III. Dampierre ordonna sans délai que l'armée oeeu
* Charayay, Carnot^ II, 60 et Les générausf morts pour la patrie ^Ji ; La Béool, /9vMii^, numéro du 14 juillet 1885 ; Servta à Dumouiiez, 9 sept, et Dumc^uriez à Servan, 11 sept. 1792 ; Dampierre à DuniQUriez, 2 oct. 1792 [papiers de Dumouriez] et à Bouchotte, 6 avril 1794 (A. G.) ; M(fm. de Dumouriez et d'Allonnlle (lU, 207 ; VI, 77).
DAMPISRRB 7
perait le camp de Famars, à une lieue au sud deTlalencienues, enlre VEscaut et la rivière de la Rhonelle. Le 6 août, il lui fît prendre les armes, et les commissaires de la Convention la passèrent en revue; elle avait pour mot d'ordre PatriCy Scevola, et pour ralliement Guerre aux tyrans. Le 8, la jugeant trop près des frontières que les Autrichiens allaient envahir, il la menait sous le canon de Bouchain, derrière le ruisseau de TEcaillon. Pouvait-on, écrivaient les»représentants, « l'exposer au torrent des cruelles impulsions », et ne fallait-il pas Tétablir à une certaine distance pour la tirer de son étourdissement et la « remettre dans son assiette »? Mais vainement Dampierre déclarait le camp de Bouehain avantageux et recommandable ; vainement il disait que, de ce point, il se porterait facilement sur les villes que rennemi voudrait assiéger; vainement il laissait une avant-garde à Fresn^s et dans les bois de Raismes et^un corps de troupes à Saultain et à Gurgies sur le chemin de Maubeuge. Il abandonnait Gondé que* les Autrichiens bloquaient a^issitôt, et dans le désarroi de cette recfUaide, il oubliait d'approvisionner la place '.
Da&8.1ettrs nouvelles positions» l'armée du Nord et ICarwée des Ardennes avaient toutes deuxTEscaut ddi^nt eUes* La pcemière occupait Lieu*Saint->Amand entre la Fosse et la Selle ; la seconde tenait .les haut^rs de Douchy entre la Selle et TEcaillon. Chacune avait son admiaistratioa propre et son étet<»major portieuller, Dampierre commandait Tarmée du Nord, et Lamarebe, ^lle de3 Ardemises ; mais Lamarehe éCaii aux'ordrea iie Dampierre et dfivait lui rendra compte de toutes ses opéra-
* Ferrand, Précis de la défense de Valeneiennes, éd. de 1834, p. 15 ; Bac. AttlAid, ly» 104 ; iêém. de €M>Mi.
lions, n'agir que de concert avec lui. Le chef d*élat-major de Dampierre était Thabile et vaillant Gobert, son ami, son fidèle compagnon de.Ja retraite de Belgique» Gobert, employé Tannée précédente comme capitaine du génie à Calais, puis comme second d'Arthur Dillon à la côte de Biesme et comme ingénieur au siège de Namur, Gobert qui venait de prendre part au bombardement de Maestricht et, en qualité d'adjudant-généràl, à la bataille de Neerwinden, Gobert à qui Dampierre reconnaissant avait conféré le grade de général de brigade.
La Marlière, un instant chef d'élat-major de Tarmée du Nord, était nommé divisionnaire et allait commander sous les murs de Lille le camp de la Madeleine où se réunissaient les garnisons de Gertruydenberg et de Breda. Son principal lieutenant était le colonel du 2^ régiment d*in faute rie, Macdonald, qui se signalait naguère en arrêtant de sa main son intime ami De Vaux, complice de Dumouriez.
Le vieil irlandais O'Moran rassemblait peu à peu J6,000 hommes dans les camps et les places de la Flandre maritime; il envoyait à Saint- Venant, à Aire, à Saint- Omer, à Gravelines les bataillons les plus délabrés et répartissait les meilleurs à la frontière sur une étendue de dix à douze lieues en avant de Dunkerque, à Bergues, à Bailleul, à Gassel *.
Dampierre prétendait que l'armée était revenue de son égarement et parfaitement ralliée sous les drapeaux de la République. Elle était en réalité dans le plus grand désordre. Le chef d'état-major de Lamarche, Des Bruslys, assurait qu'il était impossible de retrouver certains
1 Foucart et Finot, I, 413 ; O'Moran au Comité, 17 août (A. G.).