‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 162 sur 184 · BE MOTO · texte numérisé non relu

BE MOTO

— Dans le sédiment centrifuge de cette urine, on ne rencontre que quelques cellules épithéliales isolées ou associées en lambeaux. Quelques globules rouges, quelques très rares globules blancs. Pas de globules de pus.

L'épreuve du bleu de méthylène est satisfaisante.

Conclusions. — Le rein droit n’a plus qu’un fonctionnement insignifiant et donne un liquide puriforme, tandis que le rein gauche fonctionne d’une façon satisfaisante et ne donne pas dé pus.

14 août 1909. — INTERVENTION. — Néphreclomie lombaire sous-capsulaire droite. — Incision habituelle longue. On arrive

rapidement sur le rein. Il est très gros el extérieurement adhérent à Fatmosphère périrénale. On est obligé de faire la décortication sous-capsulaire. Pendant ce temps, il s'échappe du rein qui a été ouvert accidentellement du pus en notable quantité. Pour diminuer le volume de l'organe, on le fend sur son bord convexe et on évacue le pus qui est contenu dans plusieurs cavernes. On arrive alors sur le hile. Le pédicule est extrèmement épais et induré. On place plusieurs pinces clamps qu'on remplace par des ligatures au gros catgul un peu plus tard; lavage à l’eau oxygénée. On dépose dans la plaie deux gros drains et trois mèches. Sutures partielles des muscles au catgul et de la peau aux crins. Sérum : 500 grammes et autant le soir.

Examen de la pièce. — Le rein enlevé est très volumineux, presque comme deux poings. Il n'existe pour ainsi dire plus de substance rénale normale, L'organe est transformé en une série de grosses cavernes tuberculeuses pleines de pus.

SUITES OPÉRATOIRES. — Suites normales. Un peu de température les premiers jours. On continue le sérum pendant deux ou trois Jours.

Les mèches sont enlevées après quarante-huit heures. On change le pansement tous les jours. Il est imbibé de sérosité sanglante les premiers jours et ensuite l'écoulement est SérOpurulent.

Le seul fait à noter, c’est que la malade a fait dans le jour qui a suivi l'opération une escarre sacrée assez large et assez profonde.

Les sutures sont enlevées le huitième jour, ainsi qu’un des drains. Quelques jours après, on remplace le deuxième drain

par un plus petit. La malade est toujours dans un état de très grande maigreur. Elle n’a réellement que « la peau et les os ». Toutefois, son état général est meilleur et elle recommence peu à peu à manger assez bien.

25 août. — On supprime le drain, qu'on remplace par une mèche de gaze. La plaie ‘suppure beaucoup. Lavage à l'eau oxygénée. La malade mange bien.

31 août. — Bon état général. L’escarre se comble peu à peu. La plaie lombaire suppure toujours, et en plusieurs points. La peau s’est désunie, ce qui indique que le foyer profond est encore infecté de tuberculose. On met des mèches dans chaque trajet.

3 septembre. — Il n'y a presque plus de suppuration. La malade mange bien et se lève depuis quelques jours. Elle est toujours très maigre. L’escarre est en bonne voie de réparation.

9 septembre. — L'amélioration continue. La malade se lève, et reprend des forces. La plaie suppure peu.

14 septembre. — Continue à aller mieux. Se lève tous les jours. L’escarre est en bonne voie de cicatrisation. La plaie suppure peu.

28 septembre. — Il ne persiste plus qu'un petit trajet fistu-

leux et une surface à cicatriser à plat. Etat général bien meilleur. La malade est moins amaigrie. L’escarre est cicatrisée.

4 octobre. — On cautérise au thermo-cautère le trajet fistuleux dans lequel on met encore une mèche.

18 octobre, — Va très bien. Il ne reste à cicatriser qu'une plaie peu large et superficielle qu'on cautérise au thermocautère. Excellent état général. À notablement engraissé et repris une excellente mine.

27 octobre. — Revue. Très bon état général. Il reste toujours de petites surfaces à cicatriser vers la partie moyenne de la ligne de réunion.

5 octobre. — Va toujours très bien comme état général. La

cicatrisation se poursuit lentement,

15 octobre. — La cicatrisation est complète. Excellent état

général. Fonctions urinaires normales.

| ot SI cs

SUITES ÉLOIGNÉES

La malade est revue en mars 1911 (soit un an et demi après l’opération).

Elle se trouve dans un état de grossesse très avancée et doit accoucher dans un mois environ. Aussi remettons-nous l’eramen cystoscopique à une date ultérieure.

Cicatrice. — La plaie opératoire a mis deux mois à se cicatriser définitivement. Cicatrice souple, non douloureuse, pas d’éventration. (Rappelons que la plaie s'était désunie quinze jours après l'intervention.)

VEssiE. — L'état de la vessie s’est amélioré très rapidement après l'opération pour devenir presque normal au bout de quatre à cinq mois.

Nombre des mictions. — Malgré son état de grossesse, la malade reste facilement quatre heures sans uriner et ne se relève plus la nuit (avant l'opération, elle urinaït tous les trois quarts d’heure).

Douleurs des mictions. — Douleurs nulles au bout de trois semaines déjà après la néphrectomie.

Les urines sont actuellement absolument claires, mais ce résultat n’a été obtenu qu'au bout d’un an et grâce aux injections intra-vésicales d'huile goménolée.

Nous nous proposons de mesurer la capacité vésicale et de pratiquer la cystoscopie après l'accouchement.

Quantité des urines des vingt-quatre heures : 1.600 cme.

Poïds de la malade. — 4o kilos avant l’opération. Trois mois après : 52 kilos. Depuis qu’elle est enceinte, elle a encore augmenté de poids.

ÉTAT GÉNÉRAL. — Excellent; l’opérée dit n'avoir jamais eu de sa vie une santé aussi florissante.

Poumons. — Sommets indemnes de bacillose.

Traitement suivi depuis l'opération. — Huile goménolée

pendant quelques mois.

ÉTAT DU REIN RESTANT

Rein gauche non douloureux, un peu augmenté de volume, perceptible à la palpation.

Analyse chimique des urines des vingt-quatre heures (D' HERBIER). 1.600 emc.

Quantité .

Densité ANS EME RENE Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.

Réaction neutre.

Urée. : . . . . . . 16 gr. 16 (par litre), 25 gr. 85 (par litre) Chlorures . Avr: 3 gr. 79 — 6 gr. 00 — Acide phosphorique. 1 gr. 00 — J'ELACOBREE Albumine "mm Mar0isr. 00 — 0 gr. 00 — Glucose . : 0 gr. 00 — 0 gr. 00 — Examen microscopique (D' Fairise). —- Quelques leucocytes. Inoculation négative (cobaye autopsié 3 mois après l’inoculation).

Accouchement. — M" B..... accouche le 18 avril 19x11

d’un garçon qui pèse 3.300 grammes en venant au monde.

L'accouchement s’est fort bien passé et a eu une durée normale. Au moment des grandes douleurs, l’opérée prétend avoir souffert surtout au niveau de son rein unique. L'enfant est venu par le sommet. Délivrance normale.

Aucune complication dans la suite. Les urines de la malade ne présentent pas la moindre trace d’albumine.

Elle n’a pas l'intention de nourrir son enfant.

L'opérée est revue dans les premiers jours de mai à la Consultation des Voies Urinaires.

L'enfant va très bien. Après la diminution habituelle de son poids après la naissance, il a très rapidement repris. N'est pas allaité par sa mère. Quant à M°° B..... , elle refuse absolument de se laisser examiner au cystoscope. Excellent état général et local. Rein unique légèrement augmenté de voiume, non douloureux. Pas d’albumine dans les urines.

8 avril 1912. — L'opérée est en bonne santé; son enfant va bien.

Observation XXXVI.

Tuberculose rénale gauche, à forme caverneuse. Néphrectomie lombaire. Inoculation tuberculeuse de la plaie dans toute son étendue. Attouchements au chlorure de zinc; cicatrisalion lente; injections de pâle bismuthée : guérison. — Revu 1 an et 5 mois après l'opération. Fistulette persistante (8 injections de pâte de Beck). Guérison complète 1 mois après. Etat local parfait d’ailleurs (cystoscopie). Etat général bon. Le rein unique fonctionne bien. Inoculalion négative. — Deux ans el demi après la néphrectomie, la quérison se maintient parfaite.

Henri B....., 23 ans, pâtissier, entre au Service, le 18 octobre 1909, pour des symptômes de cystite.

Antécédents. — Il y a six ans le malade à été opéré par M. le Prof. André pour une épididymile luberculeuse gauche (épididymectomie).

Maladie actuelle. — II y à huit mois, étant au service militaire, le malade a ressenti quelques douleurs à la fin des mictions. Ces douleurs se sont reproduites pendant environ quinze jours.

Trois mois après, mêmes symptômes.

Enfin le 3 septembre dernier, recrudescence de ces douleurs s’irradiant vers l’extrémité du gland.

Le 25 septembre, le malade, libéré du service militaire, est rentré chez lui. Il a remarqué alors qu'à chaque miction les dernières gouttes d'urine étaient sanglantes.

A l'hôpital où il s’est présenté on lui a prescrit de l’urotropine et un régime alimentaire spécial.

Au bout de quinze jours, comme les douleurs et les hématuries ne s'étaient pas modifiées, il est venu consulter au Service où il est admis le 18 octobre.

On lui fait d’abord pendant quelques jours des injections d'huile goménolée qui diminuent un peu les douleurs et font cesser les hématuries.

ÉTAT ACTUEL. — État général. — Relativement bon, cependant le poids du malade est tombé de 63 à 60 kilos. Néanmoins, il se sent assez vigoureux et a bon appétit.

Les poumons semblent indemnes de bacillose.

Reins. — B..... ne souffre nullement de ses reins qui ne sont pas perceptibles à la palpation.

Vessie. — Depuis les injections d'huile goménolée, les dou-

leurs ont beaucoup diminué, néanmoins les urines sont troubles, et les mictions ont lieu en moyenne toutes les deux heures; elles sont très impérieuses:'

Examen cystoscopique. — On voit autour de l'orifice de l’uretère gauche qui est œdémateux, quelques petites ulcérations tuberculeuses et des plaques de rougeur diffuse. Le reste de la vessie est à peu près normal.

Le cathétérisme urétéral est pratiqué successivement des deux côtés, et les urines séparées sont envoyées à l'analyse.

Analyse chimique des urines (D: HERBIER).

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