‹ Vaccinothérapie antigonococciqueChapitre 8 sur 12 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

La plupart des observations qui suivent ont été recueillies, comme nous l'avons déjà dit, à la consultation des voies urinaires de M. le docteur Michon, à l'hôpital Beaujon, les unes nous sont personnelles, les autres sont dues à l’obligeance de M. le docteur Legout à qui nous saurons trop témoigner l'expression de notre reconnais-

sance.

OBSERVATION I (Personnelle)

À la consultation se présente un nommé René P..., ouvrier tailleur, 35 ans, se plaignant de douleurs très vives de l'épaule gauche apparues la veille et présentant un écoulement urétral abondant qui aurait précédé l’arthralgie de deux jours.

L'examen microscopique du pus urétral ne laisse aucun doute sur la présence de nombreux gonocoques.

: Incapable d'assurer son travail, P... consent à venir tous es Jours se fai:e soigner. On lui fait aussitôt une injection intramusculaire de vaccin de l’Institut Pasteur de Paris (Sa-

limbeni) à la dose d'un demi-centimëtre cube.

das

Le lendemain on augmente la dose et on injecte un centimentre cube, sans aulre lrailement.

Le troisième jour une légère réaction s’est produite consistant en un léger malaise, un peu de céphalée et: une sensation de « fourmillement » dans l’urètre. injection de un centimètre cube de vaccin.

Le 4° jour on note une atténualion sensible de la douleur articulaire. :

Cette amélioration ira s’accentuant jusqu'au dixième jour sous l'influence du seul traitement vaccinal, à raison d'une injeclion (1 c. c.) Lous les deux jours. À ce moment l’articulation n’est presque pas douloureuse, certains mouvements sont possibles mais l'écoulement urélral persiste aussi abondant et contient autant de microbes. On institue alors seulement les grands lavages urétro-vésicaux au permanganate. Vingt-cinq jours après le début de son affection P..., entièrement guéri reprend son travail.

Le vaccin avait donc très bien agi sur le rhumatisme mais

était resté sans action sur l'écoulement,

OBSERVATION ÎI (Personnelle)

R..., 25 ans, est pris le 7 juillet 1919 de douleurs de l’articulalion scapulo-humérale gauche avec frissons, céphalée et tempéralure à 40°. Il ‘présente une goulle de pus au méat contenant des gonocoques qui est la manifestation d’une urétrile dont le début remonte à quatorze jours et qui à été trailée par quelques injections d’une solution de protargol.

Les deux jours suivants la Lempérature baisse mais l'arli-

ed

culation scupulo-humérale reste douloureuse avec légère rougeur de la région deltoïdienne, ‘impolence compléte et goutte urétrale contenant des gonocoques. On fait un lavage urélro-vésinal à 4 0/00 de permanganale.

Le 10, on pratique une injection de un demi. centimètre eube de vaccin de l’Institut Pasteur.

Le 12, pas de réaction. Nouvelle injection de un demi centimètre cube de vaccin.

Le 14, pas de réaction. Injection de (rois quarts de centimètres cubes de vaccin.

Le 16, es douleurs spontanées de l'articulation ont disparu. Quelques mouvements sont possibles. Trois quarts de c.c. de vaccin. Goulle urélrale matinale légère.

Le 18, injection de 1 cenlimèlre cube de vaccin ; le malade se plaint pendant la journée de douleurs au point d’inoculation.

Le 19, tous les mouvements de larticulation sont possi-

bles avec seulement une légère gêne.

Le 25 reparait une légère douleur’ spontanée de l'épaule. Où fait une injection de 1 ce. de vaccin ; le 27 une autre et quelques jours après le malade est considéré comme guéri.

Quelques lavages urélro-vésicaux au permanganale très espacés avaient été praliqués.

Cette observatiou nous paraît très démonstralive de l’ac-

lion du vaccin sur les rhumalismes.

OBSERVATION III (Legout)

A... employé de banque, 18 ans, vient consuller pour une

douleur extrêmement vive de l'épaule gauche. Le bras est en

er

écharpe et les mouvements sont très douloureux.

Il existe une blennorragie depuis 3 jours, avec écoulement très abondant. A l'examen on constate de très nombreux gonocoques extra el intra-cellulaires. Il est hors de doute que l'on se trouve en présence d’une urélrite blennorragique. Du resle, il existe du gonflement de l'articulation et de la température.

On commence aussilôt le lrailement classique avec les grands lavages urélro-vésicaux au permanganate de polasse à o gr. 20 par litre, à raison de un par jour, el on pralique aussitôt une piqûre de vaccin de Nicolle et Blaizol (1/2 ce).

2° jour. Rien de changé. Même traitement.

3° jour. Même lrailement, la douleur de lépaule parait êlre moins violente quoique les mouvements du bras soient Loujours très pénibles.

»° jour. Injection de vacein. (1 cc.). ;

6° jour. Amélioration très nelle de la douleur. En même temps l’écoulement diminue.

7° jour. Le malade peut faire quelques mouvements. Un centimètre cube de vaccin.

8e jour. Le mieux s'accentue.

9% jour. Le malade peut soulever le bras presque à angle droit avec le corps. Une injection de un centimètré cube de vaccin.

10° jour. On peut palper l'articulation sans provoquer une douleur très intense. Le bras n'est plus en écharpe.

11° jour. Un centimètre cube de vaccin. L'amélioration s'accentue. Il n’y a plus trace d'écoulement.

Le 13° jour on pralique encore une inoculalion vaccinale etle 14° jour Lous les mouvements sont possibles, Loute dou-: leur a disparu.

Du 15° au 20° jour on continue les grands Javages qu'on

n'avait jamais abandonnés.

. : pes

Au 20° jour on cesse tout traitement le malade pouvant êlre considéré comme guéri.

Daus cette observation il est manifesté que les injections de vaccin ont une action nettement favorable, car bien que les grands lavages aient été régulièrement pratiqués il faut reconnaître qu'ils élaient à un Laux très faible et d'autre part il faut noter que la guérison est survenue en très peu de

temps, vingt jours.

OBSERVATION IV (M. Lecour)

T..., entrepreneur, 35 ans. À eu une blennorragie il y a 7 ans, entièrement guéri. Jamais d'orchite. Pas de prostatile.

Actuellement douleur très vive du poignel droit avec gonflement, rougeur el Llempéralure £ 39%. Ecoulement urétral depuis cinq jours. L'examén microscopique montre de nombreux gonocoques.

Le malade ne pouvant venir tous les jours pour faire praliquer les grands lavages, nous lui proposons de faire tous les deux jours une injection de vaccin de Nicolle. La première piqûre est faite le jour même, deux jours après deuxième piqûre. Pas de réaction. Rien de changé.

Deux jours après, lroisième piqûre. Le poignet est dégon-

é, la douleur est moindre. Le malade avait essaÿé de faire des lavages lui-même et n'avait pas réussi, il les abandonne sans regret devant son amélioralion.

Quatrième piqûre, deux jours après. L'amélioration du poignet est très nelle. L'écoulement, qui au début était verdâtre, est plus jaune, plus fluide, mais contient aulant de

gonocoques à l'examen microscopique:

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