URINE URINE URINE
des 24 heures du rein droit du rein gauche
Quantité . . . . . 3.000 cmc.
Densité à 150. . . 1.008 1:022 Couleur ne 2 de l'échelle de Vogel. | Réaction acide. acidule Urée par litre 9 gr. 15 18 gr. 85 9 gr. 38
: ©. par 24cheures.. 27 gr. 45 ! $.$par litre. 3 gr. 90 8 gr. 25 3 gr. 90 RAS ie 24 heures . 10 gr. 50 ) ; (par litre. . : 1 gr. 00 0 gr. 90 0 gr. 37 | PRE 24 heures . . . 3 gr. 00 Albumine présente ; non dosée . 0 gr. 60 0 gr. 30 Glucose . 0 gr. 00 0 gr. 00 0 gr. 00 Examen histologique (Prof. Hoche). — Urine du rein droit.
Cellules épithéliales polygonales ou en raquette. Globules rouges. Pas de globules de pus.
Urine du rein gauche. Globules rouges. Globules de pus.
Conclusion. — À gauche, urine trouble, contenant du pus; rein fonctionnant mal. À droite, l’urine ne contient pas de pus; et le fonctionnement paraît satisfaisant, sauf pour les phosphates qui sont en très petite quantité. L’albumine du rein droit est peut-être due au sang. On propose au malade la néphrectomie gauche qui est acceptée.
Épreuve du bleu de méthylène. — Satisfaisante. Le bleu passe dès la première demi-heure; l'élimination est régulière et assez intense pendant vingt-quatre heures.
Appareil génital. — Prostate normale. Épididyme droit indemne.
18 novembre 1909. — INTERVENTION. — Néphreciomie lombaire gauche. — Par l’incision habituelle, on arrive sur le rein
qui est rapidement isolé. Mais il est impossible de lamener dans la plaie; il est, en effet situé très haut. Le pédicule est court et large. On place des pinces dans la profondeur et on enlève l'organe. Mais quand on veut remplacer les pinces par des fils à ligature, ceux-ci glissent et ne tiennent pas; le pédicule se met à saigner abondamment. On se hâte de placer un certain nombre de pinces à demeure. On garnit la plaie de mèches de gaze, laissées entre les pinces, et on suture partiellement les muscles et la peau.
Examen de lu pièce. — Le rein enlevé est assez volumineux et porte plusieurs grosses cavernes remplies de pus tuberculeux.
SUITES OPÉRATOIRES. — Elles furent troublées les premiers temps par des poussées de température élevée le soir. Les pinces sont enlevées le quatrième jour sans incident. Peu à peu Îles jours suivants, on retire les mèches et on en met de nouvelles. Tous les jours il y a un suintement séro-purulent assez abondant, et la température reste élevée le soir malgré les lavages quotidiens à l’eau oxygénée. Il est manifeste que la plaie s’est inoculée de tuberculose dans loute son étendue. Elle apparaît du reste couverte d’une sorte de fausse membrane grisâtre et de bourgeons de mauvais aspect. Aussi une vingtaine de jours après l'opération, on fait sauter d’un coup de doigt la partie qui étail à peu près réunie mais non solide, et on curelle toute l'étendue de la plaie qui est ensuite tamponnée avec de la gaze. Les jours suivants on fait des lavages à l’eau iodée et de fréquents attouchements au chlorure de zinc à 1/10°; puis plus tard ces lavages et cautérisations étant devenus douloureux on lave avec une solution de bicarbonate de soude à 20/1.000.
Bien que la plaie soit largement béante, on autorise le malade à se lever. À partir de ce moment, d’ailleurs, la plaie prend bon. aspect et manifeste une tendance active à la cicatrisation. L'appétit redevient, bon et l'état général s'améliore.
Dès l'opération aussi les urines sont redevenues claires, et le malade n’a plus souffert de la vessie.
Qt
17 février 1910. — La plaie a notablement diminué d'étendue et de profondeur.
14 avril. — Peu de changement. La plaie est toujours large et profonde et manifeste peu de vitalité.
14 mai. — Repart chez lui. La plaie à notablement diminué d'étendue. La cicatrisation se poursuit mais bien lentement.
19 juin. — Revu. La plaie se rétrécit, mais très lentement.
9 décembre. — Il persiste une petite fistule très étroite, mais profonde, dans laquelle on fait une injection de pâte bismuthée. On en avait déjà fait une il y a environ un mois qui avait amené une amélioration très notable.
Depuis, nous avons eu souvent l'occasion de revoir l'opéré, el nous lui avons fait nous-mêmes plusieurs injections de pâte bismuthée. °
Au commencement d'avril 1911, nous notons l'état suivant (L'an et 5 mois après l'opération).
La plaie opératoire n'est pas encore complètement cicatrisée. Actuellement il persiste encore une très petite fistule, profonde de un centimètre et demi à peine, et très étroite, qui ne tardera certainement pas à se combler.
Depuis le mois de novembre, on a fait en tout huit injections de pâle bismuthée de Beck dans le trajet, les quatre dernières à une date assez rapprochée (à 8 jours d'intervalle). Dès la première injection, la suppuration diminue beaucoup, les 2°, 3° et
4° injections n'amenèrent pas grand changement, la fistule étant encore très profonde. À chacune des quatre dernières séances, on note une amélioration très notable.
La fistule actuelle donne lieu à un écoulement séreux presque insignifiant.
VESSIE. — L'état de la vessie s’est amélioré presque aussitôt après l'opération.
Nombre des miclions. — Avant l'opération toutes les deux heures; actuellement toutes les cinq heures environ. Pas de mictions la nuit.
Les douleurs à la miction ont disparu depuis très longtemps déjà.
Les urines se sont clarifiées dès les premiers jours après la néphrectomie.
Capacilé vésicale. — 350 grammes,
Cystoscopie. — Nous pratiquons l'examen au cystoscope qui nous montre une vessie redevenue saine. Les ulcérations que l’on constatait autrefois sont complètement cicatrisées. Aspect cicairiciel du méat urétéral gauche.
Quantité des urines des vingt-quatre heures. — Un litre en moyenne ou un peu plus.
Poids de l’opéré. — Avant l'opération : 60 kilos. Actuellement : 67 kilos. Jamais il n'avait atteint ce poids et n'avait jamais pesé plus de 63 kilos.
Érar cénérAL bon; appétit normal. A repris son travail depuis
longtemps.
Poumons indemnes de bacillose.
Traitement suivi. — Le malade n’a plus fait aucune injection
d'huile dans sa vessie après la néphrectomie.
ÉTAT DU REIN RESTANT
Rein droit non douloureux, non perceptible à la palpation.
Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (D' HERBIER). ANTON MR RCE ME 1.050 cmc.
Denstte More NE RE CNR A N 1.026 Couleur ne 4 de l'échelle de Vogel.
Réaction acide.
Ur Tir (par lire), 18 gr. 38 (par 24 heures)
Chlorures . . . . 8 gr. OÙ — 8 gr. 40 —
Phosphates . . . 28r. 05 — 2 gr. 19 —
Albumine . . . . Ogr. OÙ — 0 gr. 00 —
Clucose em LU EC OÙ — 0 gr. OÙ —
Dépot ere 0 gr. 00 = 0 gr. 00 AR ; Examen histologique (D' Fairise). — Cette urine ne contient
aucun élément pathologique.
Un cobaye est inoculé le 11 avril.
7 mai. — Le malade nous écrit que sa fistule es complètement cicatrisée depuis quelques jours (soit un an et demi après l'opération).
Inoculation négative (cobaye sacrifié 3 mois après l’inocula-
tion).
9 mai 1912: — L'opéré est en bonne santé (lettre).
Observation XXXVII.
Tuberculose rénale gauche: Néphrectomie lombaire. Epididymectomie 3 mois avant la néphrectomie. Guérison. — Malade revu 1 an et ? mois après l'intervention : bon état général et local. Bon fonctionnement du rein adelphe. Inoculalion négative. — Deux ans et 3 mois après la néphrectomie, la guérison se maintient parfaite.
M. G....., 27 ans, représentant de commerce, entre à la Pension Bon-Secours le 20 janvier 1910, pour des symptômes de cystite, qu'il présente depuis quelques mois.
Antécédents héréditaires. — Néant.
Antécédents personnels. — Le malade aurait eu il ÿ à quatre ans une pleuro-pneumonie d'origine tuberculeuse. Il y a dix-huit mois où deux ans, il fut atteint d’épididymite tuberculeuse du côté gauche. À ce moment, on conseilla l’épididymectomie, mais le malade ne se fit pas opérer.
Maladie actuelle. — Depuis quelques mois il présente des symptômes de cystile tuberculeuse, mictions fréquentes, urines
troubles, légères hématuries terminales.
Il a subi il y a deux à trois mois l’'épididymectomie à gauche. L'épididyme était rempli de pus caséeux. Cette opération se cicatrise par première intention.
ÉTAT ACTUEL. — L'examen Cysloscopique montre l'aspect habituel des cystites tuberculeuses, Vessie rouge avec placards
plus foncés. Orifice de l’uretère béant et ulcéré. L'orifice droit paraît normal.
Le cathétérisme des deux uretères est pratiqué et les urines séparées sont analysées.
Examen histologique (Prof. Hoche). — Urine du rein droit. Beaucoup de cellules épithéliales: quelques globules blancs mononucléaires.
Urine du rein gauche. — Quelques cellules épithéliales, glo bules rouges et nombreux globules de pus.
Analyse chimique des urines séparées (Prof, agrégé Roger).