SUR MADAME DE KEUDNEE. XXXV
sée-Bourbon par une porlc de jardin, pour aller» Umi auprès, chez elle, plasieurs fois le jour, et li ils priaient ensemble, invoquant les lamières de r£sprit. Elle a confessé alors à un ami qu'elle avait peine parfois à réprimer ses accès de vanité , quand elle songeait qu'elle était ainsi toute-puissante sur le souverain le plus puissant. Dans les premiers jours de septembre de cette année , une grande revue des troupes russes eut lieu, sous les yeux d'Alexandre , dans les plaines de Vertus en Champagne. Madame de Krûdner , avec son monde, sa fille, son gendre et le jeune ministre Empeylas, qui la dirigeait, était allée loger au ebftteau du Hesnil , près de là. Dès le matin , les voitures do l'empereur la vinrent prendre ,
ma, français, à M. de La Fayette, par exemple, qui relève SQ CCS Mémoires la mûtamoiphose. Mais combieu cette •seconde influence» mystiquement chrétienne et charitable» lui conservait d'amour tic la libcrlû encore, an prix 4e ce qui s'opéra en lui lorsqu'elle se fut refroidie à son tour I
XXXVl NOTICE
et les honneurs que Louis XIV rendit à madame de Maintenon , au camp de Compiègne , ne surpassent point la vénération avec laquelle le conquérant la traita. Ce n^était pas Tarrièrepetite-fille du maréchal de Munich , sa sujette favorite , c'était une Envoyée du Ciel qu'il recevait et 'conduisait dans ses armées. Tête nue , ou tout au plus couverte d'un chapeau de paille qu'elle jetait volontiers^ cheveux toujours blonds, séparés et pendans sur les épaules, avec une boucle quelquefois qu'elle ramenait et rattachait au milieu du front, en robe sombre, à taille longue , élégante encore par la manière dont elle la portait, et nouée d'un simple cordon, telle à cette époque on la voyait , telle dans cette plaine elle arriva dès l'aurore, telle debout, au moment de la prière, elle parut comme un Pierre l'Ermite, au front des troupes prosternées. Elle a écrit et publié dans le temps, au sujet de cette solennité, une petite brochure sous le titre du Camp de Vertus ; ses sentimens et ses magnificences de désirs s'y expliquent mieux que nous ne pourrions les interpréter :
SUE VAHAMB DB nUDKBE. XXX VU
«... Qui ne s'est dit, en assistant^ dans les plaiDM de Champagne qui ont vu la défaite d'Âttiia : Une autre verge a été brisée. .. C'est qa'O n'a jamais existé qu'un seul crime , celui de vouloir se passer du Dieu vivant. Qu'ils ont du être remplis les immenses vœux de votre ccBUT, heureux Alexandre , quand » dans cette journée du Ciel , vous avez vu dans ces plaines où, il y a six cents ans, cent mille Français , en présence d'un roi de Navarre %
1 U X a ici une incorrection de langage {assUtant ne se prenant point dans un lens absolu) ; Tauteur de Falene^ en se faisant instrument divin et propbétesse» soignait beaucoup moins son expression. An temps d*Aasone, saint Paulin , depuis sa conversion, se permit ou même s*impo8a tontet sortes d'incorrections dans ses vers.
3 Tbibant de Champagne probablement» qui 'fut mêlé
aux rigueurs contre les Albigeois, contre les juifs d'Orléansy contre les pastoureaux. On a eonserré dans le pays la tradition du supplice des cent quatre-vingts hérétiques» immolés au Hont-Aimé, qui domine ces plaines,
et dont la tour était encore debout il y a quelques années,
xxxvin Nonofi
Tirent le stippliod de cent quatre-vingts hérétiqoes à la clarté des torches fanèbres ; vous avez vu , dis-je , cent cinquante mille Russes liiire amende honorable i la religion de Yêrmonr ... Ah t qui n'a pas , en voyant cette journée du Ciel , vécu avec nous de toutes les espArances? Qui n'a pas pensé, en voyant Alexandre sous ces grands étendards , à toutes les victoires de la foi , à tontes les leçons de la charité? Qui a osé douter qn'il n'y ait là de hautes inspirations , et qui n'a dit avQC l'ApAtre : ce Les choses vieilles sont passées , voici que toutes choses sont faites nouvelles I»
ce £h 1 qui n'a pas eu besoin de quelque chose de nouveau au milieu de tant démines?
Iss hommes , placés sur le haut de Féchelle par les grandes lumières , ont vu cette époque à la clarté que jetait sur elle la majesté des Ecritures.. • La nature Ta confiée à ses observateurs; les sciences s'en sont doutées; la politique , couverte de honte , Ta pressentie dans ses chutes
» Oui , tous , soit en jouissant de ce grand
secret , encore voilé comme Isis , soit en trenb-
SVm MAHMU DB UUDNBE. XXXIX
dlaot de craiote qae le vcnle des temps ne se déchirât 9 tous ont ea Tespoir oa la terreur de
cette époque.. .
» Quel cœur» en voyant tout cela , n'a pas aussi liattu pour vous, à France» jadis si grande , et qui ressortirez plus grande encore de Tos désastres 1 France » qui ayez voula eii- 1er de vos conseils le Tout-Puissant » et avez vu des bras de chair, quoique appuyés sur des empires » tomber d'épouvante et redevenir impuissans I
» Dites aux peuples étonnés que les Français ont été châtiés par. leur gloire même; dites aux hommes sans avenir que la poussière qui s'élève retombe pour être rendue à la terre des sépulcres I
1» Et vous » France première » antique héritage des Gaules » fille de saint Louis et de tant de saints qui attirèrent sur elle des bénédictions étemelles » et pensée de la dievalerie » dont les rêves ont charmé l'univers» revenez UjiLl entière, car vous êtes vivante d'immortalité 1 Voas n'êtes point captive dans les liens de la mort » comme tout ce qui n'a eu que le