‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 29 sur 184 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La guérison spontanée de la tuberculose rénale est-elle possible ?

Nous avons montré jusqu'ici la marche lente, mais fatalement progressive de la tuberculose rénale, et nous avons insisté sur le pronostic défavorable de cette affection abandonnée à elle-même.

Jadis cette notion était loin d’être admise pour tous les cas; du moment que les lésions tuberculeuses guérissaient dans les autres parenchymes, pourquoi la bacillose du rein échapperait-elle à la règle? C'est ainsi que, raisonnant par simple analogie avec les autres organes et en particulier le poumon, on admettait, sans preuves certaines, la possiblité de la guérison de la tuberculose du rein.

CHaurrARp' en 1898, BRAULT* en 1902, prétendaient que les noyaux tuberculeux dans le rein peuvent s’enkyster, se calcifier et permettre ainsi la guérison qui peut aussi se produire par simple transformation fibreuse.

Nombre de médecins adoptent encore cette manière de voir; pour eux, la guérison est possible; elle n’est

1. Craurrarn. In traité de médecine de BRoUARDEL et GILBERT, 1898. 2. BrauLr. In traité de médecine de Boucaarn et BRISSAUD, 1902.

LS EEE —

même pas exceptionnelle; ils citent à l’appui de leur théorie des observations de malades « guéris » par un traitement purement médical.

Les chirurgiens urinaires sont beaucoup moins optimistes, et la grande majorité d’entre eux nie aujourd’hui formellement la possibilité de cette guérison.

Cette question présente, on le voit, un intérêt capital, puisque de sa solution dépend l'application d’une thérapeutique toute différente.

Elle a été discutée à différentes reprises à l’Association française d'urologie, et les importantes communications d’ALBARRAN (1902-1903), de PAUL DELBET! (1905) et d'Oraison (1908), n’ont pas peu contribué à éclaircir le problème.

Voyons donc les arguments fournis par les partisans de la guérison spontanée pour étayer leur opinion. Îls sont de deux ordres, anatomique et clinique.

Faits anatomiques

Les premiers auteurs qui se sont occupés du problème, Dreuraroy, Le DEnru, MADELUNG, ont invoqué surtout les processus ordinaires de guérison de la tuberculose : étouffement par prolifération con- Jonctive ou transformation crétacée.

En 1892, Vieneron étudie, de plus, le processus de guérison par destruction du rein, avec oblitération

1. Paul Derser. Des conditions de curabilité de la tub. rénale. IX® session

ie Jranç. urol., Paris, 1905, p. 556-575. Cons. la Bibliographie donnée par ELBET,.

2. Mapezunc. Nierentuberkulose. Deutsche Med. Wochenschr., 1890.

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