XXXIV NOTICE
des prêtresses ; elle prédisait à tous venans sa sortie de Tîle d'Elbe et les maux qui se déchaîneraient avec lui. Son idée fixe était l'année 15, et elle assignait à cette date prochaine la catastrophe et le renouvellement de la terre.
1815, en justifiant une partie de ses prédictions, exaha sa foi et réalisa son influence politique. Elle avait vu l'empereur Alexandre en Suisse, peu avant les Cent-jours, et avait trouvé en lui une nature toute disposée. Ou avait déjà comparé ce prince à l'autre Alexandre ou à Cyrus; elle rajeunit tout, en le comparant à Jésus-Christ. Elle le croyait sincèrement sans doute ; mais un reste d'adresse , d'insinuation flatteuse du monde, s'y mêlait et n'y nuisait pas . Son ascendant, tout d'abord , fut immense. A Paris, aussitôt l'arrivée d'Alexandre , elle devint son conseil habituel'. 11 sortait de l'Ély-
* En 1814, Tempereur Alexandre avait été sous l'influence de son digne précepteur, le général La Harpe, influence purement libérale, ù la façon des hommes de 89 cl de Tan III ; en 1815, lorsqu'il passa sous celle de ^vao Krïiduer, il parut bien moins libéral à nos libc-