‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 68 sur 184 · PR PT MN · texte numérisé non relu

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Enfin il est un troisième cas, qui est probablement le plus fréquent : La tuberculose rénale d’origine sanguine n'est qu’en apparence primitive, en ce sens qu'il existe dans l’organisme un foyer primaire; mais ce foyer est, comme nous l'avons dit déjà (F° Partie), insignifiant, non évolutif. Souvent même le‘chancre d'inoculation a existé, mais il a guéri et disparu dans la suite. En tout cas, nous le répéions, au point de vue pratique, on peut encore appliquer à cette forme le terme de tuberculose rénale primitive”.

Dans les trois hypothèses envisagées, c’est toujours par voie circulatoire, hématogène que le rein a été envahi par la tuberculose. Aussi, pour dénommer la théorie pathogénique que nous allons étudier, préférons-nous le terme d'infection hématogène ou descendante à celui d'infection primitive; car, bien que la notion de tuberculose « primitive » soit pratiquement acceptable dans beaucoup de cas, elle n’embrasse pas ceux dans lesquels existe un foyer nettement antérieur au foyer rénal; en outre, elle n'est pas toujours rigoureusement exacte au point de vue pathogénique.

1. ALBARKAN a résumé les notions qui précèdent dans les termes suivants (in Presse médicale, n° 89, 6 octobre 1905, p. 637): « On ne saurait préciser par des chiffres la fréquence de la tuberculose exclusivement cantonnée au rein; j'ai vu um certain nombre de malades chez qui l'examen clinique le plus soigneux ne m'a fait découvrir aucune autre lésion tuberculeuse; en outre, quelques autopsies démontrent que seul le rein était atteint par la maladie. 11 est pourtant plus fréquent de trouver d’autres lésions tuberculeuses, le plus souvent peu importantes.

Les plus fréquentes de ces localisations précédentes ou consécutives à la tuberculose rénale, mais coexistant avec elle lorsque nous voyons les malades, se voient- dans les poumons, la vessie, les organes génitaux, les articulations, les ganglions, etc. On peut observer ces lésions à des degrés très divers, mais il est fréquent de voir des lésions tuberculeuses légères par ailleurs, alors que la localisation rénale est de grande importance. »

Théorie de l'infection tuberculeuse descendante ou hématogène La théorie de la tuberculose descendante du rein s'appuie sur des preuves expérimentales anatomopathologiques et cliniques.

1° Preuves expérimentales

Pendant longtemps l'expérimentation fut impuissante à reproduire la tuberculose rénale par voie hématogène. Duranp-FarDer', HALzLé', Du Pas- QUIER!, VIGNERON' échouèrent complètement dans leurs tentatives plusieurs fois répétées. Plus tard, d’autres auteurs entreprirent à nouveau de réaliser la bacillose par voie sanguine, mais en se mettant dans des conditions plus favorables.

BAUMGARTEN”, le premier, puis ALBARRAN° réussirent là où leurs contemporains ou leurs prédécesseurs avaient échoué. Vers la même époque, PELS- Leuspen, Kosreniscn et Vorxow“ obtinrent tous des résultats positifs, ces derniers en injectant dans le parenchyme rénal, à travers la peau, des cultures tuberculeuses.

BorreL*, en 1894, produisit une tuberculose rénale expérimentale typique, en injectant directement la culture dans l’aorte ou dans le système veineux; dans ce dernier cas, il obtenait 1ine tuberculose « granu-

Loc. cit.

BAUMGARTEN. Uber Tuberkel und Tuberkulose, Berlin, 1885.

ALBARRAN. C. R. Société de Biologie de Paris, 99 mai 1897.

h. Kosreniscn et Vorrow. Archives de Méd. expérimentale, 1892.

. Borrer. Tuberculose expérimentale du rein. Annales de l'Institut Pasleur, t. VIII, 1894, n° 2, p. 65-85,

D. re Lu, L'hOVes RS CET br

lique » du rein, tandis que l'injection dans l'aorte réalisait la tuberculose rénale « primitive » ordinaire.

Deux ans plus tard, LAROCHE”, par un procédé différent, arriva au même résultat : après injection d’oxamide pour traumatiser les tubes urinifères, il injectait dans l'artère rénale ou dans la circulation générale des cultures bacillaires et réalisait ainsi la tuberculose rénale par infection sanguine.

Peu de temps après, Frienricn” et NôsskE réussirent à déterminer une bacillose birénale en faisant une injection de bacille de Koch dans le ventricule gauche.

En 1901, BAUMGARTEN" entreprit, en partie avec le concours de KRÆMER, une série de recherches expérimentales sur le mode de propagation de la tuberculose dans l'appareil uro-génital. KræmwEr”, de son côté, se livra à des expériences analogues sur des lapins mâles. Les conclusions de ces deux auteurs” confirment la véracité de la théorie de l'infection hématogène du rein. De plus, ils sont arrivés à démontrer que le mode de propagation de la tuberculose uro-génitale, si bien établi chez l'animal, est le même chez l’homme, à savoir que la tuberculose a son point de départ dans le rein ou le testicule, et que, de

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