‹ Vade-mecum de l'officier au TonkinChapitre 9 sur 27 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

soit pour descendre vers l'intérieur, ce qui rend tout investissement complet à peu près impossible, et c'est la cause générale pour laquelle on a fait le plus souvent de grandes opérations militaires, qui n'ont donné aucun résultat au point de vue de la suppression de la piraterie.

On a au contraire fatigué beaucoup de monde inutilement, et à la suite de ce déplacement considérable de troupes, à leur rentrée dans leurs garnisons respectives, une réaction se produit bientôt lorsqu'elles sont au repos, et la quantité de malades augmente alors subitement dans de très grandes proportions.

Bienheureux encore si, pendant le cours des opérations, on n'a pas donné dans quelque embuscade où nous avons eu à regretter la perte de quelques-uns des nôtres, officiers ou hommes de troupe !

La situation actuelle au Tonkin me parait donc avoir été exposée ainsi d'une manière aussi brève que possible ; la nécessité de faire de nombreuses voies de communication dans les régions montagneuses me semble également avoir été suffisamment démontrée.

INTRODUCTION. xxix

Malgré toutes les difficultés qui pourront survenir, il faut donc se mettre à l'œuvre dès maintenant, si l'on veut arriver un jour au but final, c'est-à-dire à l'extinction complète de la piraterie dans les hautes régions, et au repeuplement de cette vaste étendue de terrain restée inculte pendant d'aussi longues années.

Ceci ayant donc été bien établi, je reviens au but que je me suis proposé en faisant ce petit volume, et que je n'ai pas encore exposé grâce à une digression qui pourra paraître un peu longue peut-être, mais qui servira par la suite à l'intelligence môme de l'idée prédominante .

Ayant fait trois séjours successifs au Tonkin, de 1885 à 1893, pendant les six années environ que j'ai passées dans la Colonie, j'ai vu dans mes différents séjours, le Haut-Fleuve-Rouge, la Rivière-Noire, la Rivière Claire, le Delta, le Thanh-Hoa, le Bao-Day, la région de Cao-Bang et le Haut- Yen-Thé.

En un mot, j'ai parcouru presque tout le Delta et une grande partie des régions montagneuses.

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