DE LA DISTRIBUTION
L’ italique et les grasses se placent provisoirement sur un composteur de bois et se distribuent après le texte courant, afin de ne pas devoir se déplacer constamment.
Les caractères neufs ou venant de la clielierie adhèrent tellement entre eux qu’il n’est souvent pas possible de les distribuer. Lorsque cet inconvénient se produit, on trempe la page dans de l’eau de savon. Si le temps fait défaut, on frappe légèrement la poignée sur le marbre, mais en ayant soin d’y mettre préalablement un bon porte-page, afin d’amortir le coup et d’empêclier, par suite, l’usure hâtive du pied de la lettre.
On ne doit pas charger la main d’une trop forte poignée de distribution, la fatigue des doigts pouvant provoquer la chute d’une partie de ligne dans la casse.
On doit aussi éviter de trop charger la casse. Les petits monticules formés par la distribution se désagrègent lorsque les lettres se sèchent et débordent dans les cassetins voisins.
Quand une sorte devient surabondante dans la casse, on la met au bardeau, ou, à défaut de bardeau, dans les autres casses du même caractère : personne ne doit se permettre de cacher ou de conserver sous son rayon des sortes en paquets. Cette habitude, qui existe dans plusieurs maisons, doit être rigoureusement combattue, car, outre que cette façon de procéder est peu confraternelle, il est certain que l’ouvrier qui la pratique ■ sera lui-même victime de cet emmagasinage particulier. Certaines sortes lui manqueront un jour et l’un ou l’autre de ses camarades d’atelier les gardera de même jalousement sous son rang. Et en fin de compte, les intérêts du patron sont lésés, puisque le travail est interrompu.
Les interlignes qui proviennent de la distribution se placent contre le rebord du bas de casse, sur les cassetins des v et des x.
De même que pour la composition, l’apprenti ne doit pas chercher à précipiter les mouvements ; qu’il distribue lentement, l’habileté viendra avec la pratique. Et surtout, qu’il ne jette pas la lettre, de crainte d’abîmer les traits délicats.
Si par mégarde une lettre n’a pas été mise à sa place, il doit immédiatement la rechercher, s’il veut éviter des coquilles à la composition.
Disons enfin pour terminer que le moment le plus favorable
pour faire la distribution est la fin de la j ournée ou avant la sortie du midi, pour permettre à la lettre de sécher dans la casse.
Interlignes, filets et garnitures. — Les interlignes, filets et garnitures doivent être méthodiquement classés au fur et à mesure qu’ils sortent de la distribution. Pour procéder à ce classement, il est inutile de faire des piles et de battre les extrémités sur le marbre pour amortir les longueurs. Ce travail doit se faire sur une galée en bois assez longue.
Dans les grandes imprimeries occupant des typographes qui travaillent aux pièces, les interlignes provenant de la distribution doivent être remises au chef de matériel.
Signes, caractères étrangers. — Il doit en être de même pour tous signes ou caractères autres que l’italique. On comprendra toute l’importance d’une mise en place soigneuse de ces accessoires, sans que nous insistions davantage.