‹ Valentine ou La Nina canadienne [microforme]Chapitre 7 sur 24 · RE RP INT EG · texte numérisé non relu

RE RP INT EG

DE PRAINVILLE.

Certainement ! à Mnux. DERROIS.

Pourquoi donc contraindre "Valentine ?

DE PRAINVILLE,

Ah!....C’est différent!....[l y a une grande distance entre une veuve et une demoiselle ; la veuve peut faire des comparaisons; la demoiselle est hors d’état d’y penser.

Mu. DERBOIS, Ce raisonnement est moins juste que l’autre.

DE PRAINVILUE,

J’espère, madane, que vous m’accordez tout mon bon-sens ?

Sr. LEON.

Sans contredit !. mais, un lourd trois mâts Hollandais, peut-il faire le même chemin qu’une légère corvette Anglaise ?

DE PRAINVILLE.

La conserve est difficile.

Sr. LEON.

Eh ! bien! M. Gobineau ne peut voguer dun:

les mêmes eaux, que mademoiselle Valentine.

DE PRAINVILLE, Balivernes !....

Mur. DERBOIS.

Mais, dans tout, on a des motifs ?

DE PRAINVILLE, Madame, il y à une raison yankee, qui me plait

fort.

Mux. DERBOIS.

Laquelle ?

DE PRAINVILLE.

C’est... .parce que.

Sr. LEON.

Voilà une raison sans réplique....Cependant,

capitaine, êtes-vous sûr de la mort de Charles# ,

CU REA TEL É Er

Ce n’est que malheureusement trop vrai; Charles a trouvé le trépas, aux lieux où cent-fois je désirai finir mes jours ; à vingt encäblures du rivage,

dans un beau sable.

Mme. DERBOIS.

La perspective est séduisante, pour moi, cepen-

dant, je préfère la terre ferme et un beau gazon. DE PRAINVILLE.

Bah! vous ne serez jamais marin. Ah! si vous connaissiez les agréments du métier !... Oui, c’ect un bel état que celui du matelot; si la crainte du ueu‘rage le retenait, le verrait-on silloner l’onde ? L'homme de mer est le plus sot animal à terre ! Le gine et la pipe forment tous ses plaisirs; mais, aussitôt que le signal du départ se donne : son front se déride ; il boit à sa maîtresse, à ses succès, à son capitaine. La brise s’élève ! il faut sortir du port, car la marée se retire. Embarquons, mes enfans ! Sachons :rofiter du vent. La foule se précipite ! c’est à qui monte le premier à bord ; l’ancre se détache, et la terre a fui !...Voyez-vous ce vaisseau suspendu sur les flots; il lève sa tête altière, et semble braver les cieux! Le maître d'équipage, le porte-voix en main, crie au timonier: chasse tribord, chasse-bas-bord, brasse-carré, brasse-sciré ! Hissez la grande voile !....Au milieu du murmure des eaux, vous entendez le matelot à la manœuvre ; Ohé! Ohé!....Mais, un grain arrive, et tout change de face : le maitre d'équipage reprend son porte-voix et crie de nouveau: ferme les écoutilles! Ferle la voile de top-galant! Combien de brasses ? Au largue ! gouverne au plus près!.... La foudre tombe avec fracas, le vent déchire les

ai; Charfois je désidu rivage,

noi, cepen- | gazon.

h ! si vous Oui, c’est rainte du er l’onde ?

terre ! Le mais, ausn front se ès, à son ir du port, s enfans !

récipite !

. s6 > vaisseau altière, et équipage, : chasse.

sse-sciré !

du murà la maarrive, et > reprend les écoubien de rès!....

chire les

eos CO TA

toiles ; Ferlez ! Ferlez les voiles ! ....Le matelot grimpe comme un chat aux mâts les plus élevés ; là, il est suspendu entre la vie et la mort, sans quitter l’amarre ....vain espoir ! la tourmente ne s’appaise point; nous sommes seuls, isolés du monde ; au milieu de montagnes d’eau !....alors, on n’espère plus de salut ; on s’agenouille devant Dieu ; et c’est à lui qu’on confesse ses péchés, en implorant sa miséricorde. “$t.-Antoine, notre patron, et vous Seigneur miséricordieux, daignez écouter notre prière et terminer nos cruelles épreuves !....” Soudain ! le ciel devient calme ; les eaux cessent de rouler ; la joie brille sur le pont’; on nove la tristesse dans le rum, et on sillonne gaiment de nouveau les flots. Voici bientôt une autre scène: l’ennemi s’avance, il nous donne ia chasse ; on ne veut pas le fuir, et on lui épargne moitié du chemin ; quand on est à portée, le commandant crie d’une voix de tonnerre :—“ Branle bas général !” chacun s’élance, chacun est à son poste ! le soldat qui veut signaler sa valeur trouve des appas dans la musique qui s’apprête : les grenades, les mousquetades, les coronnades se croisent, s’entrechoquent, et le matelot danse au milieu de la mitraille !. ... bon!....bon!....bon!....bon! ... c’est l’ennemi qui gronde!. ...bon!....bon!..… bon !...bon!... on lui réplique sur le même ton ; .. On s’accroche, on saute à l’abordage ; la hâche, le pistolet et le coutelas font feu de toutes parts. On s’empoigne corps à corps—on se roule dans des flots de sang ; ...Notre pavillon orne enfin la prise ; ennemi est vaincu !. .. .Noussoignons les blessés, nous enterrons les morts avec solemnité, puis nous amarrons notre capture, en attendant que notre

part de prise paye les dettes que nous allons faire en buvant à notre victoire.

RE "““m———""2Û0 SCENE CINQUIEME.

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