‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 155 sur 184 · AO EE · texte numérisé non relu

AO EE

moins altérées. Quelques mononucléaires et quelques hématies. Pas de cylindres.

Inoculation négative (cobaye autopsié 3 mois après l’inoculation).

Avril 1912. — Excellent état général. La pollakiurie n’a pas complètement disparu,

Observation XXI.

Tuberculose rénale caverneuse gauche. Bacillose génitale. Néphrectomie lombaire, en partie sous-Ccapsulaire. Tuberculisalion imminente, puis amélioration. — Revu à ‘plusieurs reprises dans la suite : évolution tuberculeuse arrêlée; état général bon; le rein restant fonctionne bien; inoculation négative. Excellent état général et vésical 3 ans et demi après la néphrectomie.

Auguste M..... , 45 ans, sommelier, est admis dans le service de M. le Prof. agrégé André, le 9 novembre 1908.

Antécédents héréditaires et collatéraux. — Néant.

Antécédents personnels. — Rougeole et scarlatine pendant l'enfance. Abcès froid costal à l’âge de 18 ans. Blennorragie lors de son service militaire. Marié, femme et deux enfants en bonne santé. Congestion pulmonaire il y a deux ans, qui ne l'a tenu au lit que pendant huit jours environ.

Il ÿ a six ans, il a eu quelques légers symptômes de cystite, pollakiurie et légères douleurs à la miction. Depuis cette époque, il n’a présenté aucun symptôme morbide jusqu’en mars dernier.

La maladie actuelle a débuté, vers le mois de mars 1908, par des douleurs dans la région lombaire gauche et de la pollakiurie, avec douleurs à la miction et dépôts dans les urines. I! consulta un docteur qui diagnostiqua une cystite avec prostatite. Il lui fit des massages de la prostate et des instillations de nitrate d'argent qui, loin de calmer les douleurs, les accrurent. Il se soigna ensuite par des injections d'huile gaïacolée-iodoformée intra-vésicales; comme ses douleurs ne cessaient pas, il fut admis à l'hôpital.

Ajoutons que le malade avait subi, le 21 octobre 1908, une épididymectomie gauche pour bacillose épididymaire.

ÉTAT ACTUEL. — État général. — À maigri depuis quelque temps, parfois un peu de température le soir. Induration nette du sommet droit (matité, renforcement des vibrations, expiration soufflée).

Vessie. — Actuellement, les mictions sont un peu moins fréquentes qu’il y a quelque temps (depuis les injections d'huile); il peut parfois rester deux heures sans uriner; mais, le plus souvent, il pisse toutes les heures. Il se relève plusieurs fois la nuit. Douleurs des mictions un peu moindres aussi. Les urines sont troubles, présentent le caractère des urines rénales; jamais de sang.

Reins. — Le malade souffre un peu de son rein droit qui n'est pas perceptible, tandis qu'on sent le rein gauche augmenté de volume.

Appareil génital. — Les organes du côté droit sont sains. Du côté gauche, une grande partie de l’épididyme a été enlevée, et on constate encore un petit noyau induré épididymaire. La cicatrisation est terminée. Le testicule gauche est sain. Au toucher rectal, la prostate semble être de consistance et de volume normaux.

Cystoscopie. — La capacité de‘la vessie est de 130 grammes environ. À l’examen, on constate qu’elle est très congestionnée dans son ensemble. Quelques petites ulcérations au niveau du méat urétéral gauche; rien de semblable à droite.

Cathétérisme des deux uretères à un jour d'intervalle; les urines séparées sont soumises à l’analyse.

Analyse chimique (D° ROBERT).

REIN DROIT REIN GAUCHE Couleur n° 4 de l'échelle de Vogel. ne 2 de l'échelle de Vogel. Réaction fortement acide. acide UFÉCr RNA TE 29 gr. 64 5 gr. O8 Chlorures : forte proportion } non dosés à cause de la ( 2 gr. 85 Phosphates: forte proportion faible quantité envoyée { 0 gr. 05 Albumine . . . . . 1gr..25 0 gr. 40

Examen microscopique du dépôt après centrifugation.

Rein droit. — Quelques lambeaux d’endothélium urétéral; quelques globules rouges et blancs rares; quelques cristaux d’oxalate de chaux. Pas de pus.

Rein gauche. — Dans le dépôt, on remarque des globules de

pus. en amas nombreux, des hématies et des cellules du bassinet et de l’uretère. (Étant donnée la présence de globules rouges, une partie ou toute l’albumine vient peut-être de ce fait.)

En somme, urine du rein droit beaucoup plus riche que celle du rein gauche, mais renfermant aussi de l’albumine.

Inoculalion au cobaye. — On inocule à des cobayes trois échantillons d'urine : 1° urine totale; 2° urine du rein droit; 3° urine du rein gauche. Les {rois animaux deviennent tuberculeux (D' Thiry).

Épreuve du bleu de méthylène. — Le bleu apparaît dans l'urine une demi-heure après l'injection (teinte faible). Après une heure, élimination assez forte. Maximum après trois heures. Au bout de quinze heures, la teinte bleue décroît; les urines ne sont plus teintées après vingt-quatre heures.

23 novembre 1908. — INTERVENTION. — Néphrectomie lombaire gauche. — Incision oblique habituelle. Le rein, rapidement mis à nu, apparaît gros. En le dénudant, on sent au doigt sur son bord convexe, vers l'extrémité inférieure, plusieurs petits tubercules crus. Le pôle inférieur est facilement libéré. L'extrémité supérieure est plus difficile à énucléer, car elle adhère fortement à la graisse péri-rénale. On est obligé de faire plusieurs pédicules graisseux qu'on sectionne après pincement. Le rein une fois suffisamment libéré, on cherche l’'uretère qu'on trouve facilement. Il est gros, épaissi, induré. On le résèque le plus bas possible entre deux pinces et on cautérise la tranche de section des deux bouts. Puis, on continue la libération en remontant vers le pédicule vasculaire qu'on pince, et on enlève le rein. On fait les ligatures du pédicule vasculaire avec un triple catgut, puis on lie l’uretère et les pédicules graisseux en réséquant le plus possible de la graisse périrénale infiltrée. La plaie est drainée avec deux drains et lamponnée avec trois mèches. Suture partielle des muscles au Catgut et de la peau aux crins. Pansement compressif.

Examen de la pièce. — Le rein enlevé est augmenté de volume. La surface est parsemée de nombreux petits tubercules crus, agglomérés surtout au niveau du pôle supérieur. D'autres sont répandus sur la surface du reste de l'organe. Extérieurement le tiers supérieur et le tiers inférieur ont encore

l'aspect de la substance rénale. Mais le tiers moyen apparaît transformé en une vaste caverne, à parois amincies et fluctuantes, pleine de pus. À la coupe, on ouvre à ce niveau une grosse caverne du volume d’une noix verte, pleine de pus. Il ne semble pas y en avoir d’autres dans le rein.

24 novembre. — SUITES OPÉRATOIRES favorables. — On renouvelle le pansement imbibé de sérosité sanguinolente.

25 novembre. — Va bien. Pansement. Urines abondantes. Ne souffre pas.

28 novembre. — On supprime un des drains.

30 novembre. — Suppression du deuxième drain, et de la

moitié des sutures. On met une mèche de gaze iodoformée à l'orifice du trajet des drains.

2 décembre. — On change chaque jour la mèche done placée dans le trajet du drain. Un peu de sécrétion. Très bon état général. On a repris depuis quelques jours les injections d'huile gaïacolée-iodoformée.

9 décembre. — La plaie lombaire est presque cicatrisée, sauf le trajet occupé par la mèche qu'on renouvelle tous les jours. Depuis trois jours, il y a eu des hémaluries totales assez abondantes qui ont a peu près cessé aujourd’hui. Elles paraissent provenir de l’autre rein. Aucun symptôme de ce côté cependant. L'état général est bon.

11 décembre. — Commence à se lever. Il n’y a plus de sang dans les urines.

16 décembre. — Va bien. Il ne persiste qu'un trajet peu

profond à l'endroit où passaient les drains. Le malade se lève depuis plusieurs jours. Il a eu hier encore du sang dans ses urines.

21 décembre. — La plaie est presque cicatrisée. Va bien. Se lève et mange assez bien, mais tousse passablement. Les urines sont assez claires.

7 janvier 1909. — Il ne reste à cicatriser que le trajet des drains qui suppure peu. L'état général laisse à désirer. Le malade tousse. Il est manifestement en train de se tuberculiser. Ii mange encore bien cependant.

13 janvier. — A quitté l'hôpital depuis quelques jours. Va mieux. On cautérise au thermo les bourgeons charnus.

25 janvier. — Il persiste encore une fistule lombaire qui:

suppure un peu. Le malade tousse et crache beaucoup. Cependant l’appétit est bon.

1 février. 1909. — Même état. La fistule persiste. On conseille le séjour à la campagne.

Revu fin février. Va bien. À augmenté de poids. Mange bien. La fistule a beaucoup diminué de largeur et de profondeur et suppure moins.

18 mars. — Continue à bien aller.

8 avril. — Revu. Bon état général. La fistule est presque complètement refermée. On la caulérise au thermo-cautère.

22 juin. — Complètement cicatrisé depuis un mois. Va bien.

La vessie est améliorée. Le malade continue ses injections d'huile.

30 juin. — Continue à bien aller.

25 août. — À été vu à diverses reprises. Va bien. État général satisfaisant. La vessie va assez bien.

SUITES ÉLOIGNÉES

Malade revu assez souvent.

Fin mars 1911, nous notons l’état suivant (deux ans et quatre mois après l'opération).

Cicatrice solide, non douloureuse. Cicatrisation définitive en six mois.

VESSIE. — Amélioration de l’état vésical. Avant l'opération miclions toutes les une heure et demie. Un an après, mictions toutes les deux heures, puis, les injections d'huile n’ayant plus été pratiquées, toutes les une heure et demie. Depuis six mois environ, le malade fait de temps à autre des injections d’huile, et actuellement les mictions n’ont lieu que toutes les deux heures et demie à trois heures. La nuit, il se relève une ou plus souvent deux fois.

Les douleurs des mictions ont complètement disparu trois mois après l'opération pour ne plus revenir.

Les urines qui avaient contenu du sang à deux ou trois reprises après l'opération, n’en ont plus jamais contenu dans la suite. Elles sont parfois claires, mais le plus souvent troubles, beaucoup moins cependant qu'avant la néphrectomie.

Capacité vésicale. — 200 grammes.

Cystoscopie. — Nous ne pouvons, à notre grand regret, pratiquer l'examen cystoscopique, le malade s’y opposant.

Quantité des urines des vingt-quatre heures : 1.500 centi. mètres cubes.

Poids. — Fin mars 1911, le poids est de 69 kilos. Alors qu'il était à la campagne, l’an dernier, il pesait 73 kilos (peu de temps avant l'opération : 64 kilos).

ÉTAT GÉNÉRAL bon, ainsi que l'appétit.

Appareil génital. — Rien de nouveau à signaler. Prostate indemne.

Poumons. — Les signes stéthoscopiques indiquent une bacil-

lose ancienne du sommet droit. Rien à gauche. L'évolution des lésions paraît complètement arrêtée.

Traitement suivi depuis l'opération. — Le malade a fait deux séjours, l’un à la campagne, l’autre dans un sanatorium. Injections d'huile gaïacolée-iodoformée par intermittences. Actuellement, huile goménolée mieux supportée.

ÉTAT DU REIN RESTANT

Le rein droit n’est pas douloureux, il semble légèrement

augmenté de volume à la palpation.

Analyse des urines des vingt-quatre heures M. GARNIER).

DRE ME ER PE SR RE DA TIt es DÉRSRET AT EEE ER AR US cause et TT: UPU CM. Couleur jaune citrin.

Aspect trouble. ;

Dépôt assez abondant.

Consistance fluide.

Odeur normale.

Réaction acide.

Urée .. . : : 1{4gr. 47 (par litre), 21 gr. 70 (par 2% heures) Chlorures . . . 10 gr. 88 -- 16 gr. 32 — Acide phosphorique en P205. 1 gr. 72 — 2 gr. 58 — GIUCOSE RE MIO OT OU — à 0 gr. 00 Albumine. . . . -Ogr. 10 — 0 gr. 15 — Examen microscopique (D°' Fairise). — Globules de pus en

assez grande abondance; hématies; pas de cylindres. Inoculation négative (cobaye autopsié 3 mois après l’inoculation).

Fin mai 1912, nous revoyons l’opéré qui se porte bien à tous les points de vue (3 ans et demi après la néphrectomie).

Observation XXII.

Tuberculose rénale droile caverneuse. Induration des sommets. Néphrectomie lombaire droite. Synovile fongueuse consécultive; opération : guérison. — Un mois plus tard, épididymectomie: quérison. — Revu ? ans el 3 mois après la néphrectomie : amélioration très notable des symptômes; état général bon. La tuberculose pulmonaire n'a pas évolué. Amélioralion des lésions vésicales constalée au cystoscope. Bon fonclionnement du rein restant. Inoculation toutefois positive. — Trois ans el demi après la néphrectomie, bon état général; l’état vésical s'est encore amélioré. L’urine n’a plus élé inoculée.

Joseph T....., 4o ans, scieur de long, entre dans le service de M. le Prof. agrégé André, le 16 octobre 1908.

Antécédents héréditaires. — Néant.

Antécédents personnels. — Femme et enfants, au nombre de cinq tous bien portants. À 25 ans, pleurésie gauche avec épanchement. Depuis cette époque, il tousse parfois et a de temps à autre un peu de fièvre le soir avec sueurs nocturnes. Depuis six semaines, le malade est atteint de synovite fongueuse de la gaine synoviale’ des tendons extenseurs de la main droite.

La maladie actuelle remonterait à environ un an. A celte époque, il commença à ressentir des douleurs dans les deux régions lombaires, puis survint de la pollakiurie, qui depuis n'a jamais cessé, Depuis six semaines, cette pollakiurie a beaucoup augmenté et de plus sont survenues des douleurs violentes à la fin des mictions. Ce sont ces symptômes qui l'amènent à l'hôpital. Ajoutons qu'il nie toute blennorragie antérieure. Les instillations de nitrate d'argent qu'on a faites à son arrivée n'ont jamais été lolérées, tandis que les injections d'huile goménolée le soulagent beaucoup.

ÉAT MorueL 2 Aspect assez robuste, aurait beaucoup Maigri néanmoins depuis quelque temps. Double hernie inguinale. Fièvre parfois le soir.

Vessie. — Le malade à de très fréquentes envies d’uriner, Il est obligé de pisser tous les trois quarts d'heure pendant le

—C$rr-—

jour; la nuit, la pollakiurie existe aussi, quoique à un moindre degré. Le besoin d’uriner, quand il se produit, est absolument impérieux, et le malade ne saurait s’y soustraire.

Douleurs à la fin des mictions. Elles ont un peu diminué, ainsi que la pollakiurie, depuis qu'on fait des injections d'huile goménolée.

Urines. — Jamais le malade n'a eu d'hématuries; par contre, il existe une pyurie abondante. Le dépôt est blanc-grisâtre, et l'urine qui surnage est trouble également.

Reins. — Violentes douleurs dans les deux reins qui se calment par le repos. Le rein gauche n’est pas perceptible à Ja palpation, tandis que le rein droit est abaissé et augmenté de volume; il présente le phénomène du ballottement.

Cystoscopie. — Vessie très sensible; faible capacité. Bas-fond normal; région urétérale gauche non malade. Au niveau de la région urétérale droite, on constate une surface rouge et ulcérée dans l'étendue de deux à trois centimètres.

Cathétérisme urétéral des deux côtés à un jour d'intervalle.

Analyse des urines séparées. — Le rein droit présente un fonctionnement chimique très défectueux; ses urines contiennent des globules de pus en abondance; pas de cylindres.

Le rein gauche présente, au contraire, un bon fonctionnement malgré des traces d’albumine, dues peut-être aux globules rouges contenus dans cette urine (urée : 35 gr. 29; acide phosphorique : 3 gr. 5).

Inoculalion au cobaye. — Les cobayes inoculés avec ces deux urines deviennent tous deux tuberculeux.

« Le procédé de recherche dont je fais usage (inoculation au cobaye) est tellement sensible que je crains qu’on ne puisse différencier une tuberculose rénale droite ou gauche dans beaucoup de cas, parce que les instruments traversent forcément la vessie où les deux urines sont mélangées (D° Thiry). »

Appareil génital. — La prostate est dure et un peu bosselée, légèrement douloureuse au toucher.

Appareil respiratoire. — Induration nette du sommet gauche.

Appareil digestif. — Peu d’appétit, néanmoins digestions régulières, constipation habituelle.

Épreuve du bleu de méthylène satisfaisante. — Le bleu s’élimine notablement dès la première demi-heure :et d’une façon

assez intense au bout de la première heure, et pendant douze heures environ, l'élimination est assez forte. Pendant les six “heures suivantes, elle est moyenne, puis continue plus faible pendant le reste de la journée.

25 novembre 1908. — INTERVENTION. Néphrectomie lombaire droite. — Incision oblique habituelle, poussée assez loin en avant, car le malade est assez gros et l’espace costo-iliaque peu développé. Le rein mis à nu, apparaît très volumineux. Son extrémité inférieure et sa partie moyenne sont libérés facilement, mais il n’en est pas de même de l’extrémité supérieure qui remonte fort haut sous les côtes et est très adhérente à l'atmosphère périrénale. On sent que cette extrémité supérieure est molle, fluctuante, transformée en une grosse poche purulente. Comme on n'arrive pas à la libérer complètement, on va d’abord à la recherche de l’uretère qui est trouvé gros, épaissi, induré. On le résèque entre deux pinces à plusieurs centimètres du bassinet, puis en remontant on libère celui-ci et on arrive au pédicule vasculaire qui est pincé avec plusieurs clamps et sectionné. On peut ainsi attirer peu à peu le pôle supérieur du rein, le libérer et extraire alors facilement l’or-

gane.

Ligature de l’uretère et des pédicules vasculaires au catgut en plusieurs ligatures étagées. On résèque une partie de la graisse périrénale. Drainage avec deux drains; la plaie est tamponnée avec deux mèches. Suture partielle des muscles au catgut el de la peau aux crins. Bandage compressif.

Examen de la pièce. — Le rein enlevé est très volumineux. Dans les deux tiers inférieurs, il est surtout très congestionné, violacé, mais la substance rénale existe, à part cela, assez normale. Au contraire, tout le tiers supérieur de l'organe est transformé en une vaste poche purulente à parois amincies, fluctuantes, et d'aspect jaunâtre.

A la coupe, le tiers supérieur du rein est transformé en une série de trois ou quatre grandes cavernes du volume d’une noisette à une petite noix pleine de pus caséeux. Le reste de l'organe ne semble pas en contenir.

SUITES OPÉRATOIRES favorables. — Un peu de température, les deuxième et troisième jours et œdème rouge autour de la partie inférieure de la plaie. On fait sauter deux points de

sutures et on évacue une collection de pus qui paraît souscutanée. Drainage et lavage à l’eau oxygénée. La température tombe et l’œdème disparaît peu à peu. On supprime un des gros drains le septième jour.

4 décembre. — On remplace le gros drain restant par un moins gros. Enlèvement des sutures. Lavage à l’eau oxygénée. Va bien.

9 décembre. — La plaie suppure un peu. Exsudation séreuse modérée. On a laissé jusqu'ici un drain allant au fond du foyer Opératoire. Désunion de la partie inférieure de la plaie, au niveau où il y avait eu de la Suppuration et tamponnement avec mèche de gaze iodoformée, Le malade souffre toujours passablement de la vessie.

16 décembre. — On continue les pansements tous les jours. La plaie va bien et Suppure peu. Le malade se lève depuis deux jours. Il souffre toujours de la vessie.

21 décembre. — Va bien. La plaie a bon aspect et tend à se cicatriser. Le malade souffre toujours de la vessie. Cependant les urines sont presque claires.

7 janvier 1909. — La plaie se cicatrise dans de bonnes conditions, bien que lentement. Les urines sont presque claires et cependant le malade souffre toujours beaucoup de la vessie. Il mange bien et se lève depuis plusieurs jours.

18 janvier 1909. — Va bien. La cicatrisation se fait lentement.

On a opéré le malade il y a quelques jours pour une synovile fongueuse des gaines des tendons extenseurs de la main droite. Excision en totalité de la gaine synoviale dorsale, qui était complètement fongueuse.

25 janvier. — La main a été guérie par première intention en huit ou dix jours. Le malade en a repris complètement l'usage. La cicatrice lombaire est presque complète. La vessie Ya un peu mieux. Bon état général.

11 février. — Les fistules de la cicatrice sont presque fermées. Mais, depuis une huitaine de jours, le malade fait un petit noyau d'épididymite du côté droit. Le noyau, très petit, n'augmente pas.

Le noyau, après être resté stationnaire près de quinze jours, a augmenté, Peu à peu, tout l’épididyme s’est induré,.

Dre

18 février. — On pratique l'épididymectomie du côté droit. L'épididyme entier est induré et contient des lésions tuberculeuses qui en un point commencent à suppurer.

5 février. — On enlève les sutures. Réunion par première

intention.

Depuis quelques jours aussi le malade fait un nouveau foyer

de synovite à l'extrémité supérieure de la cicatrice sur la face dorsale de la main droite. La fistule lombaire est cicatrisée.

1% mars. — On fait une nouvelle intervention sur les gaines dorsales de la main droite. Tout ce qui n'avait pas été enlevé lors de la première opération était devenu fongueux. On extirpe tout ce qui restait de la synoviale jusqu’au-dessus du ligament annulaire du carpe qui est sectionné et resuturé. Toute la synoviale est désormais enlevée. Sutures de la peau et pansement compressif. Dans la suite, il y eut un peu de suppuration, un épanchement de sérosité s'étant formé dans de foyer.

L'opération du rein est bien cicatrisée. État général satisfaisant.

3 avril 1909. — A sa sortie du service, il ne reste à la main que deux pelites surfaces non cicatrisées, mais les tendons extenseurs du médius et de l’annulaire ont dû s’exfolier car l'extension de ces deux doigts ne se fait pas bien.

SUITES ÉLOIGNÉES

Nous faisons revenir le malade dans les premiers jours de mars 1911 (2 ans et 3 mois après l'intervention).

Cicatrice solide, non douloureuse. Plaie cicatrisée au bout de trois mois après l'intervention.

Vessie, — La vessie s’est améliorée, mais fait parfois encore souffrir un peu le malade.

Nombre des mictions. — Toutes les deux heures, le jour; la nuit, de même (avant la néphrectomie +tous les trois quarts d'heure). :

Douleurs des mictions. — Le malade souffre parfois en urinant, mais beaucoup moins qu'avant l'intervention.

Urine. — Très légèrement trouble; quelquefois les urines contiennent un peu de sang.

Capacité vésicale : 100 grammes.

Cystoscopie. — Vessie presque normale. Muqueuse de coloration à peu près normale, sauf un peu de congestion. La

ne

Prostate hYpertrophiée forme une saillie intra-vésicale. Les ulcérations vésicales ont disparu.

Quantité des urines des vingt-quatre heures. — 1.500 centimètres cubes environ.

Poids du malade, — Depuis l'opération, augmentation très nolable de poids (le malade ne sait donner de chiffres).

Étal général bon. — N'a plus jamais de fièvre ni de sueurs nocturnes. Travaille presque autant qu'avant sa maladie, Appétit excellent.

Organes génitaux. — Prostate augmentée de volume (toucher rectal et cystoscopie), mais non douloureuse. Épididyme gauche et testicules indemnes.

Poumons. — Les lésions du sommet gauche constatées antérieurement n'ont pas évolué. Emphysème vicariant. Traitement suivi après l'opération. — Pendant six mois

environ, huile goménolée; aucun traitement actuellement.

ÉTAT DU REIN RESTANT

Rein gauche non perceptible à la palpation, non douloureux.

Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (D: Hekren).

OuANNÉ Et re pes cet EE Ne DS Na 1.500 cme.

DÉSERT . 1.021 Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.

Réaction acide.

ÉRÉCERN RMRst (parlitre), 34 gr. 33 (par 24 heures) CHIONTE NET — 6 gr. 75 — Acide phosphorique POSE Et noir: - 3 gr. —- Albumine. Ogr. : Ogr. — GOSSES ND CE ne Ogr. — Examen histologique (D' Fairise). — Quelques très rares mononucléaires.

Inoculation positive (autopsie 7 Semaines après l’inoculation). Fin mai 1912, le malade écrit que son état de santé est assez bon; la vessie va plutôt mieux que lors du dernier examen. Ù

RDS

Observation XXIII (').

Tuberculose rénale droite à forme pyonéphrotique. Néphreclomie lombaire sous-capsulaire. — Après 6 semaines, Casiration à gauche. Un mois plus lard, épididymectomie à droite. __ Malade revu après 14 mois : après une amélioration très notable, bronchite suspecte et douleurs vésicales. — Après 2 ans : aggravation des symptômes vésicaux et pulmonaires. Cystoscopie : les 2? méats présentent des lésions. Le rein restant présente un fonctionnement suffisant. Inoculation posilive. Bacillose probable du second rein. L'opéré est en pleine évolution tuberculeuse pulmonaire et intestinale. Il meurt deux ans et demi après la néphrectomie. Pas d’autopsie.

Adrien C....., 22 ans, cultivateur, entre au service le 2 décembre 1908 pour des symptômes vésicaux et rénaux.

Antécédents héréditaires. — Néant.

Antécédents personnels. — Plusieurs angines vers l’âge de 8 à 10 ans et de nouveau à 18 ans. Ne tousse pas habituellement. N'a jamais eu de blennorragie.

La maladie actuelle a débuté il y a environ quatre ans et s’est développée petit à petit. A. GC... a commencé à cette époque à présenter des symptômes de cystiste; mictions toutes Les heures; grandes souffrances pendant et vingt minutes après les mictions, urines purulentes et contenant un peu de sang parfois.

Au début, il s’est soigné uniquement en prenant des cachets d'urotropine. Entré au régiment comme engagé volontaire, il dut se faire porter malade au bout d’un mois et fut admis à l’infirmerie où on lui fit des grands lavages au permanganate de potasse.

On l’envoya ensuite à l'hôpital de Béziers, où il fut traité pendant quatre mois (tisanes, urotropine, lavements laudanisés, pilules de térébenthine). Il fut alors envoyé en convalescence pendant trois mois.

Rentré au régiment, il se fatigua beaucoup à faire des marches et l'exercice, ne voulant pas se faire porter malade dans l'espoir d’un prompt avancement en grade, mais souffrant beaucoup de sa vessie.

1. La première partie de cette observation a déjà été publiée in thèse de CHÉVELLE, Nancy, 1909. (Obs. XXXIII, p. 134).

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