ÉPILOGUE
était laid, et que tout était beau en dehors d'elle. Adorable printemps de mes sens, je regardais, j'écoutais, pour la première fois dans ma vie je découvrais la vie !
« Un miracle m'a donné ce bonheur. Et vous savez qu'un miracle ne vient jamais seul. Peu de temps après vous avoir quitté, j'ai eu en quelque sorte une seconde révélation. Rentré en France depuis la veille, j'étais allé avec un de mes amis et sa jeune femme à la foire de Saint-Cloud, où la petite Marie, autrefois, m'avait tant humilié de son enfantine gaieté. J'étais moi-même, désormais, d'une gaieté d'enfant, et quand nous eûmes essayé tour à tour des chevaux de bois, des balançoires, des montagnes russesavec leur chute si troublante, quand nous eûmes entendu tous les boniments des pitres et le répertoire complet des orchestres à vapeur, la jeune femme me pria de la mener dans le parc, pour se griser d'un peu d'air et de l'odeur des arbres avant de
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retourner à Paris. Nous marchions au long des sentiers, c'était un soir d'automne tranquille et tel que je les aime, et la vue de cette gracieuse jeune femme s'ajoutait pour me charmer à la sereine harmonie du grand silence d'alentour. Mais il me sembla bientôt que ma compagne mettait plus d'efforts à sourire, comme si quelque pensée triste eût assombri son rêve. Je l'interrogeai, elle rougit; et elle m'avoua enfin qu'un caillou, sans doute, était entré dans son soulier qui la blessait à chaque pas.
« J'ai toujours détesté le travail ; mais, entre toutes les formes du travail, il n'en est point que je haïsse autant que les occupations matérielles; et je me résignerais plus aisément à porter toute ma vie mes bottines non cirées, qu'à essayer de les cirer moi-même.
Je priai cependant, je suppliai la jeune femme de me montrer ce soulier qui la faisait souffrir : ce n^était pas un caillou qui y était entré.