Rocer Lee. Boston med. and. surg. Journ., 7 mai
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phrectomie ». Quant aux résultats de WiLpBoLz, nous les signalerons plus loin.
| Les Américains ne semblent pas manifester beaucoup d'enthousiasme pour le traitement spécifique de la bacillose rénale.
A la XXIV* session de l'Association américaine des Chirurgiens génito-urinaires, en Mai 1910, GARDNER a exprimé l'opinion que la tuberculine ne possède point de valeur curative dans la tuberculose génitourinaire; elle n'aurait qu’une valeur palliative contre certains symptômes vésicaux douloureux et serait un adjuvant utile dans le traitement post-opératoire des néphrectomies pour tuberculose.
Younc a traité quatre cas de tuberculose génitale par la tuberculine; tous furent améliorés. Par contre, ce traitement n’eut aucune influence heureuse chez deux malades atteints de tuberculose rénale.
PEDERSEN a employé le traitement spécifique dans 2 cas de tuberculose réno-vésicale; l’un fut « apparemment guéri », l’autre amélioré seulement.
Keyes se montre plutôt opposé à la tuberculinothérapie. Parmi les urologistes américains ayant emmployé la tuberculine, nous citerons encore Isaacs, SANBORN, CUNNINGHAM et CaBor (voy. Index bibliographique).
En Espagne, il faut signaler le travail de Tanaco et PEDRAJA".
En Russie, Gaipovica publie, en 1910, un cas d'amélioration, mais non de guérison par l'emploi
1. Tanaco et Pepragya. Revista clinica de Madrid, t. III, n° 23, r1°r déc.
de la tuberculine; Lecanerr, au X° Congrès des Chirurgiens russes, vante le traitement spécifique.
En France, le premier cas de tuberculose rénale amélioré par la tuberculinothérapie est relaté par Mawroux dans la Presse Médicale du 21 septembre
Cette observation peut se résumer en quelques lignes : Tuberculose rénale. Néphrectomie. Guérison apparente pendant 5 ans. Récidive sur le rein opposé. Amélioration considérable par le traitement tuberculinique.
Peu après, au Congrès français de médecine (13- 15 octobre 1910), Manroux exposait ses idées sur les indications de la tuberculine dans la tuberculose urinaire.
Sa communication fut vivement approuvée par Teissier qui produisit l’observation d’une « guérison complète » de tuberculose rénale bilatérale.
CasTAIGNE, dans plusieurs travaux parus tout récemment, a repris la question; les résultats de ses recherches, entreprises en collaboration avec Lavenanr et avec ses élèves Gouraun et LELONGT, ont été publiées principalement dans Île Journal médical français du 15 mai 1911 et dans la thèse très intéressante et documentée de LELONGT.
Très satisfaits des heureux résultats obtenus par la tuberculine, ces auteurs voudraient restreindre le rôle de la chirurgie dans le traitement de la tuberculose rénale et ne livrer à l’opérateur que les cas de pyonéphrose avec rétention, ceux où les symptômes vésicaux sont très intenses et en relation avec des lésions
vésicales, ceux enfin où surviennent des complications graves. Pour les autres, ils préconisent, avant de décider l'opération, un essai de six mois au moins de tuberculinothérapie.
Dans la thèse de FRÈèzE figurent les observations de trois malades de DEsnos améliorés par le traitement au bouillon filtré de Denys. Néanmoins FRÈzZE se montre moins enthousiaste que CAsTAIGNE et LELONGT; tout en constatant les améliorations obtenues, il conclut que « l’expérience est courte pour une maladie à évolution souvent aussi lente que la tuberculose rénale » et il rappelle qué « Desnos a publié un cas curieux de tuberculose rénale ayant évolué pendant 14 ans avec des rémissions de plus d'une année ».
Un des travaux les plus intéressants sur la question de la tuberculinothérapie est un article de L. BERNARD paru dans la Presse médicale du 8 juillet 1911; nous y avons déjà fait allusion au chapitre précédent. Cet auteur s'élève vivement contre la manière de voir de Manroux et de CASTAIGNE et critique point par point la thèse de LELONGT.
Parmi les publications françaises récentes, nous citerons encore plusieurs articles de CasrAIGNe! et une Communication de Miner et LECLERC? à la Société de Médecine du Nord.
1. CASTAIGNE. Le rôle du médecin dans le traitement de la tub. rénale. Presse médicale, 20 janvier 1912.
1. Etude clinique et thérapeutique à Propos de deux cas de tuberculose rénale. Bulletin médical, re juin 1972.
ne: Miner et LecrercQ. Traitement des tub. pulm. et rénales par les corps Immunmisants de CAL SPENGLER: in Province médicale du 11 mai 1012.
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Notre expérience personnelle de la tuberculinothérapie n'est pas bién grande, puisque nous ne l’avons encore employée que dans 5 cas de bacillose birénale; le premier malade auquel nous avons appliqué ce traitement a subi sa première injection il y a trois mois seulement, sans qu'il ait du reste été amélioré. (Nous nous sommes servi de tuberculine de Cat- METTE.)
Aussi, pour étudier la valeur de la tuberculinothérapie, ne pouvons-nous utiliser que les faits signalés dans la littérature médicale. Ils sont du reste suffisamment nombreux déjà pour permettre d'apprécier la valeur du traitement spécifique.
La tuberculine ne «guérit » pas la tuberculose rénale
Il est indéniable que la fuberculine est capable d'exercer une heureuse influence sur l’état général des malades atteints de tuberculose rénale.
Dans bien des cas l’appétit devient meilleur, les forces se relèvent, le malade engraisse.
LENHARTZ a relaté une augmentation de poids de 25 livres en huit semaines; ROsENFELD, KARO, LEE, Desnos ont signalé des faits analogues. La fièvre tombe, la température se régularise.
WizpBozz explique cette amélioration rapide et parfois considérable des phénomènes généraux par une sorte de « mithridatisation » de l'organisme.
Les lésions vésicales semblent également bénéficier assez souvent du traitement spécifique. « Les mictions, dit Manroux, cessent d’être pénibles et s’espa-
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cent; la capacité vésicale s'accroît, passant par exemple de 60 à 350 centimètres cubes (RoEriG) ; le cystoscope permet de suivre la cicatrisation des ulcérations et la fonte des nodules tuberculeux; les urines deviennent de plus en plus claires, leur dépôt se réduit et disparaît... »
Les douleurs rénales s’atténuent. Dans certains cas particulièrement favorables, l’inoculation au cobaye, positive avant le traitement, devient négative. Le malade semble complètement guéri.
Quelques auteurs utilisent avec succès la tuberculine associée à des antiseptiques urinaires (MANTOUx) ou à l'injection intra-veineuse d’hétol (MoRELLE, LE CLerc-Danpoy).
De bons résultats ont aussi été obtenus par l’emploi de la sérothérapie anti-tuberculeuse ou des corps immunisants (Immun-Kôrper) de SPENGLER. CaAs- TAIGNE et GOURAUD, TEISSIER, LELONGT se montrent très partisans de cette thérapeutique.
CLÉMENT et JacoBson ont publié un cas de cystite tuberculeuse traitée par des instillations dans la vessie de sérum de Marmorex. Le résultat fut « absolument satisfaisant ».
Il est donc un fait acquis, c'est que le traitement spécifique est susceptible d'améliorer dans maintes circonstances les tuberculoses urinaires.
Ces améliorations sont-elles aussi fréquentes que certains le disent? Sont-elles assez nettes et durables pour que le terme de guérison puisse leur être appli-
A0 qué? En un mot la tuberculine mérite-t-elle de retenir lattention du chirurgien? Convient-il de lui réserver des indications aussi étendues que le voudraient par exemple Maxroux et CasraiGnE ? C’est un point que nous allons maintenant étudier.
Tout d’abord il nous faut signaler qu’à côté de bons résultats, le traitement spécifique en compte aussi de mauvais. Certains d’entre eux sont dus à son emploi dans des cas où il était nettement contre-indiqué ou encore à une erreur de posologie, comme nous l'avons déjà signalé. Mais dans d’autres faits il n’en est pas ainsi, et la tuberculine elle-même est seule à incriminer.
Plusieurs cas de mort ont été rapportés, notamment par PArDoE; dans l’un d'eux, le malade succomba à une crise d’anurie. WizpBorz a relaté un cas analogue.
Les aggravations, les accidents provoqués par le traitement spécifique sont assez fréquents. Il ne faut pas oublier, en effet, que la tuberculine exerce souvent une action néfaste sur l’épithélium rénal. De nombreuses expériences sur les animaux, sur lesquelles WALKER a récemment attiré à nouveau l'attention, ont démontré ce fait d’une manière indiscutable.
BæumLer, WALKER, VON STEJSKAL, BLUM, LicH- TENSTERN et d’autres encore, ont publié des observations de tuberculeux rénaux dont l’état fut nettement aggravé par la tuberculine. PrELICKE, DE KEERSMAEckER, MorELLe ont vu des cas d’intolérance complète au médicament. Dans un cas de Weiss”, son emploi provoqua de violentes hématuries.
1 Waiss. Congrès d’Urologie, Vienne, 1911.
Dans d’autres cas la tuberculinothérapie n'a pas amené d’aggravation, mais elle n’a eu aucun effet utile. C’est ainsi que KrAEMER dut, chez une de ses malades, recourir à l'intervention après l’insuccès complet d’une cure tuberculinique de 7 mois. Küm- MELL, dans 4 cas, WizpBozz dans 5, se virent forcés de pratiquer la néphrectomie après échec du traitement spécifique suivi pendant un temps très prolongé. Les insuccès sont même la règle, si l’on en croit GARRÉ et EHRHARDT.
Toutes les méthodes, si parfaites soient-elles, peuvent évidemment causer quelques déboires, surtout, dit SaAn11, « lorsque les expériences ont été faites dans des conditions défectueuses ». Aussi ne jugeronsnous pas la tuberculine d’après les seuls cas défavorables à cette thérapeutique.
Passons donc en revue les faits dans lesquels elle semble avoir donné de bons résultats.
En réalité trop souvent les améliorations ne sont pas aussi impressionnantes que le disent les partisans du traitement spécifique. Malgré un bon état général, les malades conservent très fréquemment du pus et des bacilles dans leur urine; plusieurs observations de PARDOE, PIELIGKE, CASTAIGNE, LELONGT sont là pour le prouver’.
Quant à l’amélioration des troubles vésicaux, il faut bien avouer qu’elle a été notée surtout chez des malades déjà néphrectomisés. Or, nous verrons que
1. Micnon (in Paris médical, 4 mai rg12) a signalé récemment le cas d'une jeune fille qui avait augmenté de 8 kilogrammes en six mois et auil opéra cependant d’une volumineuse pyonéphrose.
la néphrectomie est capable par elle-même d’amé- Jiorer l'état de la vessie. Les instillations intra-vésicales d'huile goménolée conduisent du reste souvent au même résultat.
WizpBorz!, dans un article tout récent, a relaté un cas de tuberculose rénale et vésicalé traité par des instillations intra-vésicales de tuberculine de BEra- NECK; à l'examen cystoscopique, on constata bien la cicatrisation d’une ulcération bacillaire; mais dans le voisinage avaient apparu de nouvelles ulcérations.
Beaucoup de cas améliorés par la tuberculine ne sont pas à proprement parler des tuberculoses rénales, mais plutôt des néphrites tuberculeuses, tels certains faits de LEEDHAM-GREEN, de DE KEERSMAEcxER et de Le CLEerc-DanDoy.
Quant aux tuberculoses rénales vraies, il en est qui réellement ont paru guéries complètement au point de vue clinique.
Mais plusieurs de ces observations perdent de leur intérêt parce qu’elles sont incomplètes en ce sens que l'examen histologique des urines et l’inoculation au cobaye n'ont pas été pratiqués. D’autres — et c’est un reproche que BERNARD leur adresse avec raison — sont insuffisantes parce qu’elles n’ont pas été suivies assez longtemps.
Ainsi un cas de LENHARTZ concernant une tuberculose rénale avec hématurie fut traité pendant trois mois par la tuberculine. Au bout de ce laps de temps, tout symptôme avait disparu; « la guérison était complète ».