‹ Valbert:Chapitre 5 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Maîtres Chantews^ et vingt autres sujets d'esthétique et de philosophie? Encore n'est-ce pas de vingt sujets qu'il m'aurait parlé sur ce ton, mais de cent, mais de mille, car le malheureux avait l'air de tout savoir et d'être résolu à tout me dire. Mais je l'interrompis :

— Monsieur, luidis-je, expliquez-moi plutôt bien au juste ce que c'est que l'amour. C'est un problème dont l'humanité s'occupe depuis des siècles sans être jamais parvenue à le résoudre. D'excellents ouvrages que j'ai lus ces temps derniers ont encore contribué à me le rendre plus obscur. Ce qu'on appelle l'amour, est-ce que seulement cela existe?

Et pourquoi? Et comment ? Vous qui semblez vous entendre à tant de choses, dites-le moi?

— Hélas ! répondit Valbert après avoir paru disposé à me fournir tout d'une traite l'explication demandée. Hélas ! mon cher Monsieur !

Longtemps nous marchâmes en silence, revenant sur nos pas. Je regardais toujours l'admirable théâtre de collines et de bois que, bien avant Wagner, le Créateur avait disposé autour de moi pour m'exciter à la vertu. Valbert regardait aussi, mais d'un regard distrait, embarrassé.

Et c'est seulement lorsque le second acte était fini, et que la foule internationale nous heurtait à nouveau de ses clameurs enthousiastes et affamées, alors seulement mon compagnon me fit une réponse plus claire.

Il me déclara que lui-même n'avait jamais pu savoir ce que c'était que l'amour. Jamais pourtant il n'avait cessé d'être amoureux, au plus loin qu'il se souvenait de sa vie.

— Voulez-vous, ajouta-t-il, que je volîs raconte les principaux épisodes de mon amour? En nous mettant à deux pour les revoir, peutêtre y trouverons-nous la solution du problème qui nous émeut.

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