‹ Vade-mecum de l'officier au TonkinChapitre 21 sur 27 · VA DE-MEC UM · texte numérisé non relu

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rêtée, mais encore on fera tout le possible pour obliger votre retraite.

Les convois sont précisément d'un grand inconvénient dans les grandes colonnes, aussi doit-on toujours les faire marcher avec une escorte spéciale indépendamment des troupes qui doivent opérer, celles-ci étant d'autant plus mobiles qu'elles ont moins d'impedimenta derrière elles.

Il faut donc arriver à réduire le plus possible le convoi d'une troupe Européenne en marche au Tonkin, en ne faisant emporter aux hommes que le strict nécessaire.

La tenue de route est en kaki, en hiver comme en été.

Chaque Européen devra emporter en été une tenue en kaki et une tenue de toile blanche de rechange, le couvre-pied, une bonne paire de brodequins de rechange également, et le linge de corps indispensable; l'hiver il y ajoutera le pantalon en molleton de flanelle pour la nuit, afin d'éviter de prendre froid au ventre, bien qu'il doive porter la ceinture de flanelle en toute saison , il pourra aussi prendre la vareuse en molleton, mais elle est moins utile que le pantalon.

En ne faisant donc prendre aux hommes que ce qui leur est absolument nécessaire, en vêtements, linge, chaussures, campement, pour partir en colonne pendant un certain temps, on pourra leur

faire porter le plus de vivres possible, ce qui diminuera le nombre de coolies devant suivre la colonne et allégera sa marche.

Quelques jours après, le convoi rejoignant à un point déterminé d'avance, remplacera les vivres épuisés ou le ravitaillement se fera à un poste voisin, s'il y a lieu.

Le grand avantage de la troupe Indigène sur la troupe Européenne au Tonkin est précisément de pouvoir se mobiliser très rapidement.

Un capitaine de tirailleurs Tonkinois par exemple, recevant l'ordre de partir avec sa compagnie, n'a qu'à prévenir immédiatement ses hommes de prendre quatre jours de vivres, et une heure après tout le monde est sous les armes prêt à partir.

Pour la mise en route d'une troupe Européenne au contraire, il faut d'abord réquisitionner des coolies, toucher ensuite les vivres, etc. ce qui demande toujours un certain temps.

La troupe Européenne est en outre constamment gênée dans sa marche par son convoi, lorsque la troupe Indigène marche sans s'arrêter avec les quelques coolies qui portent les bagages des gradés Européens.

Nous avons vu dans ce chapitre, la tactique des bandes pirates dans les régions montagneuses, et combien cette tactique leur est facile , à cause du terraia qui s'y prête partout.

Nous avons pu voir aussi que les bandes ne tirent réellement parti des avantages que leur offrent les nombreux accidents de terrain , que pour sauver le plus souvent leur butin ou leurs approvisionnements, quelquefois aussi dans un but de vol, si elles trouvent une occasion favorable pour se procurer des armes et des munitions.

Mais elles ne le tentent que si elles ont la presque certitude de réussir, évitant avant tout de consumer inutilement des munitions qu'elles ne se procurent généralement que très difficilement , et parfois au poids de l'or.

Gomment pourrons-nous enfin arriver à faire disparaître complètement les nombreuses bandes qui infestent encore les hautes régions?

C'est ce que je m'efforcerai tout particulièrement de démontrer dans les chapitres suivants, en recommandant bien d'économiser nos munitions nous aussi, et mieux encore, d'épargner le plus possible le sang de nos hommes.

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