Scène II
LES MÊMES ; AMBROISE
Ambroise. Madame, c’est une lettre qu’un beau chasseur 1 vient d’apporter pour vous.
Caroline, prenant la lettre . C’est bien.2
Ambroise. Je l’ai prié bien poliment d’attendre ; il avait un bel habit vert, galonné sur toutes les coutures.3
Caroline, qui a ouvert la lettre . C’est du comte de Halz bourg. Il est à quelques lieues d’ici, et me demande la permission de se présenter chez moi... sans doute pour me parler de la clause du testament de son oncle. Une lettre très-honnête et très-respectueuse... quel est votre avis ?
Henri. Je n’en ai pas à donner : il ne s’accorderait probablement pas avec le vôtre, et je me mettrais peut-être très-mal avec vous,4 en vous conseillant de ne pas le recevoir.
Caroline. D’abord, ce ne serait pas convenable,5 dans la situation où nous sommes. Je ne peux pas me dispenser...
Henri. Ne cherchez pas de prétexte ; dites plutôt que vous le désirez.
Caroline. Oui, par curiosité, voilà tout. Cela n’engage à rien.6 Toi, Ambroise, préviens Valérie que M. Henri Milner est ici, au salon, et qu’il est seul. ( A Henri.) Elle vous tiendra compagnie en mon absence. Je vais écrire ma réponse.
Elle sort avec Ambroise.