‹ ValérieChapitre 25 sur 68 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

CMhràn, le 6 avril.

Je l'ai dit qtie nous deTions passer quelques jcm id 9 pour que Valérie se reposât : ees

jours ont été les plus agréables de ma vie. Il me eemble qu'elle a plus de confiance en moi» depuis que je la connais mien; elle penîe, je crois, que je ne m'étonne plus de quelques pe- Éites inégalités d'humeur, dont je dois maintenant eomiattre la source . Une très-grande seftsibilité empêche d'avoir une attention continndle sur soi-même. Les âmes froides n'ont que les jouMsancee de l'amour-propre ; elles croient que le calme et la méthode qu'elles portent dans toutes leurs actions et dans toutes leon paroles leur attireront la considération de ceux qui les observent : elles savent pourtant lûen aussi se fâcher et se réjouir ; mais c'est pour des riens, et c'est toujours au dedans d'elles-mêmes ; elles craignent jusqu'aux traits de leur visage, comme des dénonciateurs qui Tont raconter ce qui se passe au logis. Absurde prétention, de prendre pour sagesse ce qui vient de l'aridité du cœur !

Jaaiia Valérie ne me parait i^us aimablet

VALÉEIB.

plus louchante, que quand sa vivacité Ta emportée un iostaoi» et qu'elle cherche à racheter un tort. Et qijel tort? celai d'aimer comme on ne sait pas aimer dans le monde. Je l'observais l'autre jour, lorsqu'elle reçut une lettre de sa mère ; je la lisais avec elle en suivant sa physionomie . Et quand après cela elle sera ou triste ou préoccupée, qu'elle ne saura pas» avec une étnde parfaite de dissimulation, approuTer tout ce qu'on lui propose, sourire à ce qui l'ennuie, appellera-t-on cela des caprices ? Et pourtant elle vent racheter comme des torts ces momens où elle ne peut appartenir qu'à l'idée qui domine son âmel La meilleure des filles, la plus aimante des femmes voudrait être à la fois, et profondément sensible, et toujours ai* tentive à ne jamais contrarier les autres I Et quand on me dirait : — 11 y a des femmes plus parfiiites, — je répondrai : — Valérie n'a que seize ans. — Ah! qu'elle ne change jamais I qu'elle soit toujours cet être charmant que je n'avais vu jusqu'à présent quedans ma pensée 1

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