CHAPITRE PREMIER
RExNSElGNEMENTS SUR LES RÉGIONS MONTAGNEUSES.
Le premier soin de tout officier arrivant dans les hautes régions doit être d'acquérir le plus rapidement possible la connaissance du terrain, et on ne peut y arriver réellement qu'en le parcourant dans tous les sens et après un certain temps.
Je vais donc essayer de donner dans ce chapitre, quelques renseignements généraux sur les régions montagneuses au Tonkin , qui pourront être d'une très grande utihté à ceux qui seront appelés à y guerroyer dans l'avenir, pour leur apprendre à connaître rapidement les environs de leur poste dans quelque région que ce puisse être.
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Que l'on aille en effet sur le Haut Fleuve Rouge, la Rivière Noire ou la Rivière Glaire , dans le Bao- Day, dans la région de Cao-Bang, ou dans le haut Yen-Tlié, toutes ces régions montagneuses, bien que différant en ceci, par exemple, que dans la région de Cao-Bang comme dans le Gaï-Kinh, ce sont des rochers à peu près inabordables , que dans le Haut Yen -Thé on rencontre généralement de grandes montagnes boisées, tandis que dans le Bao-Day, les montagnes sont le plus souvent couvertes de brousse et de hautes herbes inextricables; elles offrent toutes ce point commun, qu'elles nous présentent les unes comme les autres des obstacles naturels très grands et très nombreux, et qu'elles sont toutes aussi propices à notre adversaire pour l'embuscade, n'ayant comme chemins que de simples sentiers que Ton a quelquefois peine à suivre au milieu des hautes herbes ou des futaies, en marchant à la file indienne comme les Indigènes eux-mêmes.
Le plus souvent le chemin n'est qu'un arroyo suivant une vallée, complètement desséché pendant l'hiver, mais qui, pendant la saison des pluies, grossi par les eaux descendant en torrents des grandes montagnes, ne peut être suivi pendant l'été.
La seule saison pendant laquelle on peut faire des opérations militaires dans les régions montagneuses est donc la saison sèche.
Dans une vallée même assez large où l'on n'est pas
enserré par de hautes montagnes de chaque côté comme entre deux murailles, il faut conserver le même ordre de marche, car il serait impossible de marcher autrement à cause des hautes herbes où des hommes allant isolément risqueraient même de se perdre ou de se faire enlever, s'ils s'écartaient quelque peu du gros de la troupe.
On rencontre sur sa route une série de cols successifs plus ou moins difficiles à gravir pour passer d'une vallée à une autre.
Plus on pénètre dans l'intérieur des massifs plus les difficultés augmentent, bien entendu, les vallées se rétrécissant et les montagnes ayant plus d'altitude, à tel point que dans la région de Cao-Bang comme dans le Caï-Kinh, j'ai vu certains endroits qui ne sont pas l'exception, où il fallait faire hisser les hommes pour y arriver.
On ne peut d'ailleurs mieux se rendre compte en arrivant au Tonkin des grandes difficultés que l'on peut rencontrer dans ces régions, qu'en observant bien la baie d'Along.
On voit en effet dans la région de Cao-Bang des villages perchés au haut des rochers, comme les nids des aigles ou autres oiseaux de proie dans la baie d'Along.
Les opérations militaires y présentent donc les plus grandes difficultés à cause de la nature particulière du terrain, massif rocheux, fouillis inextricable de
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pics d'une grande hauteur et tous presque inaccessibles, séparés les uns des autres par des cirques en forme de cratères pareils à des puits, des villages accrochés aux flancs des rochers auxquels on ne peut arriver qu'à l'aide de cordes et d'échelles.
On trouve bien également un village au pied du rocher, mais les habitants ont transporté au village supérieur ce qu'ils ont de plus précieux, et leur réserve de riz, la récolte terminée.
C'est là d'ailleurs qu'ils ont l'habitude de se réfugier en cas d'incursion des bandes pirates, leurs échelles enlevées, ils s'y trouvent en efl*et complètement à l'abri du pillage de ces bandes.
Les bandes pirates occupent généralement, elles aussi, des grottes situées dans les mêmes conditions, où elles ont tous leurs approvisionnements; il est donc très difficile d'y arriver surtout lorsque l'on reçoit des coups de feu partant derrière chaque rocher.
Avant de se mettre en route dans les régions hautes, il est toujours prudent d'avoir la précaution d'emporter avec soi une corde assez longue, et quelques outils, haches, etc.
Dans les troupes Indigènes chaque homme a un coupe-coupe, qui fait d'ailleurs partie de la tenue de route du tirailleur tonkinois.
Chez les Européens, il n'y a qu'un certain nombre de ces outils par compagnie.
Chaque fois que Ton part en colonne, il est donc absolument indispensable de les emporter dans un pays où l'on est obligé bien souvent de se frayer un chemin, même en simple reconnaissance.
La corde que l'on emportera pour s'en servir dans différentes circonstances, pour passer un arroyo par exemple, qui pendant la saison des pluies aura fortement grossi, ou dans un passage difficile pour faire escalader un rocher à sa troupe devra être très solide.
On pourra également en colonne avoir avec soi plusieurs petits paniers de rizières tels qu'en ont les Indigènes du Delta, facilement transportables par des coolies qui seront d'une grande utilité pour faire passer à sa troupe certains arroN^os un peu importants par lesquels on se trouve bien souvent arrêté dans sa marche.
Pendant la marche, faire mettre le feu par l'arrière-garde aux hautes herbes qui bordent généralement le chemin, en ayant soin de prendre au préalable la direction du vent, c'est une mesure que je n'ai jamais manqué de prendre aux environs des différents postes que j'ai commandés au Tonkin, ce qui n'avait aucun inconvénient puisque le pays était à peu près désert, et offrait en outre l'avantage de permettre de découvrir les abords du chemin, et d'empêcher toute embuscade.
Si des convois par eau et même par terre ont été
arrêtés quelquefois, comme sur la route de Lang-Son, par exemple, il y a quelques années, et plus récemment encore sur la route de Gao-Bang, cela a toujours été à des endroits fourrés et couverts de brousses qu'on n'avait jamais eu l'idée de débroussailler.
Il est en effet complètement inutile de faire de larges routes si on laisse pousser les hautes herbes sur les côtés où l'ennemi pourra se cacherpourattendre l'arrivée des escortes et tuer les hommes à bout portant.
Il faut donc faire débroussailler les abords des routes jusqu'à une certaine distance, pour voir clair tout autour de soi, et ce qui est plus simple encore faire mettre le feu pendant la saison sèche aux hautes herbes aux abords de tous les chemins, on s'évitera ainsi bien des déceptions.
Les arroyos, comme je l'ai déjà dit, sauf les rivières et les fleuves, bien entendu, sont presque toujours à sec pendant la saison d'hiver dans les régions montagneuses; c'est pendant cette saison qu'il faut surtout les parcourir pour bien connaître le terrain, car ce sont généralement les chemins naturels du pays.
C'est aussi sur les bords des arroyos que l'on trouve les campements et les retranchements pirates , car outre qu'on y a l'eau, les rives des arroyos étant toujours très fourrées, ce qui permet d'y construire des abris et môme des cases, on peut y faire du feu sans être aperçu à de grandes distances.
Chaque fois que l'on suit un arroyo il faut donc marcher avec beaucoup de prudence dans la crainte de tomber sur un repaire de pirates sans s'en douter.
Les arroyos sont très nombreux dans les régions hautes du Tonkin, et ce n'est qu'en les parcourant tous qu'on arrive à connaître complètement les environs d'un poste.
On rencontre sur sa route à chaque instant un simple fdet d'eau, et l'on croit bien souvent passer un nouvel arroyo, lorsque c'est toujours le même que l'on traverse un certain nombre de fois, les arroyos comme les chemins faisant de nombreux circuits.
C'est pourquoi le travail topographique est si pénible au Tonkin pour les Chefs de poste.
Chaque Chef de poste relève en effet une certaine étendue de terrain aux environs de son poste le plus consciencieusement possible, la carte est donc relativement juste dans ses détails, mais lorsqu'elle a été raccordée par le bureau topographique à Hanoï, la carte générale est absolument fausse.
Cela est d'ailleurs très facile à comprendre, ceux qui sont chargés de faire la carte du Tonkin n'ayant jamais vu le terrain ne peuvent en avoir aucune idée, et le représenter tel qu'il est.
Puisqu'il y a à Hanoï un bureau topographique, on devrait envoyer les officiers topographes faire d'abord le travail sur le terrain pendant la saison
sèche, c'est-à-dire pendant l'hiver; on débarrasserait ainsi les Commandants de poste de ce surcroît de travail, car il est difficile de commander une troupe en marche et de pouvoir faire en même temps de la topographie bien exacte.
Les officiers topographes ayant bien dans la tête ]e terrain qu'ils auraient parcouru, étant rentrés à Hanoï, seraient d'ailleurs plus en mesure pour faire la carte d'ensemble dans leurs bureaux, pendant la saison oii ils ne pourraient marcher.
J'ai dit plus haut que le plus souvent le chemin dans les hautes régions, n'était que l'arroyo luimême.
Je donnerai comme exemple sur la roule de Lang-Son à Cao-Bang, le chemin allant du poste de Dong-Khé au poste de Phuc-Hoa, à l'Est, vers la frontière de Chine, à peu de distance de la porte de Thuy-Cau.
Sur six ou sept heures de marche environ, on suit successivement deux arroyos différents, pendant presque cinq heures de temps, c'est-à-dire qu'on ne peut aller d'un poste à l'autre que par l'arroyo qui est le chemin le plus direct et le seul qui existe reliant ces deux postes.
Je recommanderai pour marcher dans les régions montagneuses de prendre un bâton en rotin très long à bout ferré et très solide, toujours utile soit pour monter, soit pour descendre dans un pays
accidenté et qui peut en outre servir dans un terrain marécageux et glissant.
Il sera en outre bon d'avoir constamment en route un fort couteau de chasse que l'on portera à la ceinture, qui pourra être d'une très grande utilité, pour couper une liane ou dans d'autres circonstances.
Au Tonkin, tous les otïiciers de troupe sont montés; les chevaux annamites de petite taille, 1'"^. 20 généralement, sont très précieux dans les hautes régions.
Très faciles à nourrir, le paddy, bien souvent l'herbe, les pousses de bambou leur suffisent; ils réclament peu de soins.
Pour la marche ce sont les seuls chevaux qui peuvent servir dans ces pays accidentés, en raison même de leur très petite taille qui leur permet de passer partout, de leur tempérament excessivement nerveux et de leur grande résistance à la fatigue.
Mais il ne faut pas chercher à les diriger dans les endroits très difficiles, leur laisser au contraire complètement la bride sur le cou, flairant alors le terrain, ils franchiront tout tranquillement n'importe quel obstacle, tandis que si l'on veut les guider à la bride, leurs mouvements se trouvant pour ainsi dire paralysés, ils auront peur et hésiteront pour avancer.
C'est depuis 1887 seulement que les officiers de tous les Corps de troupe sont montés au Tonkin.
Pendant la conquête il n'y avait que les officiers régulièrement montés en France, c'est-à-dire depuis le grade de capitaine qui avaient un cheval, sauf dans les Corps de troupes Indigènes, où les lieutenants et sous-lieutenants en recevaient un de la remonte, parce qu'ils commandaient une troupe spéciale.
Il y avait à cette époque quatre petits chevaux affectés à chaque compagnie Européenne, que Ton appelait chevaux de bât.
Ces chevaux, en effet, bâtés comme des mulets, étaient généralement employés à porter les bagages ou les vivres de la compagnie, devant remplacer un certain nombre de coolies pour les transports.
Mais ce système de transport était très mauvais, car le petit bât lui-même étant déjà très lourd, un petit cheval ne pouvait plus porter que très peu de chose dans les deux petites caisses que l'on devait charger.
Un seul petit cheval ne pouvait donc ainsi porter la charge de deux coolies qui est de 30 kilos en route, aussi est-il bien préférable d'employer pour les transports des coolies porteurs qui passent toujours partout.
Pour le harnachement, on trouve au Tonkin des selleries complètes, au prix de 20 à 2o piastres,
qui font toute la durée du séjour dans la Colonie.
Il n'est donc pas utile d'acheter une sellerie avant son départ de France, et même celui qui a une bonne sellerie de prix fera bien de ne pas l'emporter au Tonkin, où elle serait à peu près complètement perdue.
On a tout avantage à en acheter une chez n'importe quel commerçant b son arrivée dans la Colonie, et on trouve quelquefois l'occasion d'en avoir une dans de très bonnes conditions d'un camarade qui rentre en France.
La petite selle que l'on trouve au Tonkin convient d'ailleurs beaucoup mieux à la petite taille des chevaux du pays que la selle de France.
L'officier recevait autrefois 1 franc par jour pour la nourriture du cheval de l'État; depuis 1893 cette indemnité a été réduite à 0 fr. 75, mais le cheval Annamite étant très facile à nourrir, il peut arriver presque toujours pendant la durée de son séjour à se rembourser de ses frais de sellerie.
Cela a été une très bonne mesure de monter tous les officiers des troupes Européennes au Tonkin, car le cheval peut être très utile à un moment donné, surtout dans les régions montagneuses, non seulement pour l'officier à qui il permet de se reposer de temps à autre, mais encore parce que les moyens de transport faisant souvent défaut en route, on peut faire transporter un homme malade et même
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blessé, ce qui évite une perte de temps, surtout dans un endroit où il serait dangereux de s'arrêter pour fabriquer un brancard.
On avait voulu aussi à une certaine époque remplacer les coolies porteurs par des mulets; bien que ces pauvres bêtes passent dans des endroits très difficiles, ce moyen de transport n'est pas possible dans les régions montagneuses, les coolies seuls sont capables de passer avec leurs charges sur de vrais précipices comme on en rencontre.
Dans les colonnes où il faut emporter de l'artillerie, les pièces de montagne sont toujours portées à dos de coolies.
Il ne peut d'ailleurs en être autrement puisqu'il n'y a pas de chemins; ce n'est donc que lorsqu'il y aura de belles routes dans ces régions que l'artillerie pourra être transportée à dos de mulets, et pourra même rouler.
En partant en colonne, il ne faut pas trop charger les coolies; si l'on dépasse la charge de 30 à 35 kil. au maximum pour deux coolies, on s'expose à ne pas voir suivre ses bagages dans certains passages très difficiles.
Ne pas emporter surtout de caisses trop volumineuses qui dans les pays rocheux ne pourraient passer et risqueraient de tomber dans un précipice.
Jusque vers la fin de 1889 dans les postes des régions montagneuses, éloignés de tout centre, où
l'on paie plus cher que dans le Delta des denrées plus mauvaises, les officiers recevaient une indemnité de 2 francs par jour appelée indemnité de marche.
Cette indemnité a été supprimée, bien que l'officier soit à peu près constamment hors de son poste.
Pourquoi a-t-on supprimé cette indemnité qui serait cependant si nécessaire aux officiers de troupe dans certains postes?
On a seulement droit à une indemnité journalière pour les reconnaissances elles colonnes qui doivent durer une certaine période de temps, et pour cela, il faut établir un ordre de route individuel pour chaque officier.
Cette indemnité est fixée à 3 francs par jour pour les officiers subalternes pendant les quinze premiers jours et à 2 francs seulement au delà.
La troupe a également droit à une indemnité, il suffit donc de faire un ordre de route nominatif pour les sous-officiers, caporaux et soldats du détachement.
Les officiers voyageant isolément pour le service ont aussi droit à des vacations sur ordre de route individuel; les officiers subalternes reçoivent 12 francs par jour.
Depuis quelques années seulement tout officier qui entre à l'Hôpital verse la moitié de sa solde Coloniale pendant toute la durée de son séjour à cet
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Hôpital, s'il n'y est pas entré pour blessure de guerre.
Je trouve très juste qu'on ne retranche pas la moitié de sa solde à un officier entrant à l'Hôpital pour avoir versé son sang pour le drapeau Français.
Mais quel est donc l'officier qui ne désire pas cette blessure heureuse qui attachera peut-être à sa poitrine ce petit morceau de ruban rouge tant convoité?
Que ne ferait-on pas en effet pour obtenir cette suprême récompense du courage et du patriotisme!
Parce que les hasards de la guerre lui auront été moins favorables, est-il moins juste de laisser la solde entière à un officier entré à l'Hôpital pour une maladie qu'il a contractée dans un poste malsain des hautes régions où l'installation est misérable et la nourriture plus que médiocre, résultat des fatigues continuelles de cette existence vagabonde qu'il a menée pendant un temps plus ou moins long, étant toujours par monts et par vaux pour faire des reconnaissances ou courir sus aux pirates?
Mais on est entré dans l'ère des suppressions, et c'est toujours sur la maigre solde des pauvres officiers de troupe que l'on cherche à faire des économies pour arriver à équilibrer le budget de la Colonie.
C'est à M. le Commissaire Général Lidin que revient l'honneur d'avoir trouvé à la fin de l'année 1889, que la situation du Tonkin permettait de
mettre cette Colonie sur le même pied que nos plus anciennes Colonies telles que : la Martinique, la Guadeloupe, la Gochinchine, ce qui peut certainement paraître exact à quiconque n'a jamais connu que la ville d'Hanoï, ce qui est le cas.
Pourquoi d'ailleurs faire verser à l'officier la moitié de sa solde Coloniale pendant son séjour à l'Hôpital, et non pas lui faire verser une certaine somme par jour au prorata du grade, comme cela a lieu pour les fonctionnaires civils?
Aussi voit-on ce fait bizarre se produire qu'un fonctionnaire civil en traitement dans un Hôpital Militaire dans les mêmes conditions qu'un officier, paie moins à l'Hôpital que cet officier.
Je sais qu'en France, par exemple, dans les Hôpitaux Maritimes, les officiers de Marine paient moins pendant leur séjour que leurs camarades du grade correspondant de l'infanterie de Marine , bien que leur solde soit généralement supérieure à celle des officiers de terre?
Pourquoi cette anomalie?
Est-ce parce que les uns portent une casquette et les autres un képi?
Si c'est la raison, elle paraît peu admissible.
N'est-il pas contraire à toute équité en effet, de voir de jeunes officiers de Marine, n'ayant que quelques années de service, à l'Hôpital pour soigner un coup de pied de Vénus reçu en s'amusant en
escadre, payer moins cher qu'un officier du même grade, aussi ancien de service bien souvent que ceux-ci d'âge, en traitement pour une affection contractée pendant de longues années passées dans les Colonies?
Il serait plus juste de retenir la même somme aux uns comme aux autres, et de ne pas assimiler surtout la situation actuelle au Tonkin, à celle de France, pour faire verser à TofTicier de troupe la moitié de sa solde à l'Hôpital, en cas de maladie contractée par les nombreuses fatigues qu'il a éprouvées à faire des colonnes, ou due à son existence difficile dans les postes des hautes régions.
En outre, pourquoi l'unification de la solde n'at-elle pas lieu au Tonkin?
Si l'on fait ainsi des suppressions, il serait bon aussi d'accorder à chacun selon ses droits.
Or, il y a déjà de nombreuses années que l'unification des soldes a été faite en France, pourquoi la solde Coloniale n'est-elle donc pas payée d'après les nouveaux tarifs?
Il arrive ainsi que certains sous-officiers rengagés de la Légion Étrangère reçoivent au Tonkin une solde inférieure à celle qu'ils recevraient en Algérie.
Les troupes de la Guerre actuellement dans les Colonies, ne sont que prêtées à la Marine, il ne faut pas l'oublier, les règlements de la Marine ne leur
sont pas applicables, et tant que la question de l'armée coloniale n'aura pas été définitivement réglée, on ne doit leur appliquer que les règlements en vigueur dans ce département.