I. Lettre à M. Edouard Grenier, 8 janvier
SOUVENIRS INTIMES
la faveur du public et à donner de magnifiques droits d'auteur.
On s'est imaginé ces dernières années, que l'étoile littéraire de Lamartine, après une éclipse totale, ne recommence que depuis peu à briller de tout son éclat. C'est une erreur.
Sans doute Lamartine, comme tous les hommes de génie, n'a pas cessé davoir ses détracteurs, et ses détracteurs n'étaient pas toujours les premiers venus. Un soir, à un diner chez la princesse Mathilde , j'étais assise entre le prince Napoléon et ^LTaine, et j'entendis celui-ci m'enseigner avec une conviction éloquente, qu'il n'y avait de poètes que dans la littérature anglaise : deux surtout, Shakespeare et Elisabeth Barret- Brow^ning, qui, même, tout bien considéré, pouvaient être salués comme les seuls qui eussent fait de la véritable poésie.
« — Mais en France 1 nous avons aussi de grands poètes, m"écriai-je.