‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 164 sur 184 · REIN GAUCHE REIN DROIT · texte numérisé non relu

REIN GAUCHE REIN DROIT

Couleur n° 2 rosée de l'échelle de Vogel. n° ? de l'échelle de Vogel.

Réaction neutre. acidule

Dépôts : léger, rosé. assez abondant, dépôt blanc Urée (par kitre). . . . El gr. 15 34 gr. 64 Chlorures PRE 2 gr. 40 1 gr. 40

Acide phosphorique total 0 gr. 25 3 gr. 30

Glucose totale. ; 0 gr. 0€ L gr. 00 Albumine 6 gr. 05 0 gr. 55

L'inoculation au cobaye n’a pas été pratiquée.

En somme, le rein droit donne une urine à peu près normale, sans pus. Le fonctionnement de ce rein est satisfaisant. Au contraire, le rein gauche donne une urine contenant du pus, et son fonctionnement est peu satisfaisant.

L'épreuve du bleu de méthylène est bonne. Le bleu passe dans Furine dès la première demi-heure et d’une façon normale pendant vingt-quatre heures.

État général. — À maigri depuis quelque temps. 3 février 1910. — INTERVENTION. — Néphrectomie lombaire gauche. — Jncision oblique habituelle. On arrive rapidement

sur le rein qui est facilement énucléé. L’uretère, qui est épaissi, est dénudé le plus bas possible et sectionné entre deux pinces à environ dix centimètres du bassinet. Le pédicule rénal est ensuite pincé et sectionné, puis lié au gros catgut ainsi que l’uretère bien cautérisé.

Examen de la pièce. — Le rein enlevé est gros. It présente au niveau des deux pôles et sur sa face postérieure près du bassinet des bosselures constituées par des amas de tubercules encore crus. Chacun de ces amas a le volume d’une grosse noisette. Le bassinet est ulcéré surtout au niveau du calice supérieur. La surface est tomenteuse, végétante. Il y a également des végétations tuberculeuses le long de la portion d’uretère enlevée.

La plaie a été drainée avec un gros drain. Les muscles sont suturés au gros catgut, la peau aux crins.

SUITES OPÉRATOIRES. — Pendant les premières vingt-quatre heures, vomissements abondants, bilieux, un peu de choc. A part cela, suites normales. Un peu de température le soir pendant les premiers jours.

Au bout de quarante-huit heures on renouvelle le pansement qui est un peu imbibé de sérosité sanglante, et, comme le drain paraît ne plus rien donner, on le supprime.

7 février. — Comme la malade a eu 38° le soir depuis l’opéion, on remet un petit draïn. Il n'y a cependant aucune accumulation de liquide.

11 février. — La température du soir se maintient à 37°4 Où 6700:

Un peu de suintement par le petit drain, qu’on laisse encore en place. Bon état général, commence à s’alimenter.

17 février. — On a supprimé hier le drain. Il n’y a plus pour ainsi dire de suintement. Va très bien.

19 février. — Pansement. Très peu de suintement. Commence à se lever.

21 février. — Va bien. Il n’y a presque plus de sécrétion. Depuis deux ou trois jours, un peu de fièvre le soir, 37°5 à 38°.

25 février. — Rien de particulier cependant au niveau de la cicatrice. Très peu de suintement par le trajet du drain non fermé encore.

26 février. — On met un crayon d’iodoforme dans le trajet qui est très étroit mais assez profond.

28 février. — Il n'y a presque plus de sécrétion. Toujours de la fièvre le soir.

8 mars. — Complètement cicatrisé. Mais fait tous les soirs de la fièvre, 38°5 à 38°8. Va partir dans un sanatorium.

11 Mars. — Hier la cicatrice s’est rouverle en un point et il est sorti une certaine quantité de pus.

On a dû remettre un drain et mème rouvrir l’ancien trajet du drain pour mettre un deuxième drain. Les drains sont laissés plusieurs jours, puis on les remplace par des mèches de gaze introduites chaque deux jours dans les trajets. Ceux-ci sont en même temps cautérisés au chlorure de zinc au 1/10°. Peu à peu l’abcès se déterge. La suppuration est moindre.

$1 mars. — Depuis quatre ou cinq jours on n’a plus mis de mèches ni cautérisé au chlorure de zinc. Les trajets se sont beaucoup rétrécis. Encore un peu de suppuration.

8 avril. — Très peu de sécrétion. Presque complètement cicatrisé.

21 avril. — Il persiste une petite fistule peu profonde et qui sécrèle très peu. Part au sanatorium de Durtol. 20 mai. — On a des nouvelles du malade qui est complèle-

ment cicatrisé et dont l’état général s’est bien remonté.

6 juin. — L'état général est redevenu très bon.

SUITES ÉLOIGNÉES

Malade revu fin avril 1911 par M. le Prof. agrégé André (1 an et ? mois après l'intervention).

Cicatrice non douloureuse; cicatrisation définitive au bout de trois mois et demi.

VessiE. — La vessie a mis cinq à six mois environ à s'améliorer d’une façon notable.

Nombre des miclions. — Chaque trois heures le jour; et une fois en moyenne la nuit.

Plus aucune douleur à la miction.

Les urines sont tout à fait claires.

Le malade n'a plus été examiné au cysloscope après la néphrectomie.

Quantité des urines des vingt-quatre heures. — un litre à un

litre et demi en moyenne.

Le malade a engraissé et repris ses forces.

ÉTAT GÉNÉRAL bon.

Appareil respiratoire. — Le malade ne tousse pas; il n'a pu

être ausculté.

ÉTAT DU REIN RESTANT

Le malade ne souffre pas de son rein droit.

Jer mai, — Analyse chimique de l'urine des vingt-quatre heures (D' HERBIER).

(ONE TRRS RTE ET ec RE NCIS Er 1.100 eme.

DéRSHRAS LD RE ER ne ne 1.025 Couleur n° 3 de l'échelle de Vogel.

Réaction acide.

Dépôt très léger.

Urée . . . . . . 2 gr. 24 (par litre), 26 gr. 66 (par 24 heures) Acide urique. . . O gr. 52 0 gr. 57 — Chlore des chlo-

DURCS ECC U0) — 1 gr. 70 —- Acide phosphori-

questotal .:... 2 gr. 10 — 2.0r. 31 — Glucose En 0er 00 = 0 gr. O0 — Albumine . . . . Ogr. O0 - 0 gr. 00 —

Examen histologique (D' Fairise). — Quelques rares leucocytes; pas de pus. es

Inoculation négative (après 2 mois, le cobaye reçoit une injection de tuberculine; il est sacrifié 3 jours plus tard).

14 mai 1912. — Nous avons eu souvent l’occasion de revoir l’opéré dont l’état de santé ne laisse absolument rien à désirer.

Observation XXXVIII.

Tuberculose rénale gauche caverneuse. Etat général peu satisfaisant. Néphrectomie lombaire gauche. Amélioration rapide et guérison. — Malade revue 15 mois après la néphrectomie : urines encore un peu louches; à part cela, état local parfait. La cystoscopie montre la régression des lésions vésicales. Gain de 19 kilos depuis la néphrectomie. Etat général florissant. Le rein restant fonctionne bien. Inoculation négative. — Excellente santé ? ans el 5 mois après la néphrectomie.

M'° Madeleine B....., 20 ans, sans profession, entre au Service le 12 janvier 1910, pour des symptômes douloureux dans la région lombaire gauche accompagnés d’urines troubles.

Antécédents familiaux. — I1 semble y avoir des antécédents bacillaires dans la famille (oncle, frère).

Antécédents personnels. — Jusqu'à il y a deux ans, cette

jeune fille paraît avoir joui d’une bonne santé.

A cette époque, elle a ressenti pour la première fois dans la région lombaire gauche un point douloureux qui est devenu assez intense pour l’obliger à rester au lit pendant six semaines. En même temps, ses urines avaient cessé d’être claires.

Depuis, la malade a toujours ressenti des douleurs d’intensité variable dans la même région; tout l'été dernier surtout, ces douleurs ont été très vives, empêchant la malade de marcher. Depuis dix mois, ses urines ont été continuellement troubles, laissant un dépôt blanchâtre.

Du mois de septembre 1909 à janvier 1910, il s’est produit une accalmie très sensible.

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