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DE LA DISTRIBUTION

que le correcteur fasse une bonne révision. Les formes sont ensuite remises aux presses, et le conducteur, après avoir fait son registre, réglé sa marge et ébauché sa mise en train, donne une première tierce, pendant qu’il achève la mise au point.

Si la tierce provisoire a été corrigée avec soin, les corrections de la tierce définitive seront rares.

Les défectuosités éventuelles de la mise en train sont signalées au conducteur, une tierce définitive est donnée, revue rapidement et finalement signée : c’est l’autorisation de rouler pour de bon.

§ 14. — I)e la distribution.

La distribution (1) consiste à défaire la composition et à remettre en casse les lettres qu’on en a extraites.

Avant de distribuer dans une casse, il convient de s’assurer si le caractère qu’on va y mettre est bien le même que celui de cette casse.

Cette précaution est surtout indispensable pour les caractères de genre et de fantaisie, dont la grande variété exige, pour leur distribution, une attention soutenue.

L’oubli de cette précaution peut amener ce qu’on nomme en typographie Y empoisonnement d’une casse, c’est-à-dire le mélange dans la même casse de caractères ayant la même force de corps mais d’un œil différent, ce qui oblige à recomposer la casse tout entière pour la remettre en ordre.

il faut en outre observer le plan de casse en usage dans la maison, en même temps qu’on enlèvera des cassetins tout ce qui n’appartient pas au caractère. Le cassetin aux cadrats, par exemple, ne doit pas être considéré comme un récipient à pâté.

11 est prudent de mouiller légèrement la partie de texte à distribuer, afin de la rendre plus facile à manier, surtout dans les premiers temps. On en détache quelques lignes que l’on

(1) Le compositeur dit indifféremment qu’il manque de lettre ou de distribution. (Manuel Claye.)

appelle poignée, et on enlève cette poignée de la galée comme ceci :

On fait un mouvement des poignets en dehors, de façon à avoir devant soi le pied de la lettre. La poignée se place dans la main gauche sur l’index replié, le pouce allongé d’un côté, le médius de l’autre; les deux autres doigts repliés. (La poignée

11e doit jamais dépasser la hauteur du pouce : voir la figure ci-contre.)

On prend successivement, entre le pouce et l’index, un ou plusieurs mots, selon leur longueur, en les faisant glisser en avant sur l’index à l’aide du pouce. Après avoir lu ces mots, l’index détache chacune des lettres en les appuyant contre la face interne du pouce, et le médius, par une légère pression opérée sur le bas de la lettre, fait basculer celle-ci et la laisse choir dans le cassetin. Il faut au début faire bien attention aux lettres b d q p n a, qui peuvent amener de la confusion, selon la manière dont 011 les présente à la vue : cran dessus ou cran dessous.

Les espaces moyennes seront soigneusement mises à part lors de la distribution, si l’on veut obtenir un espacement régulier à la composition. La justification se fera en outre bien plus aisément.

Position de la poignée dans la main gauche.

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