‹ Vade-mecum de l'officier au TonkinChapitre 6 sur 27 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

première occasion, de là cette habitude du jeu si profondément ancrée dans les mœurs du peuple Tonkinois, et c'est pourquoi il n'est pas rare de voir les Indigènes sortir des maisons de jeu dans le costume le plus primitif, ayant joué jusqu'à leur dernier vêtement.

Cette race est très assimilable, son peuple étant très sobre, laborieux, intelligent et de mœurs très douces, il est à croire qu'à notre contact elle prendra toutes nos qualités, (mais hélas î peut-être pas aussi vite que nos défauts) et qu'après plusieurs générations, le sang' Tonkinois s'étant complètement régénéré, cet instinct du vol qui parait aujourd'hui chose toute naturelle chez ce peuple, où le voleur d'aujourd'hui est destiné à être le volé de demain, aura définitivement disparu et deviendra partout un objet de profonde horreur.

L'armée régulière n'a donc plus rien à faire dans cette partie du Tonkin, puisqu'il n'est pas clans ses attributions de réprimer ces délits.

Là précisément commence le rôle de la Garde civile indigène mise dans chaque province à la disposition des Résidents.

INTRODUCTION. xi-v

Mais malheureusemeût au lieu d'employer la Garde civile indigène à faire la police, ce à quoi elle était primitivement destinée, on a voulu trop souvent lui faire faire des opérations militaires, et les résultats n'ont pas toujours été ceux qu'on avait espérés.

Le Delta est actuellement sillonné de nombreuses routes allant dans toutes les directions ; la surveillance est donc devenue plus facile.

Pourquoi n'a-t-on pas depuis longtemps adopté ce système de faire de nombreuses voies de communication pour tenir le pays?

Il y a déjà bien des années, lorsque les rênes du gouvernement étaient encore entre les mains du Général Commandant en Chef le Corps dïJccupation du Tonkin, il était tout spécialement recommandé aux Chefs de poste de faire travailler aux routes.

Chaque année, après la récolte du riz, c'est-àdire pendant la saison sèche, les villages devaient fournir des corvées pour ce travail, comme chez nous les prestations, et cela était 1res facile dans le Delta où la population est très dense.

Page 1