est pourquoi, avant d'adopter une opinion autorisée sur ce problème, nous nous réservons de multiplier ultérieurement nos essais de vaccination et surtout d'en apprécier les effets et la durée pendant au moins une année,

En nous appuyant sur les nombreux travaux que nous avons résumés, et sur notre expérience personnelle — pour si restreinte qu'elle soit —, nous pouvons essayer maintenant de nous faire une opinion sur l'intérêt théorique et la valeur pratique de l’immunisalion en un temps par un vaccin activé.

Depuis que GLENNY a démontré cette action lente et

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