RUE
en moyenne 2.000 cmc. Puis du cinquième au dixième jour, lä quantité a ateint 4.500 eme. et même 5.000 eme. Elles sont ensuite retombées à 3.000 emc. ou 3.500 eme. qui est la moyenne actuelle.
Poids du malade. — Il y a eu augmentation nette du poids après la néphrectomie, sans que le malade puisse donner de chiffres. Il n’a plus maigri dans la suite.
Érar GÉNÉRAL. — Execellent, appétit normal.
Appareil respiratoire. — Le malade n’a ni fièvre ni sueurs
norturnes. Il ne tousse pas. Poumons indemnes de bacillose.
Traitement suivi depuis l'opération. — Pendant six mois encore après l'intervention, injections vésicales d'huile goménolée. Plus aucun traitement depuis. On conseille au malade de reprendre ses injections.
Depuis l'opération, le malade a eu une grippe qui l'a tenu au lit pendant quelques jours. Il s’est bien remis à la suite de cette affection. Ne peut dire s’il a eu à cette époque de l’albuminurie.
ÉTAT DU REIN RESTANT
Pas de renseignements sur la palpation du rein restant
après la néphrectomie. Ce rein n’est pas douloureux.
Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (M. GARNIER).
(HE OLA E CE PP EE EPA CCE 3.900 cie.
PORC PAP NAN ue — CREME: jaune pâle NSUEC UE RCE OU 0 trouble DÉDUIT TRS RS SSEZ abondant RÉ COMR PEe e HRNes 1215307 CALE alcaline DOROEEd2nE CNOEN EME ER 1.009 cnic.
Une UN D Agr. 82 (par litre), 16-gr.87 (par 24 heures) Chlorures . : . . 6 gr. O8 — 21 gr. 28 — Acide phosphorique en | P205 HAUTE ON — 1 gr. 31 — Cincose ere EM 0 mUEE-0 — 0 gr. 0 — Abumine mn LS TA UL — 3 gr. 9 —
Cette urine réduit (très imparfaitement) la liqueur cupropotassique, mais donne un résultat négalif au polarimètre done pas de glucose.
Examen histologique (D' Fairise). — Phosphate ammoniacomagnésien et granulations d’urale de soude en abondance; cellules épithéliales banales; pas d'éléments spéciaux du rein. Pas de pus.
Inoculation négative (cobaye autopsié 3 mois après l'inocu-
lation).
Fin mai 1912. — L'opéré écrit qu’il est en bonne santé.
Observation XXXI.
Tuberculose rénale gauche à forme caverneuse. Accouchement normal il y a un an. Néphrectomie lombaire gauche. — Nouvelles ? ans après : état local et général bon. Le rein restant fonctionne bien. Inoculation négative. — Trois ans après la néphreclomie, le docteur de l’opérée nous dit qu’elle se porte bien et qu’elle est enceinte de 3 mois.
M°° C....., 30 ans, sans profession, entre à la Pension Bon-Secours le 23 mai 1909 pour des symptômes vésicaux et TÉNAUX.
Antécédents. — Pas de maladie jusqu’à il y a deux ans.
Notons une grossesse normale suivie d'un accouchement normal l’an dernier.
Maladie actuelle. — Depuis environ deux ans, la malade souffre de cystile. Elle a subi divers traitements sans résultat.
L'an dernier, elle a été vue une fois mais n’a pas consenti à subir un examen complet. Depuis, l’état est resté le même. La malade urine souvent, avec douleur, et ses urines sont troubles. Depuis quelques mois, elle souffre d'une façon presque continue du rein gauche.
ÉTAT ACTUEL. — Examen cystoscopique le 25 mai. — La vessie est rouge et enflammée, surtout dans sa moitié gauche. L'orifice urétéral gauche paraît boursouflé et ulcéré. L'orifice droit semble normal.
On tente le calhétérisme des uretères, mais sans pouvoir y parvenir. Les sondes, mêmes les plus fines et à bouts olivaires ne pénètrent que de quelques millimètres, puis sont arrêtées, d'un côté comme de l’autre.
On fait alors la division intra-vésicale des urines avec l’appareil de Luys. L'expérience est répétée deux fois afin de cueillir séparément l’urine de chaque rein pour l’analyse chimique et l'examen histologique.
Analyse chimique des urines (Professeur agrégé ROBERT).
URINE URINE URINE des 21 heures du rein droit du rein gauche OUT RE EE TIC SO NCENC" DenstéA dire 1.071 Couleur ne 4 de l'échelle de Vogel. ne 2 no 2 RÉACUONR RTE ETS acide très acide acidule DÉpOS abondant abondant dépôt léger dépôt blanc blanc soluble à chaud be ( par litre. OR TO 90 al gr. 13 9 gr. 42 ° { par 24heures. 24 gr. 58 par litre. 4 gr. 6 sés dosés Chlorures. 4 Par itt ol 50 non dosés non dosés © { par 24 heures. 1 gr. 59 Acide phosphori- Ç par litre. 1gr..20 3 gr. 60 0 gr. 12 que P205 total. À par 24 heures. 1 gr. 98 Glucose. RER 0 gr. OÙ 0 gr. 00 0 ge 00 k par litre. ) gr. 5 rip or.
Re nd MPal ne 0 gr. 50 environ Î gr un peu plus de 1 gr. { par 24 heures. 0 gr. 82
Examen histologique (Prof. Hoche).
Rein droit. — Éléments cellulaires dégénérés de provenance rénale; cristaux d’oxalate de chaux; cylindres cireux et granuleux. Pas de pus.
“Rein gauche. — Culot blanchâtre par centrifugation, composé presque exclusivement de globules blancs, dont beaucoup de mononucléaires; un grand nombre sont en voie de désintégration : globules de pus.
L'épreuve du bleu de méthylène est faite et se montre bonne. Le bleu passe dès la première demi-heure et l'élimination est intense pendant une dizaine d'heures. Dans ces conditions, on décide la néphrectomie du rein gauche.
4 juin 1909. — INTERVENTION. — Néphrectomie lombaire gauche. — Incision oblique habituelle. On arrive rapidement sur le rein qui est facilement isolé de son atmosphère graisseuse. La graisse périrénale n’est pas modifiée et peu adhérente. L'uretère est sectionné le plus bas possible entre deux pinces et le moignon cautérisé au thermo-cautère. Puis le pédicule
rénal est pincé et coupé et le rein enlevé. On lie l’uretère au catgut, le pédicule vasculaire avec un fil enchaîné, qu'on repasse autour de tout le pédicule. Le foyer est drainé avec deux gros drains et une mèche. Les muscles sont suturés partiellement au catgut et la peau aux crins.
Examen de la pièce. — Le rein enlevé est volumineux. Son aspect extérieur montre par places, surtout au pôle inférieur
et en un point voisin de sa face antérieure, des bosselures volumineuses, jaunâtres, molles, qui indiquent des cavernes. A là coupe, on constate l'existence de cavernes remplies de pus.
SUITES OPÉRATOIRES favorables. On renouvelle le lendemain le pansement imbibé de sérosité sanguinolente.
7 juin. — On retire la mèche. Va bien.
8 juin. — Le pansement est changé lous les jours. Lavage par les drains à l’eau oxygénée.
9 juin. — On supprime les drains qu'on remplace par une petite mèche. L'opéré va très bien.
10 juin. — Continue à aller très bien.
15 juin. — Depuis quelques jours on ne met plus de mèche.
Les fils ont été enlevés par moitié les huitième et neuvième jours. Réunion par première intention, sauf un petit espace au niveau du trajet des drains. Très peu de sécrétion.
16 juin. — La malade commence à se lever.
17 juin. — La cicatrisation est achevée.
19 juin. — Urines presque complètement claires. Depuis
trois où quatre jours, on fait des injections d’huile goménolée.
La malade ne souffre presque plus en urinant.
Quitte la clinique quelques jours plus tard.
Revue dans le courant d'août 1909. Bon état général. La malade souffre encore de la vessie et continue les injections d'huile.
SUITES ÉLOIGNÉES
La malade envoie un flacon de ses urines et répond à un questionnaire le 16 mai 1911 (deux ans après la néphrectomie).
Cicalrice non douloureuse; pas d'éventration. Cicatrisation définilive de la plaie opératoire en six mois (la plaie s'était rouverte en septembre 1909).
Vessie. — L'état de la vessie s’est amélioré au bout de huit mois environ (diminution du nombre des mictions et des douleurs).
Nombre des miclions. — Urine actuellement environ six fois par jour et une fois la nuit.
Douleurs. — Aucune douleur à la miction.
Urines. — Parfois encore troubles.
— Hz —
Quanltilé des urines des vingt-quatre heures. — Deux litres à deux litres et demi.
Poids de l’opérée. — Avant l'intervention : 56 kilos. Actuel-
lement : 61 kilos.
ÉTAT GÉNÉRAL satisfaisant.
Poumons. — Ne tousse pas ou très rarement le matin. Trailement suivi depuis l'opération. — Reconstituants.
Urotropine. Huile goménolée pendant quelques mois. ÉTAT DU REIN RESTANT.
Ne souffre pas de son rein unique.
Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (M. GARNIER). QUARTIER ELLE 4 2:000cmc:
POS RE RE nn 1.012 Couleur jaune pâle.
Réaction acide.
Urée . . … . . 12gr. 06 (par litre), 24 gr. 19 (par 24 heures) Chlorures . 3 gr. 59 —= 1 gr. 18 — Phosphates. . . 1 gr. 28 = 2 gr. 56 = Glucose . . ... O'gr. 00 — 0 gr. 00 — Albumine . . . Ogr. 30 --- 0 gr. 60 — Examen histologique (D' Fairise). — Pas de pus, pas de
cylindres. Cristaux d'acide urique.
Inoculation négative (2 cobayes sont inoculés avec la même urine. Six semaines après, injection de tuberculine. Trois jours plus tard, les cobayes sont sacrifiés. Aucun n'est tuberculeux).
Avril 1912. — Le docteur de la malade nous dit qu’elle se porte bien et qu'elle est enceinte de trois mois.
Observation XXXII.
Bacillose rénale caverneuse. Néphreclomie lombaire sous-capsulaire gauche. — Mort 40 jours après l'opération, d'infection tuberculeuse généralisée.
M. H....., 44 ans, sans profession, entre à la pension Bon- Secours au commencement de juin 1909.
Anlécédents. — Rien dans les antécédents héréditaires et personnels au point de vue bacillaire. :
Juin 1909. — Il y a dix-huit mois ou deux ans, le malade fut pris de symptômes de cystite avec mictions fréquentes, hématuries et pus dans les urines.
Depuis ces deux ans le malade a consulté différents médecins et suivi divers traitements, sans résultats.
ACTUELLEMENT son état ést toujours le même. Mictions fréquentes, chaque heure environ, et douloureuses. Il n’a jamais souffert des reins et on ne l'a jamais examiné à ce point de vue.
État général. — Le malade a beaucoup maigri depuis quelques mois.
L'examen de la vessie au cystoscope montre de la rougeur, de l'inflammation dans le bas-fond et des ulcérations au voisinage de l’orifice urétéral gauche. Celui-ci est béant.
Le cathélérisme de l’uretère gauche donne une urine pâle, trouble, contenant du pus en assez grande quantité; l'analyse chimique montre que le fonctionnement du rein de ce côté est presque nul.
Le cathétérisme de l’uretère droit donne de l'urine claire ne contenant pas de pus, mais quelques cylindres granuleux. L'analyse chimique montre que ce rein fonctionne très bien. Ii y a cependant un peu d’albumine (06 gr. 35).
Analyse chimique des urines séparées (Professeur agrégé ROBERT).
URINE URINE du rein droit du rein gauche
DEN AA PME CAT 1.031 1.010 Couleur n° 4 de l'échelle de Vogel. ne 1 de l'échelle de Vogel Réaction acide. neutre Dépôt extrêmement faible. léger dépôt blanc ÜrécRme Pen Dante) 28 gr. 63 (par litre) 1 gr. 91 Chlore des chlorures . — 2 gr. 59 — 2 gr. 70 Acide phosphorique. . = 3 gr. 40 0 gr. O1 GLUCOSE RASE — 0 gr. 00 -- 0 gr. 00 AIDUTNNE RE EERES — 0 gr. 36 — 1 gr. 45 Examen histologique (Prof. Hoche). — Urine du rein droit :
Quelques cellules épithéliales urétérales dont quelques-unes sont en état de dégénérescence graisseuse. Quelques rares globules blancs. Cylindres granuleux.
Urine du rein gauche. — Cellules rondes, globules blanes, mononucléaires en majorité, grands mononucléaires et polynu-
cléaires. Beaucoup de globules en dégénérescence graisseuse: globules de pus.
L'inoculation au cobaye n'a pas été pratiquée.
L'épreuve du bleu de méthylène montre une élimination assez intense, commençant dès la première demi-heure et paraissant normale.
Dans ces conditions on décide de pratiquer la néphrectomie du rein gauche.
14 juin 1909. — INTERVENTION. — Néphrectomie SOUS-CAPSUlaire lombaire gauche.
Incision habituelle. Le rein mis à découvert est très gros, bosselé, chaque bosselure correspondant à une caverne purulente. Le rein est extrêmement adhérent à l'atmosphère graisseuse indurée, surtout vers le pédicule, de sorte qu'il est inpossible de lier séparément l’uretère et d'enlever le bassinet. On est obligé de faire une décortication sous-capsulaire et de placer des pinces sur tout le pédicule pris en masse, On remplace ensuite ces pinces par une double ligature au catgut fort. Pendant l’extirpation du rein, un peu de pus grumeleux s'en est écoulé dans la plaie. On lave aboñndamment la cavité à l’eau oxygénée. Drainage avec deux gros drains et trois mèches de gaze. Suture partielle des muscles au catgut et de la peau aux crins.
Choc opératoire assez marqué. 500 grammes de sérum sont injectés après l'opération et 500 le soir; piqûre de caféine et d'huile camphrée.
Fièvre assez élevée le soir.
SUITES OPÉRATOIRES. — 15 juin. — La température a diminué. État satisfaisant. Urines des vingt-quatre heures : 950 grammes. Ou injecte 500 grammes de sérum, et on renouvelle le pansement qui est fortement imbibé de sérosité sanglante. Lavage à l'eau oxygénée par les drains. La température est moins élevée le soir.
16 juin. — Va bien. Commence à boire abondamment. A été à la selle avec un lavement. Urines : 1.700 grammes. On renouvelle le pansement. Lavage. Toujours de la fièvre le soir.
17 juin. — On retire les mèches et on met à la place deux autres drains. Lavage à l’eau oxygénée. La ‘fièvre continue.
19 juin. — État général assez bon. Le malade commence à s'alimenter. Les urines sont presque complètement claires et il ne souffre plus de la vessie. La plaie suppure toujours et il ÿ a encore de la fièvre le soir.
o1 juin. — Même état.
23 juin. — La température commence à diminuer. Suintement séro-purulent toujours abondant.
25 juin. — Depuis deux jours la température se maintient élevée. Le malade a craché un peu de sang. La plaie suppure beaucoup.
30 juin. — Même état. La température se maintient matin et soir aux environs de 39°. On fait depuis deux jours des injections sous-cutanées de collargol (5 eme. matin et soir) sans résultat d’ailleurs. La plaie n’a pas mauvais aspect cependant el suppure modérément. Il y a deux jours, forte hématurie avec production de caillots dans la vessie qui ont amené de la rétention d'urine et nécessité plusieurs cathétérismes et l'aspiration des caillots. Le malade s’alimente un peu, mais s’amaigrit beaucoup.
2 juillet. — Même état. Température se maintenant à 50°. La plaie n'a cependant pas mauvais aspect.
On a injecté tous les jours dix centimètres cubes d’électrargol, sans résultat appréciable.
5 juillet. — Même état. On a cessé l’électrargol qui n'a donné aucun résultat. On a supprimé les drains, et on bourre tous les jours la plaie de gaze à l’ectogan. La température continue à osciller autour de 39°. Le malade s’alimente un peu cependant. Il a fréquemment de la diarrhée.
10 juillet, — Même état. Température toujours voisine de 39°. Pas de tendance à la cicatrisation. On change le pansement tous les jours, et on bourre la plaie de gaze à l'ectogan.
16 juillet. — Même état. La plaie ne manifeste aucune tendance à la réparation. Le malade continue à avoir de la fièvre. Il s'amaigrit et s'affaiblit, s'alimente peu, a fréquemment la diarrhée.
24 juillet. — Le malade continue à s’affaiblir avec une fièvre toujours élevée et succombe le 24 juillet, quarante jours après l'opéralion.
L'aulopsie n’a pu être pratiquée.
L'autre rein ne semble pas devoir être incriminé; son fonctionnement s'était montré suffisant avant l'intervention, et après la néphrectomie les urines sont redevenues plus claires, leur quantité variant entre 1.500 et 2.000 centimètres cubes.
La fièvre n’a plus quitté le malade depuis l'intervention, la température se maintenant à 39°. La cause de la mort paraît être une infection tuberculeuse généralisée partie du foyer opéraioire. (
Observation XXXIII.
Pyonéphrose tuberculeuse droite. Néphrotomie lombaire droite. Fonctionnement du rein gauche défectueux. Néphrectomie secondaire sous-capsulaire à droite, après 7 semaines. Guérison. — Revue 1 an et 8 mois après la néphrectomie. Excellent état général et local. Régression des lésions vésicales constatée au cystoscope. Fonctionnement parfait du rein restant. Inoculation négative. — Deux ans el 9 mois après la néphrectomie, la guérison se maintient parfaite.
M F...., 4o ans, sans profession, entre au service de M. André le 10 juin 1909.
Antécédents héréditaires. — Néant.
Antécédents personnels. — Toujours bien portante jusqu'à il y a cinq ans. Mariée, mari et une fille en bonne santé.
A cette époque, elle a commencé à présenter des symptômes de cystile; mictions toutes les cinq minutes, urines troubles, mictions douloureuses. Les instillations de nitrate d'argent que lui fit alors son médecin habituel ne l’améliorèrent pas beaucoup et quatre mois après, elle commença à souffrir de son rein droit.
Elle présentait alors de la polyurie et ses urines étaient tantôt claires, tantôt troubles. De plus, elle avait de fréquents accès de fièvre, surtout le soir.
Elle vint consulter au Service, où l’on crut d’abord à une pyélonéphrite droite d'origine ascendante et où on lui fit des lavages du bassinet au nitrate d'argent.
Au bout de trois mois de traitement, une amélioration
notable se produit; la malade cesse de souffrir jusqu'à il y a six semaines environ, époque à laquelle elle éprouve de violentes douleurs dans le rein droit. Elle est admise au Service le ro juin 1909.
ÊTAT ACTUEL. — Élal général mauvais, amaigrissement, perte des forces, poussées fébriles le soir, sueurs nocturnes.
Reins. — Souffrances peu intenses, mais continuelles dans le rein droit. La palpation de ce rein est douloureuse; l’organe est augmenté de volume et présente des bosselures au niveau de son pôle inférieur. Sensation de ballottement rénal peu nette.
Vessie. — Les mictions sont fréquentes, mais moins qu'il y & quelque temps (toutes les heures). Douleurs à la fin des mictions.
Urines. — La quantité des urines est parfois augmentée; il existe de la polyurie intermittente. De plus, les urines sont la plupart du temps très troubles et forment un dépôt abondant au fond du vase. Parfois cependant, elles s’éclaircissent et alors leur quantité diminue en même temps que les douleurs rénales augmentent.
Cysloscopie. — On constate l'existence d’un inflammation de la vessie qui est rouge, congestionnée surtout au niveau du méat urétéral droit. De l'orifice de l’uretère correspondant on voit s'échapper du pus, dont la quantité augmente par le massage bimanuel du rein droit pendant l'examen.
En présence de ces symptômes, on diagnostique une pyonéphrose droite. Comme l’état général de la malade ne semble pas autoriser une néphrectomie, on propose une néphrotomie, remettant à plus tard l’examen de l’autre rein et une seconde intervention s’il y a lieu.
15 juin 1909. — PREMIÈRE INTERVENTION. — Néphrotomie lombaire droite. — Le rein est transformé en une série de poches purulentes qu'on ouvre successivement et qu’on draine en faisant autant que possible sauter les cloisons qui les séparent. La substance rénale n’a que quelques millimètres d'épaisseur. On met quatre drains. Suture partielle de la peau.
18 juin. — Depuis l'opération, il n’y a plus eu de fièvre. On fait tous les jours le pansement avec lavage à l’eau oxygénée dans les drains.
o1 juin, — La suppuration continue à être très abondante par les drains. Depuis quelques jours la malade à un peu de bronchite et de la fièvre le soir.
30 juin. — Presque tous les soirs il y a encore une poussée de température. La malade tousse encore beaucoup. Le rein continue à suppurer.
6 août. — L'état général est redevenu peu à peu assez bon. La malade mange mieux. Le rein néphrotomisé suppure toujours assez abondamment. L'autre rein ne donne pas de pus (examen microscopique). Toutefois, d’après l'analyse des urines, son fonctionnement n’est pas très bon.
Analyse chimique de Farine du rein gauche retirée par cathélérisme uréléral (Dr HERBIER).
Urée . T gr. 81 (par litre) CHOLET MEN tt, £ gr. 8 — Phosphates . 1 gr. 8 — Albumine . . IForeS —
Dépôt, globules rouges, globules blancs.
L'épreuve du bleu de méthylène a été aussi assez médiocre. L'élimination a été retardée. Elle n’a commencé que très faiblement après une heure et a été très faible pendant presque tout le temps. Toutefois, comme il n’y a pas de guérison possible en l'état actuel, on décide de faire la néphrectomie
secondaire.
7 août 1909. — DEUXIÈME INTERVENTION. — Néphrectomie secondaire sous-capsulaire. — On réincise sur le trajet de la
cicatrice en prolongeant l’incision en bas et en avant; le rein, très adhérent au niveau du trajet fistuleux est mis à nu €t décortiqué facilement. Pinces-clamps sur pédicule et vaisseaux en masse. Le rein est enlevé. On remet deux ou trois pinces sur des vaisseaux qui avaient échappé au clamp. Ligature du’ pédicule au catgut fort. La plaie est tamponnée avec quatre mèches après avoir été bien lavée à l’eau stérilisée, car pendant l’ablation du rein, du pus s’est répandu dans la plaie. On suture partiellement les muscles au catgut et la peau aux crins en laissant un large espace non suturé pour le drainage. Pendant l’opéraration, on à donné peu de chloroforme, car la malade le supportait mal et respirait faiblement. Pansement compressif. Exämen de la pièce. — Le rein enlevé contient au moins Six
grosses cavernes dont plusieurs pleines de pus qui avaient échappé à la néphrotomie, ou bien s'étaient reconstituées depuis. Dans le pôle supérieur une des cavernes est remplie de caséum, de la consistance du mastic. (En somme, tuberculose rénale à forme de pyonéphrose).
SUITES OPÉRATOIRES. —+ Après l'opération, on injecte 500 grammes de sérum artificiel et autant le soir; 5 injections de caféine et d'huile camphrée.
9 août. — Va bien; injection de sérum.
On retire les mèches et on fait un lavage à l’eau oxygéée. La plaie est tamponnée avec une mèche de gaze à l’ectogan.
11 août. — Pansement quotidien. Lavage à l’eau oxygénée. Peu de sécrétion. On ne remet plus de mèche mais on laisse les drains.
14 août. — Etat général satisfaisant; lavage quotidien à l’eau oxygénée. Peu de suppuration. On enlève les sutures. La réunion est obtenue par première intention.
19 août. — Continue à bien aller. Peu de suppuration.
21 août. — La plaie suppure peu. On ne laisse qu'un drain. Bon état général.
25 août. — Drain remplacé par une petite mèche .
31 août. — Excellent état général.
2 septembre. — Pansement à plat.
5 septembre. — Repart chez elle complètement cicatrisée. Excellent état général.
18 octobre. — Revue. Complètement cicatrisée, Excellent état
général. À notablement engraissé.
SUITES ÉLOIGNÉES
Nous faisons revenir la malade dans les premiers jours d'avril 1911 (un an et huit mois après la néphrectomie).
Cicatrice solide, souple, non douloureuse, pas d’éventration. Gicatrisation définitive en vingt-huit jours.
VessiE. — L'état de la vessie s’est amélioré très rapidement après l’ablation du rein et déjà après la néphrotomie.
Nombre des mictions. — Actuellement la malade n'urine que quatre fois par jour et une fois ou point du tout la nuil. (Avant d’être opérée, elle ne pouvait rester plus d’une heure sans uriner). Toute douleur à la miction a complètement disparu
aussitôt après la première intervention et n’a plus reparu dans la suite. Les urines sont devenues tout à fait claires, deux mois environ après la néphrectomie.
Capacité vésicale. — 300 grammes actuellement.
Cystoscopie. — La muqueuse vésicale présente un aspect normal. Aspect cicatriciel de la région urétérale droite.
Quantité des urines des vingt-quatre heures. — Deux litres ou deux litres et demi.
Poids de l’opérée. — 55 kilos avant l'opération. Actuellement : 63 kilos.
Érar GÉNÉRAL florissant, excellent appétit. Six semaines après la néphrectomie, elle travaillait à son ménage comme aupara-
vant.
Appareil respiratoire. — Poumons indemnes de bacillose. Traitement suivi après la néphrectomie. — Néant.
ÉTAT DU REIN RESTANT
Le rein unique de l’opérée n’est pas perceptible à la palpation ni douloureux.
Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (D' HERBIER).
DEN NN UMRNENENTONE ET En DE US, 27, 772.800 me:
RE LE RO Me Se 4 208 AO Couleur ne 3 de l'échelle de Vogel.
Réaction acide. -
Urée> . . . 49 gr. 47 (par litre), 33 gr-67 (par 24 heures) Chlorures. . . . 4gr. 25 — 10 gr. 62 —
Phosphates . . . 1 gr. 00 2 gr. 5Ù =
Albumine. . . . Ogr. 00 — 0 gr. 00 —
Glucose 2. Digr OÙ — 0 gr. 00 —
Sédiments . . . 0 gr. 00 — 0 gr. 00 —
Examen histologique (D' Fairise). — Gulot nul. Aucun élé-
ment pathologique.
Inoculation négative (cobaye autopsié 3 mois après l’inoculation).
& mai 1912. — L'opérée écrit qu'elle va bien.
Observation XXXIV.
Tuberculose rénale gauche (caverneuse). Néphrectomie lombaire. — Au bout de 5 mrois, amélioration notable des SYMmplômes généraux el locaux. — Mort 1 an après la néphrectomie, probablement de tuberculose pulmonaire.
Camille M... , 43 ans, cultivateur, entre au Service de M. André le 12 juillet 1909 pour des symptômes vésicaux.
Antécédents héréditaires. — Néant.
Anlécédents personnels. — Érysipèle à l’âge de 12 ans, ictère à 20 ans.
Sa femme est bien portante; mais il a perdu deux enfants, de méningite.
Maladie actuelle. — La maladie actuelle remonterait à novembre 1908.
Il urinait alors un peu plus souvent et trouvait que « ce n'était pas comme à l'ordinaire » mais n'y prêla guère attention. C'est à la fin de janvier qu'il consulta un médecin. Ce dernier porta le diagnostic de cystite et prescrivit de l’urotropine, du salol et du bicarbonate de soude.
Quinze jours après, le malade présentant un léger œdème malléolaire, on soumit son urine à l'analyse qui décela la présence d’albumine, et on prescrivit d’abord le régime lacté puis un régime déchloruré.
Dans le courant de mars, le malade commença à ressentir dés douleurs en urinant. Il suivit le régime indiqué pendant cinq mois.
Jusqu'à la fin de juin, il ne remarqua pas que ses urines étaient troubles, Une anlyse faite le 0 avril dénota la présence de pus. Jamais le malade n'avait uriné de sang avant son entrée à l'hôpital.
ÉTAT ACTUEL, — Vessie. — Mictions douloureuses; pollakiurie marquée. Capacité vésicale très diminuée.
Les reins ne sont pas douloureux ni spontanément ni à la pression; ils ne sont pas nettement perceptibles.
- Analyse chimique de l'urine totale des vingt-quatre heures (17 juillet), par le Dr HERBIER.
ANT RM RER 2009 000 cc:
Densité lo Eden ane tonte nd e.peuff.007 Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.
Réaction : acide.
Dépôt assez considérable constitué par des globules de pus.
Urée . . . . . d11gr.88 (par litre), 23 gr. 76 (par 24 heures) Chlore des chlo- DUCCS EE 1 gr. 65 3 gr. 9 —
Acide phosphori-
que P205 total. 1 gr. 05 Dior 10 —— Albumine. . . . 1 gr. 50 -- 3 gr. 00 — Glucose nee av pr 00 — O:gr. 00 —
Appareil génital. — Néant.
ÉTAT GÉNÉRAL assez touché; le malade a maigri, perdu ses forces. Induration des deux sommets, pas de râles.
Cystoscopie et cathétérisme urétéral. — La cystoscopie montre des lésions de cystite indubitablement bacillaire, lésions surtout accentuées dans la région urétérale gauche. Le cathétérisme urétéral est pratiqué des deux côtés et des échantillons d'urine sont envoyés aux laboratoires de chimie et d'anatomie pathologique.
Analyse chimique des urines separées (D' HERBIER).
REIN DROIT REIN GAUCHE Ur TD or 0 anne) 10 /Er-"176 (au litre) Dhlorres MP ONIEETA 00 — 0 gr. 60 — Phosphates.-. 20:70 06 60 0 gr. 50 — Albrnine een DST OURS 1 gr. 00 = DÉPOT EE 0 gr. 00 — nombreux globules de pus Examen histologique (M. le Prof. Hoche). — L'urine du
rein droit ne contient que des cellules épithéliales desquamées, pas de globules de pus; urine du rein gauche : cylindres granuleux; cylindres leucocytiques; nombreux globules de pus et microbes.
On n’a pas pratiqué l'inoculation au cobaye. Le rein droit fonctionnant normalement, le rein gauche ayant un fonclionnement moindre et donnant du pus, la cystoscopie ayant révélé des lésions bacillaires, on conclut à une tuberculose rénale gauche, et on propose au malade une opération qui est acceptée.
4 août 1909. — INTERVENTION. — Néphreclomie lombaire extra-capsulaire gauche. — Incision habituelle. On arrive rapi-
dement sur le rein qui extérieurement paraît sain et est facilement décortiqué et amené dans la plaie. Avant de l’enlever, on le fend en deux valves sur son bord convexe après compression du pédicule. On constate alors dans son pôle inférieur une caverne assez grosse. Aussitôt on pince et on sectionne le pédicule. L'uretère est cautérisé au thermo-cautère; le pédicule est lié au gros catgut enchaîné. Après avoir fait les quelques ligatures nécessaires, on installe deux drains et deux mèches, et ox referme partiellement la paroi, au catgut pour les muscles et aux crins pour la peau.
SUITES OPÉRATOIRES normales.
On change tous les jours le pansement qui, les premiers Jours, était imbibé de sérosité sanguinolente.
Après quarante-huit heures, on enlève les mèches; après quatre jours, suppression d’un des drains. Apyrexie au bout de quatre jours.
Le huitième jour, enlèvement des sutures: réunion par prepremière intention; lavage à l’eau oxygénée.
Rapidement, après l'opération, l'état général s’est relevé, l'appétit est revenu. Les urines, tout en faisant encore du dépôt, commencent à s'éclaircir. Quantité variant entre 1.500 et 2.000 centimètres cubes,
Le quinzième jour, le malade commence à se lever.
30 août. — Bon état général; le trajet du drain persiste encore. 2 Septembre. — Pansement à plat.
5 septembre. — M... repart chez lui, presque guéri, avec
une légère fistulette. Bon état général; la cystite n'est pas encore guérie.
14 septembre. — Le malade donne de ses nouvelles; il continue à soigner sa cystite au moyen d'instillations intravésicales d'huile gaïacolée-iodoformée.
22 octobre. — Revu. Bon état général; petite fistuel étroite, mais profonde encore de quatre centimètres. La vessie va mieux.
Janvier 1910. — Revu. Très bon état général. M..... a visi: blement engraissé. La plaie est complètement cicatrisée depuis le > ou 3 janvier.
L'état de la vessie s’est amélioré depuis l'opération, les urines sont assez claires, mais la pollakiurie persiste: la douleur à
la miction à disparu. Le malade continue à faire ses injections d'huile.
SUITES ÉLOIGNÉES
A partir de cette époque, le malade a été perdu de vue. Nous lui avons écrit en mars 1911 pour lui demander de venir à Nancy, mais sa femme nous à répondu qu'il était mort le r*" août 1910, soit un an après l'opération. Elle nous dit qu'après avoir été bien portant jusqu’au mois de mai, il a commencé à tousser et à cracher du sang. L'état général aurait décliné alors très rapidement, puisque le malade s’éteignait deux mois et demi après. Les urines seraient restées assez claires jusqu'à la
fin.
Observation XXXV.
Tuberculose rénale caverneuse droite. Néphrectomie lombaire sous-capsulaire. Escarre sacrée le deuxième jour. Guérison. — Revue 1 an et demi après l'opération, enceinte de 8 mois. En dépit de sa grossesse, le nombre des miclions & notablement diminué. Excellent état général et local. Le rein restant fonctionne bien. Inoculation négative. — Accouchement normal et à terme un mois après notre dernier examen. Pas trace d’albumine dans les urines. — Deux ans el demi après la néphrectomie, excellent état général el local.
M°° Marie B.... , 27 ans, lingère, entre au service de M. le Prof. agrégé André, le 5 août 1909, pour des symptômes rénaux et vésicaux.
Antécédents. — Les parents de la malade vivent encore et sont bien portants. Elle est mariée, son mari et ses deux enfants sont en bonne santé (l’un a trois ans, l’autre cinq mois).
En fait de maladies antérieures, on ne {trouve qu'une rougeole dans son enfance, mais, étant jeune fille, elle a souffert d’anémie.
Pas d’antécédents génitaux.
L'affection actuelle paraît remonter à deux ans. La malade
RC
souffrait à cette époque de picotements à la fin des mictions, sans douleurs nettement caractérisées, Les mictions deviennent plus fréquentes depuis un an; la malade se relève trois à quatre fois la nuit pour uriner. Il n’y aurait du pus dans l’urine que depuis six mois.
Les premières douleurs dans le rein sont apparues au mois de mai, c'est-à-dire il y a trois mois. Il s'agissait de douleurs lancinantes, accompagnées de dyspnée, qui firent souffrir la malade pendant deux à trois jours, puis cessèrent.
Ces douleurs sont revenues depuis trois semaines, moins fortes, mais presque continuelles.
ÉTAT ACTUEL. — État général. — La malade a beaucoup maigri depuis cinq mois et ressent des faiblesses de temps à autre. Elle ne pèse que 4o kilos. Poumons indemnes de bacillose.
Vessie. — Les douleurs sont plus vives à la miction depuis quelque temps.
Nombre des mictions. — Elle urine tous les trois quarts d'heure le jour, toutes les heures la nuit.
Les urines sont troubles: elles ne contiennent pas de sang.
Capacité vésicale très réduite, la cystoscopie étant fort douloureuse.
Reins. — Le rein gauche n’est pas perceptible, tandis qu'à la palpation bimanuelle on sent dans le flanc droit une tumeur ballottante assez volumineuse qui descend dans la fosse iliaque droite; le rein droit est donc très gros et abaissé.
La cystoscopie révèle une vessie malade (l'observation ne donne pas les détails de cet examen).
Le cathétérisme urétéral bilatéral est pratiqué pour permettre l'examen des urines séparées.
Analyse chimique (Dr HerBiER).
REIN DROIT REIN GAUCHE Le rein droit donnait si peu d'urine ÉCRAN EN, LU (par litre) qu'on n’a pu faire une analyse com- Chlorures. . 4 gr. D . — plète. Tout ce qu'on peut dire, c'est Pas assez d'urine pour l'analyse des que son urine renferme de l'albu- phosphates mine et un dépôt constitué par de Albumine. . O0 gr. 00 (par litre) très nombreux globules de pus. Dépôt. . . . Ozgr. 00 —
Examen histologique de l'urine du rein gauche (Prof. Hoche).