LETTRE XX
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J'ai à te raconter encore, mon cher Ernest, tous les détails de la petite fête que je donnai à la comtesse; il m'en est resté un souvenir qui ne s'effacera jamais. Je t'ai laissé avec toutes les émotions que m'avait données le petit messager de Valérie. Vers les neuf heures du soir, après qu'on eut quitté la table et qu'elle eut pris un peu de repos, on proposa une promenade, on prit des flambeaux, et toutes les voitures partirent. Rien n'était joli comme cette suite d'équipages, et ces flambeaux qui jetaient une vive clarté sur la verdure des haies, et sur les arbres furtivement éclairés. Valérie ne savait pas où elle allait, et sa surprise fut extrême quand on la fit descendre à Sala : elle trouva les jardins éclairés, une musique délicieuse la reçut. Je me trouvai à l'entrée du jardin, car je l'avais devancée, et je lui présentai la main pour la conduire à la salle du bal. — Qu'est-ce donc que tout cela ?me ditelle. — C'est Valérie qu'on voudrait fêter;