SAS
Au bout de cinq mois, il fut de nouveau envoyé à l'hôpital, puis réformé.
Rentré chez lui, il alla consulter un docteur à Épinal qui lui fit plusieurs instillations de nitrate d'argent sans améliorer son état. Ajoutons que depuis deux ans environ, le malade souffre de son rein droit, surtout lorsqu'il se fatigue.
ÉTAT ACTUEL. — État général. — Le malade est pâle, amaigri et a beaucoup perdu ses forces. ‘ Vessie. — Les mictions sont très fréquentes; il urine presque
tous les quarts d'heure. Les souffrances sont vives, surtout à la fin des mictions.
Les urines, examinées dans un bocal, sont très troubles et ne se clarifient pas par le repos. Elles forment au fond du vase un dépôt abondant.
Analyse chimique des urines des vingt-quatre heures (D' HERBIER). OO En fees NN Qaiee CAP LEUR PARUS Den METEO MALE CCE HÉALOLE Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.
Réaction acide.
Dépôt abondant (nombreux globules de pus).
Urée. . . . .: . 12 gr. 12 (par litre), 20 gr. 60 (par 24 heures) Acide urique . . Ogr. 37 — 0 gr. 62 — Chorus NL er 55 — 1 gr. 73 — Phosphates . . . 1 gr. 50 — 2gr: 55 — Glucose. 202,040 0.gr100 — 0 gr. 00 — Albumine. . . . Ogr. 50 — 0 gr. 85 —
L'examen cystoscopique est très difficile à pratiquer, car la vessie est très intolérante. La vessie est très congestionnée et on apérçoit une ulcération au voisinage de l’uretère droit, par l'orifice duquel s'échappe de l'urine purulente.
Le rein droit étant à coup sûr malade, on pratique le cathélérisme de l’urelère gauche pour s'assurer du bon fonctionnement du rein correspondant. |
Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (D° Hermer).
Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.
Réaction acide.
RÉ a (tailitre)t, L'asr. 10 COOEUÉCS EPP RE MA Ne Le — 8 gr. O0 Albumine . . . PARENTS OUTRE A — 0 gr. 20
Pas de sédiments.
Examen histologique de l’urine du rein gauche (Prof. Hoche). — Quelques globules rouges et cellules épithéliales. Quelques
rares amas de leucocytes, la plupart mononucléaires. Pas de pus.
En somme, le rein gauche paraît présenter un fonctionnement suffisant pour autoriser une néphrectomie du côté droit.
Reins. — Le rein gauche n'est pas sensible à la palpation. Au contraire, en palpant le rein droit, on sent nettement son pôle inférieur; la main qui explore n’enfonce pas autant que de l'autre côté et la palpation est légèrement douloureuse.
Uretères. — Le malade souffre aussi tout le long de son uretère droit. Points douloureux urétéraux à la pression.
Épreuve du bleu de méthylène satisfaisante.
Appareil génital. — Néant.
Appareil respiraloire. — Les poumons sont indemnes de bacillose, tout au moins évolutive. Respiration normale à l’auscultation. Pas de fièvre, pas de sueurs nocturnes.
7 décembre 1908. — INTERVENTION. — Néphrectomie lombaire sous-capsulaire droile. — L'incision oblique habituelle amène rapidement dans la loge lombaire, mais on constate immédiatement que le rein est entouré d’une périnéphrite scléreuse extrêmement intense. La graisse périrénale, très dure, est intimement accolée äu rein. On reconnaît que la néphrectomie extra-capsulaire serait impossible. On fait donc la décortication intra-capsulaire qui se fait assez difficilement, car le rein est très mou et remonte haut dans les fausses côtes.
Préalablement, le rein avait été incisé et il en était sorti une notable quantité de pus qu'on avait recueillie sur des compresses. Le rein décortiqué est énucléé. Il a perdu toute apparence d'un rein normal et apparaît formé de plusieurs volumineuses cavernes juxtaposées, qui lui donnent une apparence lobulée. On place des clamps sur le pédicule, et on enlève l'organe. On fait les ligatures du pédicule au catgut. Le pédicule est assez épais et très dur. La plaie est ensuite abondamment lavée à l’eau oxygénée. On tamponne avec trois mèches de gaze et on rétrécit simplement les angles supérieurs et inférieurs de la plaie avec trois ou quatre points de sutures musculo-aponévrotiques au catgut et autant de points au crin de Florence pour la peau. Le tiers moyen de la plaie est laissé ouvert et donne issue aux mèches.
SUITES OPÉRATOIRES normales. Légère élévation de tempé-
FE 519 = — rature le deuxième jour, puis la température redevient normale.
10 décembre. — Le pansement superficiel a été renouvelé tous les jours. Les deux ou trois premiers jours, suintement séro-sanguinolent abondant qui se tarit assez vite. Aujourd’hui on retire les mèches et on les remplace par une mèche au peroxyde de zinc.
Depuis l'opération, les urines ont été de quantité normale. État général très bon.
15 décembre. — Va bien. On enlève les sutures. On met encore une mèche dans le trajet qui n’est pas réuni. Peu de sécrétion. Bon état général. On fait des injections d'huile gaïacolée dans la vessie,
21 décembre. — Va bien. La plaie sécrète peu et diminue de profondeur. Les urines sont presque claires. Le malade commence à se lever.
31 décembre. — Va bien. Repart chez lui. Il ne reste plus à cicatriser qu'un trajet peu profond dans lequel on met encore une mèche. Le malade continuera ses injections d’huile gaïacolée-iodoformée.
13 janvier 1909. — Le malade revient au service avec une épididymite tuberculeuse gauche. — Il reste encore une petite étendue de l’incision à cicatriser.
22 janvier. — On pratique la castration à gauche. L'épididyme et le canal déférent sont très volumineux et pleins de pus.
25 janvier. — Les deux points de l’incision lombaire qui restaient à cicatriser sont en bonne voie de fermeture.
29 janvier. — On enlève les sutures de la castration. Réunion par première intention.
11 février. — L'opéré se lève depuis quelques jours. La plaie de la castration est guérie. Les fistules de la cicatrice loinbaire le sont presque aussi.
Le malade commence à faire une épididymite bacillaire à droite.
20 février. — Petite fistulette au niveau de la partie supérieure de la cicatrice de castration.
25 février. — On pratique l’épididymectomie droite. L'épidi-
dyme est enlevé complètement avec plusieurs centimètres du
canal déférent déjà bosselé moniliforme. Au niveau de la queue de l'épididyme, noyau induré du volume d'une noisette, contenant déjà du pus au centre.
Les fistules lombaires sont à peu près cicatrisées. Suites opératoires normales. On enlève les fils le huitième jour. Réunion par première intention. Quelques jours après, le malade se lève.
19 mars. — Les fistules lombaires sont à peu près fermées, ainsi que la fistulette de la castration à gauche, On continue les injections vésicales. Bon état général.
18 avril. — Il persiste encore une petite fistule très étroite mais profonde. L'état général est bon. Le malade a quitté l'hôpital à la fin de mars.
3 mai. — Revu. Guéri, sauf une petite fistule lombaire extrêmement étroite quoique encore profonde, mais qui ne suppure plus.
A la bourse droite, il persiste à la partie inférieure de la cicatrice une fistule qui suppure un peu. Bon état général.
24 mai. — La cicatrice lombaire est complètement fermée (quatre mois après l’opération). A la bourse droite, il persiste une fistule entretenue par l'extrémité du canal déférent qui est gros. À gauche, légère fistule qu'on cautérise au thermocautère.
>7 mai, — On extirpe à droite la fistule, le noyau caséeux qui l’entretenait et environ sept à huit centimètres du canal déférent qui paraît sain. Drainage avec un faisceau de crins et quelques sutures.
2 juin. — On enlève les sutures et le drainage. Ea réunion est obtenue. Sort quelques jours après.
Revu en juillet. — Bon état général. La région lombaire est
bien cicatrisée. Il persiste une petite fistulette de chaque côté de la racine de la verge, provenant évidemment des deux canaux déférents.
Vers le 15 juin 1909, lè malade reprend son travail. Bon état général. À engraissé, La vessie va beaucoup mieux; les souffrances ont disparu; les urines sont presque claires. Mic-
tions environ toutes les deux heures (au lieu de tous les quarts d'heure).
— bar —
En août 1909, les deux fistules des bourses s’oblitèrent spon-
tanément. Bon état général et local.
SUITES ÉLOIGNÉES
Février 1910. — Nous avons l’occasion de revoir le malade qui dit avoir été en parfait état de santé jusqu’à il y a trois semaines environ, époque à laquelle il contracte une bronchite. Dès lors, il n’a jamais cessé de tousser.
En juin 1910, il obtient un mois de congé pour soigner sa € bronchite ». Il va alors à la campagne, mais reprend bientôt son travail non guéri.
De même, il recommence à souffrir un peu de sa vessie. Il n'urine que toutes les deux heures, mais les mictions sont un peu douloureuses et surtout très impérieuses.
Les urines sont légèrement troubles. Il avait, du reste, cessé tout traitement vésical depuis quelques mois.
L'état général néanmoins reste bon.
Décembre rgr0. — Depuis un mois, le malade a beaucoup maigri, son état général décline, et il est obligé de cesser son travail.
Toux et expectoration abondante; anorexie, mauvaises diges tions, diarrhée.
Le 10 janvier 1911, nous revoyons une dernière fois l’opéré et nous notons l’état suivant :
Cicatrice lombaire non douloureuse. Cicatrisation définitive en quatre mois.
VESSIE. — Après une amélioration nette de l’état vésical pendant un an et demi, il recommence à souffrir. Nombre des mictions. — Urine toutes les heures ou toutes les
les deux heures au plus.
Les urines sont troubles à l'émission et forment un léger
dépôt.
Capacité vésicale. — 8o grammes.
Cystoscopie. — La vessie est très congestionnée. Au voisi-
nage de l’uretère droit correspondant au côté opéré, on aperçoit encore quelques petites ulcérations recouvertes de pus et des placards très rouges. La région voisine de l’uretère gauche présente aussi des placards très rouges, mais pas d’ulcérations.
Uretères. — L'uretère droit, correspondant au côté opéré, est
douloureux sur tout son trajet. Pas de douleurs du côté gauche.
Quantité des urines des vingt-quatre heures : x litre en moyenne.
ÉTrarT DU REIN RESTANT.
Le rein gauche ni l’uretère correspondant ne sont douloureux. Cependant, la palpation révèle une hypertrophie assez nette de l'organe.
Analyse chonique de l'urine des vingt-quatre heures (D HERBIER).
QUANUITES 2 0e PPT AR IR ET 1.000 cme.
Urées an sus. mupan litre ct par 24theures) 24 er #78 Chlorure ne — — 2 gr. 50 PNOSDRATES EN — — 1 gr. 00 AIDUMINE SE UEMRIEANE — — 1 gr. 00 Dépôt peu considérable dans lequel se trouvent des globules de pus.
Inoculation au cobaye positive. — (L'animal meurt 5 semaines après l’inoculation. A l’autopsie : bacillose généralisée.) Poids du malade, — Il ne peut indiquer de chiffres; a beau-
coup maigri.
ÉTAT GÉNÉRAL mauvais, Fièvre le soir, sueurs nocturnes.
Appareil respiratoire. — Le malade tousse beaucoup et expectore des crachats purulents en abondance. Au sommet gauche, matité, inspiration rude, expiration soufflée. Au sommet droit, râles sous-crépitants sonores et souffle révélateur d’une petite caverne. Résonance de la voix, renforcement des vibrations. En somme, lésions bacillaires en pleine évolution.
Appareil génital. — Au toucher rectal, la prostate est un peu augmentée de volume et douloureuse. Pas de bosselures. Appareil digestif. — Anorexie absolue, parfois quelques
vomissements après les repas, diarrhée; parfois les selles sont teintées de sang. Douleurs dans le ventre sous forme de coliques.
En résumé, le malade présente un mauvais état général et de la bacillose pulmonaire et intestinale. La bacillose du rein restant est probable, malgré le bon taux d’urée.
Nous prescrivons à C1... de reprendre le traitement vésical et ordonnons un régime approprié à son état.
Le malade meurt chez lui le 30 avril 1911, deux ans et. demi après la néphrectomie.
Sa mère nous écrit qu'il s’est affaibli progressivement et qu'il s’est éteint sans souffrances. Les signes pulmonaires se seraient beaucoup aggravés dans les derniers temps. Jusqu'à la fin, quantité des urines normale, mais urines très troubles. N'a Jamais souffert de son rein gauche,
Observation XXIV.
Bacillose rénale droite (caverneuse). Néphrectomie lombaire. Broncho-pneumonie consécutive, terminée par la guérison. La plaie, par contre, présente peu de tendance à se cicatriser Elal général médiocre. — Mort 7 mois après la néphrecto mie, probablement de tuberculose pulmonaire.
Albert PA , 48 ans, cultivateur, entre au service lé 28 décembre 1908.
Antécédents héréditaires. — Pas de bacillose familiale.
Antlécédents personnels. — N'a jamais fait de graves mala-
dies. Cependant il est assez sujet à gagner des bronchites en hiver.
Maladie actuelle. — Elle a débuté il y a un an environ par des phénomènes de cystite ou plutôt d’irritation vésicale: au début, il était obligé d’uriner environ toutes les deux heures el les mictions étaient très impérieuses. Mais les douleurs à la miction ne sont survenues qu’un peu plus tard, de même que la pyurie; rarement les dernières gouttes étaient teintées de sang.
Le malade a suivi à plusieurs reprises un traitement consistant en ingestion d’urotropine et en instillations intra-vésicales de nitrate d'argent qui, loin de provoquer une amélioration, aggravèrent son état.
ÉTAT ACTUEL. — État général. — Constitution robuste; cependant, depuis quelque temps, il aurait beaucoup maigri. Pas d: fièvre ni de sueurs nocturnes. Jamais d’hémoptysies. Pas 2: bacillose pulmonaire, tout au moins en évolution.
VessiE. — Le malade souffre seulement lors de l'expulsion des dernières gouttes d'urine, mais pas dans l'intervalle de-
mictions. Ces mictions étaient très impérieuses avant son entrée au service; cependant le patient a subi depuis des injections intra-vésicales. d'huile goménolée qui l’ont beaucoup soulagé. Aussi, quelques jours avant son opération, le malade n'est-il plus obligé d’uriner que toutes les deux heures.
Les urines sont très troubles et ne se clarifient pas par le repos dans un vase au fond duquel elles forment un abondant dépôt. Elles ne contiennent pas de sang.
Reins. — Le malade ne souffre pas des reins. A la palpation de la région lombaire gauche, on ne note rien de particulier. Du côté droit, il y a une défense nette de la paroi qui gêne la palpation; cependant le rein ne semble pas notablement augmenté de volume.
Cystoscopie. — Capacilé assez bonne. La vessie est très rouge et enflammée. Quelques petites ulcérations dans le voisinage de l’uretère droit.
On pratique le cathétérisme des uretères en deux séances successives.
Le cathétérisme de l’uretère droit est difficile quoique l'orifice de cet uretère soit béant. La sonde y progresse difficilement; elle ne peut pénétrer que de 10 centimètres environ. Il est donc impossible de recueillir l’urine du rein correspondant.
Le cathétérisme de l’uretère gauche est facile. Il sort de cet urelère une urine qui est reconnue normale dans les divers laboratoires où elle est analysée.
Analyse des urines (D' HERBIER).