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Ramon. On a obtenu de telles préparations (RAMoN) en substituant, au classique bouillon Martin, un bouillon additionné de glycose et d’acétate de sodium, ce dernier avant pour effet de «tamponner » les variations d’acidité ques au développement du bacille de LOEFFLER. |
Grâce à cette technique, on obtient couramment des anatoxines titrant plus de trente unités antigéniques alors que les premiers essais de RAMON avaient été exécutés avec des anatoxines de valeur très inférieure (10 à 12 unités par cmi).
La valeur antigénique de la toxine n’est pas tout. Une autre propriété entre en jeu, que l’on pourrait appeler sa valeur «réactogène ». La découverte en est encore due à G. RAMoON.
Cette valeur « réactogène » est son aptitude à déterminer dans l’organisme une sécrétion abondante d'anticorps — en l'espèce, d’antitoxines.
On avait remarqué, dans les instituts qui préparent le sérum antidiphtérique, que les chevaux porteurs d'un abcès au lieu d'injection de la toxine donnent un sérum beaucoup plus riche en antitoxine.
Partant de cette observation, G. RAMON a systématiquer ment cherché à produire des abcès aseptiques au cours de l’immunisation des chevaux en incorporant à la toxine injectée une substance irritante et lentement résorbable, telle que l’aleurone ou le tapioca.
Il est probable que le foyer inflammatoire ainsi créé, en ralentissant la vitesse de résorption de l’antigène, rend l'organisme plus apte à réagir à son action et à élaborer les anticorps spécifiques.
Plus tard, RAMoN a substitué au tapioca, trop irritant, un précipité de phosphate de Ca — obtenu facilement en ajoutant une solution stérile de Ca CI? à l’anatoxine, au moment de linjection. Le phosphate colloïidal qui prend
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naissance passe facilement au travers des aïguilles. Il est, en outre, parfaitement toléré.
Ainsi, une même anatoxine, suivant qu’elle est utilisée pure ou qu'elle est additionnée de phosphate de Ca, suscite dans l’organisme une réaction différente en intensité. Dans le second cas, elle provoque une réaction plus puissante, témoignant d'un pouvoir réactogène infiniment plus accusé.
On trouvera (tableau I, p. 18) des chiffres inédits que le service de sérothérapie de l’Institut Bouisson-Bertrand a bien voulu nous communiquer . |
Comme on le voit, à partir du moment où la technique de RAMON a été adoptée, le nombre des unités antitoxiques dans le sang des chevaux soumis à l’immunisation s’est rapidement élevé : il a triplé et même quadruplé, pour atteindre un taux constant de 1.000 à 1.200 unités, qui n'était qu’exceptionnellement observé avant cette modification de l’antigène.
Il était naturel de transposer cette technique d’immunisation des chevaux dans le domaine de la vaccination humaine. C’est ce qu'ont fait, les premiers, Ramon et NÉLiIS. Leurs essais indiquèrent un pourcentage d’immunisés important : 98 pour 100 au lieu de 92 pour 100 obtenus avec l’anatoxine pure. La méthode n’en fut pas moins abandonnée en raison des fortes réactions qu'elle entraînait, les auteurs craignant de déconsidérer, à ses débuts, la vaccination antidiphtérique. Aussi bien, la vaccination en deux ou trois temps ne réclame pas l’adjonction de ces substances réactogènes.
Par contre, les expérimentateurs qui se sont efforcés de simplifier la vaccination en la ramenant à l'injection d’une seule dose d’anatoxine ont eu, naturellement, leur attention attirée par cet artifice qui permet à l'organisme
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d'élaborer une quantité considérable d'anticorps protecteurs.
Tout essai de vaccination en un temps suppose donc l'emploi d’une toxine antigène el réactogène à un haut degré.
Plusieurs méthodes (1) permettent de l'obtenir. Outre l'emploi, déjà mentionné, du Ca CE, nous signalerons brièvement des essais d'activation par Fe CI? (FarAGo, 1935) et par le sulfate d'alumine (Kossariorr et SeipEL, 1932). Si leurs résultats ont prouvé l'intérêt de l’adjonction de ces substances, l'emploi de celles-ci n’en reste pas moins exceptionnel.
Les procédés les plus minutieusement étudiés sont : la précipitation par l’alun de potasse AL2K2?2 (SO#)4 proposée par GLENNY et Pope et l’adsorption sur l’hydrate d'alumine AL (OH); indiquée par SCHMIDT et JENSEN
Les anatoxines traitées par cet agent chimique sont purifiées et concentrées. En effet, si l’on arrive, sans la la dénaturer, à précipiter une anaätoxine du bouillon où elle a pris naissance, et à la remettre ensuite en solution dans un nouvel excipient de faible volume, il est évident qu'on laura séparée de toute les impuretés qui laccompagnent, en même temps qu'on l’aura fortement concentrée.
D'autre part, le précipité (alun-anatoxine) ou l’adsorbat (alumine-anatoxine) constitue une substance étrangère, insoluble, lentement résorbable, qui, comme le phosphate de chaux des premiers essais de RAMON, active chimiquement la propriété réactogène de la préparation.
(4) Nous laissons de côté les nombreuses méthodes qui ont été mises en œuvre depuis Roux et Yersn pour concentrer et purifier les toxinee et les anatoxines (concentralion : LooniN et HANDELMANN ; utrafiltration MAYyZNER et SPARROW (1932), électrodialyse : GLENMy et WALPOLE (4915), traitement pal les acides (Scamipr), acétone à froid,ete.. Les préparations ainsi obtenues n'ont servi qu'à des recherches purement scientifiques et doctrinales.
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Anatoxine précipitée par l’alun de potasse.
GLENNY et ses collaborateurs, Pope, WADDIGTON, WAL- LACE (1926) se sont servis les premiers d’alun de potasse pour purifier l’anatoxine par précipitation. Le précipité formé contient tout le principe antigène de l’anatoxine. C'est là le point de départ des préparations actuellement utilisées dans divers pays pour la vaccination en un temps.
La grande valeur immunisante de cette toxine alunée est mise en lumière par les expériences de GLENNY et WaADDIGToN. En voici un exemple
On vaccine deux séries de cobayes, l’une avec de l’anatoxine non précipitée, l’autre avec de l’anatoxine activée par l’alun. On contrôle l’une de ces immunisations par la réaction de Scick, l’autre par le dosage de l’anatoxine dans le sérum des animaux.
1° Contrôle par réaclion de Schick. — a) 38 cobayes reçoivent une injection de 1 cm? d’anatoxine classique.
Sept semaines plus tard, 8 seulement de ces cobayes présentent une réaction de SCHICK négative.
b) 41 autres cobayes reçoivent 1 cm d’anatoxine précipitée par l’alun. Ù
Deux semaines seulement après linjection, 29 de ces animaux ont déjà une intradermo-réaction négative.
20 Contrôle par dosage de l'antitoxine dans le sérum. — a) sur 53 cobayes ayant reçu 1 cm? d’anatoxine ordinaire, une majorité, six semaines après la vaccination, possède un titre antitoxique variant de 0,02 à 0,5 unité.
b) Toujours six semaines après vaccination par 1 cmÿ d'’anatoxine alunée, sur 23 cobayes, 13 ont de 1 à 7 unités antitoxiques dans leur sérum.
LÉONARD et HoLm rapportent à leur tour une expérience
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similaire (1932). Les cobayes d’un premier groupe reçoivent 1 cm° d’analoxine précipitée ; ceux d’un autre groupe reçoivent 1 em° d’anatoxine classique. La première série de cobayes acquiert une résistance à l’égard de 200, 300 Dim de toxine. Ceux de la deuxième série se montrent relativement résistants à 10-20 Dim.
Forts de leurs résultats, GLENNY et Bar, dès 1931, pouvaient écrire que «l’une des meilleures préparations pour l’immunisation contre la diphtérie est, sans contredit, l’anatoxine précipitée par l’alun ».
GLENNY poursuivit avec LLEVELLYN-SMITH de nouvelles recherches : elles devaient servir de base à WELLS et HAvENS pour la préparation d'un vaccin qui s’est largement répandu depuis aux Etats-Unis. On obtient la précipitation complète de l’anatoxine par addition de 1 à 25 pour 100 d’alun ; le précipité lavé est repris par une solution saline. On réduit ainsi de 15 à 20 pour 100 la teneur en azote. La valeur antigène de ce vaccin est telle que l'injection de 1 Lf au cobaye le protège contre 5 Dlm et l'injection de 5 Lf contre 450 Dim.
SAUNDERS insiste à son tour sur les avantages de l’anatoxine alunée et sur la rapidité d'immunisation, très précieuse en temps d’épidémie.
Dans les mains de GrAHAM et MURPHREE (1933), des cobayes traités par 1 em d’analoxine précipitée à 2 pour 100 résistent à 450 Dlm de toxine. Le titre antitoxique de leur sérum augmente dans les trois mois qui suivent l’injection.
BAxER et Griz (1934) précipitent l’anatoxine par 2 pour 100 d’alun : ie précipité lavé et dilué dans une solution physiologique devient, à leur sens, un antigène très actif.
Dans le même temps, en Russie, en Hongrie, d’autres auteurs étudient l’anatoxine précipitée du point de vue expérimental et pratique.
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MELNIK et PALANT, de l’Institut Metchnikoff, de Moscou, établissent (1933), comme KossarioFr et SEIDEL, que des cobayes injectés avec 1 cm? d’anatoxine précipitée résistent à 500-700 Dim de toxine.
Les mêmes auteurs (1934) préparent une anatoxine à laquelle ils ajoutent 0,5 à 0,75 pour 100 d’alun de potasse en solution à 10 pour 100 stérélisée. La proportion par la suite s'élève à 1,5 pour 100. Cette minime quantité d’alun détermine un précipité floconneux qui, séparé de la partie fluide du mélange, est ensuite ramené à son volume initial par addition de sérum physiologique. 1 em° d’un tel antigène (15 Lf) rend le cobaye résistant à plus de 500 Dim dès le dix-neuvième jour.
FARAGO (1935) utilisant le précipité d’anatoxine par l’alun à 3 pour 100 — remis en suspension dans l’eau salée à la concentration de 20 Lf par em? — constate qu'après une seule injection, les cobayes résistent, 6 mois plus tard, à 100, 300 et même 500 Dim et qu'après 6 mois leur sérum contient encore 2 unités antitoxiques.
De même, dans les expériences de NEMSHILOVA et SHA- ROVSKAYA (Institut de microbiologie de Kazan, 1935) les cobayes immunisés avec une dose unique d’anatoxine alunée survivent à 1000 Dlm, 10 mois après l'injection. Au contraire, ceux qui ont reçu une dose égale d’anatoxine non précipitée succombent à 100 Dim 1 mois plus tard.
De leur côté, IsABoLINSKY et YUDENITCH (1935) s’attachent à la détermination du pouvoir immunisant des anatoxines précipitées (anatoxine alunée à 2 pour 100). Après une injection de cet antigène, les cobayes deviennent résistants à l'égard de fortes doses de loxine diphtérique (200 — 700 Dim) et leur sérum contient au moins 1 unité antitoxique par cm, C’est à la fin du deuxième mois que l’immunité ainsi acquise alleint son maximum. Les témoins qui ont reçu 1 em d’anatoxine brute titrant 30 Lf ne résistent pas à 30 Dlm, 2 mois après l'injection
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Bientôt, au lieu de s’en tenir aux seuls cobayes, les expérimentateurs font leurs essais d’anatoxine sur des lapins et des marmottes sibériennes. Ils les trouvent résistants à plusieurs centaines de Dim: résistance, qui atteint son maximum dans le troisième mois suivant l'injection.
SMIRNOFF €t BRowxN (1935) observent que ces marmottes traitées par 1 cm? d’anatoxine alunée à 1,5 pour 100 résistent à 500 Dlm, tandis que trois injections d’anatoxine ordinaire ne les préservent pas contre 100 Dim.
Telles sont les larges données expérimentales publiées dans ces dernières années : à quelques exceptions près, toutes attestent la haute valeur antigène de l’anatoxine précipitée par l’alun.
Dose optima d'alun. — Il est un point, cependant, qui mérite d'être précisé : l’accord n’est pas fait sur la dose optima. d’alun qu'il convient d'ajouter à l’anatoxine pour élever au maximum sa valeur antigène, tout en lui conservant une innocuité absolue.
Nous verrons en effet, par la suite, que les réactions vaccinales dépendent, pour une grande part, de la proportion d’alun jointe aux préparations. D'autre part, le pouvoir immunisant d’une anatoxine précipitée est peut-être fonction du pourcentage d’alun, comme tendraient à le faire supposer les observations suivantes de MELNIK, PALANT et KRASSNOFF :
1° Un cobaye est traité avec une seule dose d’anatoxine üitrant 11 Lf et contenant 0,75 pour 100 d’alun.
Trois semaines plus tard, il ne résiste qu'à 100 Dim et son sérum titre 8 cm° d'unité antitoxique.
20 Des cobayes vaccinés en un temps avec une anatoxine précipitée par 1 pour 100 et 1,5 pour 100 d’alun, supportent sans péine 500 Dim. Leur titre antitoxique atteint 1 unité.
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30 D’autres cobayes, enfin vaccinés avec la même anatoxine, mais précipitée par 2 pour 100 d’alun, résistent sans le moindre dommage à 500 et 1000 Dim en trois semaines. | |
Dans le même ordre d'idées, une question d'intérêt toute théorique, a cependant préoccupé les auteurs : une dose croissante d’alun pourrait-elle rendre utilisable une anatoxine douée d’une faible valeur antigène ?
Le tableau IL, p. 25, emprunté à MELNIK, BRONISLAVA, PALANT, KRASNOFF, fixe les idées sur ce point .
En définitive, avec SAUNDERS (1933), PARK et HARRISON (1935), on doit conclure que la quantité d’alun doit être faible (1 à 2 pour 100). À un taux inférieur, elle ne réaliserait pas l’adsorption totale de l’antigène (GLENNY, BARR, Havexs, WaLkEr, Mac GINNEs, William Park). À un taux supérieur, elle provoquerait une redissolution du précipité (PALANT) ou une oxydation de la préparation avec perte importante d’antigène, et provoquerait en outre des réactions intenses.
Analoxine adsorbée par l’hydrate d’alumine.
Une place de choix doit être réservée, à côté de l’alun de potasse, à l’hydrate d’alumine AL (OH) activant antigénique aussi utilisé que l’alun de potasse. ;
C'est aux auteurs danois ScHmipr et JENSEN (1931) que revient l'initiative de cette nouvelle méthode de purification. Elle est basée sur les recherches de WILLSTAETTER (1922-28) concernant la purification des diastases, par adsorption sur divers hydrates d'alumine, ceux, en particulier, du type y de la série C.
Lorsque l’anatoxine diphtérique est mise en présence d'hydrate d’alumine colloïdal, il se produit une adsorption
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