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mars 1919) : « Nous avons reliré des elfets utiles de «l'emploi. de la méthode Besredka, parfois dans « l’urétrite chronique, plus souvent au cours ‘de l'uré- « rite aiguë. L'influence bienfaisante de l'injection « semble s'exercer principalement sur la douleur qui « tient une place importante dans la symptomatologie « de la blennorragie car les malades s’en inquiètent « parfois plus que de l'écoulement lui-même. Les phé- « nomènes inflammatoires sont aussi favorablement et « rapidement influencés chez la plupart des malades. « Souvent, nous avons constalé dès les premières piqû- «res une diminution nolable de l'écoulement mais c’est « d'ordinaire le symptôme sur lequel le vaccin semble « avoir le moins d'effet. Rapidement sa consistance et « sa couleur se modifient, mais parfois 1l persiste très « longtemps à l’état de léger suintement ; le vaccin ne « réussit pas toujours à la supprimer totalement ».
Ainsi l'action plus nelle serait l'influence de la vaccinalion sur les phénomènes inflammatoires et douloureux mais quant à l’action curative il fau t reconnaître qu'elle ne semble pas très conslante. | ;
Le Moignic, Sezary et Demonchy paraissent avoir été un peu plus heureux. Encore une fois l’action du lipovaccin se manifesterait surtout par la sédation de la douleur qui survient souvent quelques heures après la première injection. L’écoulement subit parfois une recrudescence passagère. L'évolution serait raccourcie. Ces auteurs ont parfois observé au cours du traitement de
l'urétrite aiguë des complications, rarement il est vrai,
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en particulier la prostatite et l'orchite, faits qui s'expliquent aisément, disent-ils, si l'on tient compte du mode d'action des vaccins quiest nécessairement lent el progressif. Du resle ils considèrent qu'il est nécessaire de joindre un traitement local aux injections de vaccin. Celle associalion constituerait pour eux un élément nécessaire du succès.
De l'ensemble des travaux concernant les vaccins chauftés il semble résuller que ceux-ci n'agissent que ‘une façon très peu appréciable sur les urétrites. Nous avons expérimenté ces derniers temps, dans encore peu de casilest vrai, le vaccin du professeur Brüschetlini dont on trouvera plus loin des observations inédites ayant {rait à des urétrites traitées exclusivement par cette méthode. On verra que les résullats en furent à peu près nuls. Il en est de même dans nos observalions realives au vaccin de l'institut Pasteur de Paris.
En somme de tous les travaux concernant le (raitement de l’urétrile, aiguë ou chronique non compliquée, par la vaccinothérapie, il apparaît que l'action curalive de celle méthode est à peu près nulle el que celle-ci semble avoir une aclion favorable sur les phénomènes
inflammatoires et douloureux seulement.
Complications. — C'est au cours des complications de la blennorragie que vraiment se manifeste l’action utile de la vaccinothérapie. Encore faut-il distinguer nous semble-t-il, entre les complicalions diles de pro-
pagalion telles que proslalites, orchi-épididymites el
complications gynecologiques et ce que l'on a pu appeler la pyohémie gonococcique dont la principale manifestation est le rhumatisme blennorragique.
Dans les premières il semble bien que les résultals donnés par les différents auteurs soient contradictoires et assez peu nets. Mauté a nié l'efficacité du vaccin de Wright dans ses complications par propagation et particulièrement dans l’orchi-épididymite. Nicolle et Blaizot, Remlinger, Livon, Augagneur rapportent une trentaine de cas d’orchiles et de cystites aiguës par le vaccin fluoré: Cependant lous les auteurs ne sont pas d'accord pour reconnaîlre celle efficacité.
En Belgique, Wiener, Dehengel, Louis Dubois, etc. ont expérimenté ce vaccin avec des résultals nuls pour la prostalite et médiocres pour l’orchite. Le professeur Pierre Delbet l'a essayé dans trois cas d’orchi-épididymite et obtint des résultats négalifs ainsi que le docteur Blumenthal dans deux cas. Le professeur Legueu l’a employé dans des épididymites des prostatites et arrive à des conclusions négatives. Lepage traila une bartholinite double et assista cependant à la suppuration, Sauvage a eu un insuccès absolu dans un cas de vulvovaginile avec péritonile secondaire chez une pelite fille ; en raison de l’aggravation on dut recourir à la laparatomie el on trouva du pus à gonocoques. Legendre, dans sa thèse, rapporte 10 vbservalions d’épididymites traitées par ce vaccin. L'action analgésique a commencé à se montrer dans quatre de ces cas après la première injection, dans’ cinq autres celle action s'est manifestée
ob
après la deuxième injeclion. La durée de la maladie a varié de 11 à 17 jours. Le professeur Legueu a exposé quelques résultats heureux acquis avec le vaccin de Sézary dans son service à l'hôpital Necker dans des complicalions par propagation, cependant deux épididymiles n'auraient guéri qu'après plus d’un mois de traitement. : |
En ce qui concerne l’épididymite particulièrement à lire beaucoup d'observalions favorables rapportées par les auteurs, on peut se demander si élant donné lévolution habituelle de cette complication elle n'aurait pas guéri aussi vite si on avait appliqué le seul traitement
antiphlogistique habituel.
Rhumatisme. — Il n'est pas douteux que c'est. dans le rhumatisme blennorragique, quelle qu'en soit la forme, que la vaccinolhérapie donne les résultats les plus remarquables et les plus encourageants pour le médecin. Mauté qui éludia si minutieusement le vacein Wright, en France, a lraité quatorze arthrites graves. Il rapporte que les douleurs, alroces jusque-là, diminuaient la nuit suivante au point de permettre de légers mouvements. La fièvre Llombail rapidement, l’épanche- ment regressait et 11 était possible de commencer le massage el la mobilisation au bout de sept à huit jours. En 1909, lé professeur Dieulafoy présente à l’Académie de Médecine deux observations de septicémie gonococcique avec localisations arliculaires, traitées par le vac-
ein de Wright dans lesquelles les résultats sont entiè-
'ement intéressants. À la même époque Mainini dans le service du professeur Widal note une aclion analgé- .sique {rès prononcée de son vaccin chauffé.
Florand et Malleterre signalent (Soc. Méd. des Hôp, 3 juillet 1914) l'heureuse action de la vaccinothérapie dans le rhumatisme blennorragique. L'un d'eux rapporle dans sa thèse une observalion très démonstrative recueillie dans le service de M. le professeur Chauffard de l'efficacité du vaccin de Wright dans un cas d’artrite gonococcique suppurée très sévère. Dans les formes si fréquentes de rhumatisme aigu et subaigu mono et pluriarliculaire de aombreux résultats favorables sont rapportés par Schmidt, Harrisson el Harold, Satterlée, Eyre et Stewart Ristov, Mac Oscar, etc.
Nicolle et Blaizot ont rapporté de nombreuses observalions heureuses de traitement des différentes formes de rhumatisme blennorragique {raité par leur vaccin fluoré, en huit injections au plus. Remlinger et Siredey en auraient éprouvé les bons effets dans des cas de rhumalisme polyarliculaire ou d'arthrite du genou avec lalalgie, Legendre (Thèse Alger 1914) rapporte 13 observalions de différentes formes de rhumatismes blennorragique lraités par le vaccin de Nicolle. Dans ce nombre il note cinq résultats favorables indiscutables, cinq amélivralions intéressantes el trois échecs. Poissonier (Soc. Med, d'Amiens) rapporte deux cas d’arthrites améliorées rapidement et guéries complètement après quelques injeclions. Roulland a pu éviler une intervention chirurgi-
cale dans un cas d’arthrite aiguë du poignet, en obte-
nant-une guérison complète après 6 injections le même vaccin donnant des résultats nuls dans un cas de vulvovaginite. Noguès expérimentant dans de nombreux cas le vaccin de Nicolle, a pu constater parmi tout un ensemble de faits négatifs des guérisons non douteuses. «Il n'en faut pas davantage, dit-il, pour affirmer que le vaccin n’est plus inactif ». Cependant il constate son inconstance. Bar et Lequeux (Soc. de gynec. de Paris, avril 1914) ont de bons résultats. Cependant le Professeur Legueu n'obtient pas de bons résultats dans son service.
Cruveilhier, avec les vaccins sensibihisés a traité un grand nombre de cas de rhumatisme et voici comment il s'exprime : « Nous nous sommes parliculièrement atta- « chés au traitement parles virus vaccins sensibilisés « du rhumatisme blennorragique qui est loin d'être «une complication rare de la blennorragie puisque « d’après les statisques de Grisolles, Besnier et Jullien «il se rencontrerait au cours de cette affection à peu près
«dans 2 ou3 o/o des cas. Dans la forme arthralgi-
«que l'action des virus vaccins a été particulièrement
«rapide. Chez nos malades atteints de formes à hydar- « trose, nous avons oblenu dans un laps de temps très « court la diminution, puis la disparition en premier «lieu de la douleur et ensuite de la tuméfaction des « articulations dont les mouvements devenaientnormaux « après trois ou quatre injections, du cours de rhuma- « tisme à forme pluri-articulaire aiguë, nos résultats on
« été particulièrement heureux et démonstratifs. Au prix
Ho
« d’un grand nombre d'injections, quinze et plus par- « fois, nous avons obtenu des succès inespérés dans des « cas de rhumatisme blennorragique chronique, compli- « cation si rebelle à loule thérapeutique qu’on a pu dire «que son véritable traitement consiste à guérir les ar- « thrites gonococciques pendant léur phase aiguë avant « «le les laisser passer à la chronicite. »
Le Professeur Legueu oblient avec ce vaccin de bons résultats. Florand et Malleterre (soc. méd. des hôp., juillet 1914), Dopter et Pauron (soc. méd. des hôp.) ont observé une aclion favorable dans le rhumalisme blennorragique.
Dans quelques cas « d’arthropathies gonococciques » Sezary-Lemoignic et Demonchy auraient avec leur lipovaccin conslalé une action manifeste.
Edmond Jacob dans thèse rapporte un grand nombre d’ohservalions de rhumatismes blennorragiques dans lesquelles l’entéro-vaccin aurait eu des effets
utiles.
Stephen Chauvet est d’avis qu'on obtient les meilleurs résullats par la vaccinothérapie dans le cas d’hydarthrose avec gros épanchement.
En somme, la grande majorilé des auteurs est d'accord pour affirmer l'utilité de la vaccinothérapie dans les complications articulaires de la blennorragie.
Ainsi, si dans l’urétrite les résultats acquis paraissent bien peu intéressants il apparaît nettement que c'est dans cerlaines complications, surtout et plus par-
Üculièrement dans le rhumatisme blennorragique quelle
qu'en soit la forme que la vaccinolhérapie antigonococcique donne des résultats plus nets et les moins douteux. Fort de cette expérience il semble que le médecin aitnon seulement le droit mais le devoir d'appliquer une méthode susceptible d'améliorer une complication de la blennorragie particulièrement pénible et doulou-
reuse.
Conclusions. — Certes, comme le dit le professeur Legueu, «la vaccinothérapie n'a pas résolu de façon « surprenantele traitement de l'infection blennorragique» et avec le docteur Cruveilhier nous pensons : «il faut se « garder de lrop lui demander, ni surlout d'en atlendre « des résultats immédiats et constants. Toutefois 1l nous « semble résulter des conslatalions faites jusqu’à ce jour « tant en France qu'à l’étranger, chez un nombre consi- « dérable de malades qu'il est incontestable que cette « méthode cst susceplible d’exercer une influence « favorable. Sur l'évolution de l'infection blennoragi- «que et particulièrement de ses complications. Il ne «convient pas d’insister outre mesure sur les insuc- ‘«cès de la vaccinothérapie anligonococcique et de
« conclure de ceux-ci au sujet de la méthode. Il ne
«faut pas non plus passer sous silence les échecs.» Nous croyons devoir rappeler ici le principe même, de la va ecinothérapie, qui esl basée sur cette hypothèse que l’agent pathogène inoculé, une fois tué, à l'organisme qu'il a infecté, y provoque la formation
d'anticorps dont l'action, s’addilionnant à celle des an-
- licorps déjà produits, doit favoriser la guérison rapide et complète.
Il importe donc de remarquer que dans son principe même il ne s’agit que d'une méthode adjuvante sollicitant les moyens de défense de l'organisme. On voit donc combien elle se trouve différente des médications qui ont pour but de s'attaquer directement à l'agent pathogène et qui donc théoriquement peuvent à elles seules êlre entièrement curatives. Ainsi en est-il de la sérothérapie par exemple, qui apporte à l'organisme des forces nouvelles, ne lui demandant aucun effort, et qui
peût être utilisée même quand il est incapable de réaction. Avec la vaccinothérapie nous sollicilons l’élaboration de ces forces nouvelles, il faut done que l’organisme soit en état de répondre et nous savons qu'il ne l’est pas loujours. Sans compiler les affections graves d'emblée où la défense est nulle, le mode de réaction est différent suivant le malade auquel on s'adresse, chacun présentant une réaction personnelle. Enfin l'immunisalion peut être plus ou moins longue à se coûstituer; cela, l'expérience des vaccins préventifs nous le démontre surabondamment et pendant ce temps la maladie peut subir une aggravation sinon même se-compliquer, Ainsi la vaccinothérapie apparaît elle bien comme une méthode thérapeutique capable d'augmenter les chances de guérison, cela grâce à des conditions qu'il n’est pas toujours possible de bien déterminer. Du reste cerlains auteurs ont théoriquement nié la vaccinothéra-
pie en général. « L'organisme a-t-on écrit est déjà sur-
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&« saluré de microbes et de produits microbiens, on ne «saisil pas très bien le rôle d'une nouvelle close d’élé-" « ments figurés ou solubles ». En réponse à cela, il nous semble qu'il suffit de laisser parler l’expérience qui si elle n’est pas loujours démonstrative montre dans de nombreux cas l’action nelte du vaccin, que l'on a pu mettre scientifiquement en évidence par les modificade la formule leucocytaire et de l’indice opsonique.
En somme, avec Sezary nous dirons : « La vaccino- « Lhérapie est une méthode d'une utilité incontestable « si on l'emploie ralionnellement. On ne la considèrera « cependant que comme une méthode susceplible d’aug- « menter les moyens de défense du malade vis-à-vis » des agents pathogènes et de faciliter l’action curalive « des traitements habiluels, elle abrègera l’évotution de « la maladie, atténuera ses symptômes et améliorera le
« pronoslic. »
- CHAPITRE If