Kapris. Thèse de Tübingen
2. ALBARRAN. Travaux de la Clinique des Mal. des Voies urin. de janvier 1907 à novembre 1908. Leçons cliniques recueillies par Hetrz-Boyer. Annales génilo-urinaires, 1909, t. I, p. 648.
3. Maucenis. De l’action d’un rein malade sur le rein du côté opposé. Thèse de Paris, 1907-1908.
4. Wacosorz. Experimentell erzeugte aszendiérende Nierentuberkulose. Zeit schrift f. Urologie, 1908, t. II, n° 1, P. 89-43 (rt Congrès allemand d'Urologie: Vienne, 1907).
Ib. Experimentelle Studie über aszendierende Nierentuberkulose. Folia urologica, t. TIT, 1909, n° 6, P. 679-708.
simple de bacilles de Koch dans l'uretère, sans qu’il y ait un obstacle au cours normal de l'urine.
WizpBorz, dans une première série d'expériences, injecta une culture de bacilles tuberculeux dans l’uretère, en passant à travers la vessie. Sur 20 lapins ainsi traités, 12 présentèrent une tuberculose rénale des plus nettes du côté où l'injection avait été pratiquée. Le bassinet et la substance médullaire se montrèrent en général bien plus touchés que le cortex, tandis que. l'uretère était atteint exclusivement au niveau de sa portion supérieure. Le second rein était en général indemne, mais sauf chez un seul animal, WiLpBorz constata des métastases dans différents organes.
Les mêmes expériences furent répétées avec des bacilles tuberculeux pris directement sur l’homme, qui sont beaucoup moins pathogènes pour le lapin. Sur 18 animaux, 7 contractèrent une tuberculose rénale unilatérale, du côté correspondant à l'injection, et 4 parmi eux ne présentèrent aucune métastase.
Chez les animaux qui présentaient des tuberculoses multiples, il est possible, à la rigueur, d’invoquer l'infection hématogène pour expliquer les lésions rénales. Mais chez cinq de ces animaux, soit le seul lapin de la première série qui n'ait pas présenté de métastase et les quatre derniers de la deuxième série, on ne trouva qu'une seule localisation tuberculeuse, à savoir au niveau du rein correspondant précisément au côté injecté. Dans ces 5 cas, il est évident, dit WizpBorz, que l'infection s’est réalisée par un processus ascendant.
S'agissait-il d'une inoculation par voie canalicu-
laire, urétérale ou par voie lymphatique ascendante ? Ces deux hypothèses pouvaient venir à l'esprit. De prime abord, la voie lymphatique parut moins admissible à WiLpBozz, qui, pour élucider la question, entreprit de nouvelles expériences, consistant en inoculations extracanaliculaires de bacilles de Koch dans le tiers moyen et inférieur de l’uretère. Dans ces conditions, et en dépit d'un rétrécissement fréquent de l’uretère avec rétention d'urine en amont, il ne vit se développer une tuberculose ascendante que chez 2 animaux sur 14 ayant servi à cette expérience. Dans ces deux cas seuls, le foyer tuberculeux avait fait irruption dans la lumière de l’uretère.
La conclusion de ces faits expérimentaux fut, suivant leur auteur, qu'un foyer tuberculeux de la paroi de l’uretère (segments inférieur et moyen) ne peut que très exceptionnellement ou même jamais déterminer une infection du rein par voie lymphatique; cette infection, dans les 5 cas considérés plus haut, était donc due à une ascension directe des bacilles injectés à l’intérieur même du canal urétéral.
Du reste, peu importait que le processus se réalisât par voie urétérale ou Ivmphatique; le point capital démontré par WiLpBozz était celui-ci : les bacilles tuberculeux peuvent, de l’uretère, gagner par voie ascendante le bassinet et le rein, sans qu’une sténose urétérale soit absolument nécessaire.
Poussant plus loin ses investigations, WiLpBozz voulut se rendre compte si les bacilles de Koch étaient capables de remonter de la vessie au rein. Dans ce but, il introduisit, par cathétérisme, une émulsion
de bacilles dans la vessie de plusieurs animaux, exerça une compression de l’urètre à l’aide d’une ligature élastique et remplit la vessie d’une solution salée jusqu'à ce qu’un manomètre en communication avec la sonde montrât une pression intra-vésicale de 2 cen. timètres de mercure. Cette pression fut maintenue pendant 10 à 15 minutes.
En procédant ainsi, WiLpBozz n'a fait que renouveler les expériences antérieures de ZEmBLiNorr", de Lewix et Gocpscnminr*, de COourRTADE et GUyow”’, de JacoBezzi® et de Marcus”. Ces auteurs avaient prouvé que, lorsque, chez le lapin, la pression intravésicale augmente brusquement jusqu'à atteindre de 1 Ci. » à 2 cm. 5 de mercure, le contenu de la vessie reflue dans l’uretère normal. Chez le chien possédant une musculature vésicale et urétérale plus puissante, ce phénomène ne s’observe plus que 1 fois sur 5.
Dans les expériences de WicoBorz, le liquide vésical renfermant des bacilles devait pénétrer également dans l’uretère et le bassinet, lorsque la pression intravésicale aurait triomphé de la résistance des méats
urétéraux.
1. Lemerixorr, cité par Guyon et ALzarnan, in Arch. de méd. expériment., t. II, 1890.
>. Lewix et Gornscaminr. Versuch über die Bezichungen zwischen PBlase, Harnleiter u. Nierenbecken. Arch. f. path. Anat., 1893, t. 134, p. 33; et : Berl. klin. Wochenschr., 1893, p. 766.
3. Courrane ef°Guxox. Annales des mal. des org. gén.-urin., 1894, p. 567.
h. Jacogecur. Sulla possibilità di un passagio refluo del contenuto vescicale negli ureteri. Soc. italienne de Chirurgie, Rome, octobre 1900, in Riforma medica, 1901, n° 3-4.
In. Sulle infezioni renali ascendenti. Ricerche sperimentali. XVI® Congrès de la Soc. italienne de Chirurgie, mars 1902, et Napoli, Tipografia R. Pesole,
5. Marcus. Experimentelle Unters. ÿber d. Rückstr. von Harnblaseninhalt. Wiener klin. Wochenschr., 1903, p. 725.
Sur 20 lapins injectés avec une culture tuberculeuse d'origine bovine, 5 restèrent indemnes; 7 présentèrent des foyers tuberculeux dans les poumons sans atteinte des reins, et en sus 3 de ces derniers contractèrent une tuberculose urétro-vésicale. Chez les 8 lapins restants, WiLpBozz constata une tuberlose birénale, à part un cas où un seul rein fut touché. Chez cinq de ces animaux il y eut, en outre, des foyers pulmonaires, tandis que chez les 3 autres, la tuberculose rénale était isolée, par conséquent d’origine incontestablement ascendante.
Pour contrôler la valeur de cette expérience, l’auleur la répéta sur 20 autres lapins en se servant de bacilles tuberculeux recueillis chez l'homme. Les résultats de cette nouvelle série ne firent que confirmer les précédents.
De plus, en liant, quelques jours avant cette méme expérience, l’un des uretères chez 3 animaux, WiLpBoLz constata que, chez 2 d'eutre eux, seul le rein opposé au côté ligaturé, celui dont l’uretère était libre, était atteint de tuberculose avec maximum des lésions au niveau du bassinet et intégrité du cortex; chez le troisième lapin, prédisposé cependant, du fait de l'hydronéphrose produite par la ligature, à contracter une tuberculose hématogène, les deux reins restèrent indemnes de bacillose.
Tous ces résultats amenèrent WizpBorz à affirmer la réalité, chez le lapin, de la tuberculose expérimentale du rein par voie ascendante.
Rapprochant les données de ses investigations des quelques observations cliniques (voy. infrà) signalant
or un reflux de l'urine à travers les orifices urétéraux même normaux, WiLpbBorz en a conclu que, « chez l'homme également, une tuberculose rénale ascendante peut se développer par transport de bacilles tuberculeux de la vessie dans le bassinet ». Que ce fait se réalise rarement dans la pratique, l’auteur ne songe pas à le contester: il est nécessaire, en effet, que la pression intra-vésicale s'élève avec brusquerie et avec une certaine intensité: il faut de plus un obstacle tout au moins momentané à l'expulsion de l'urine par l’urètre. Mais la possibilité d’un processus ascendant n’en est pas moins démontrée par la série d'expériences entreprises par lui dans ce but.
Si nous avons tant insisté sur les travaux de Wicp- BOLZ, C'est qu'ils comptent parmi les plus importants en ce qui concerne la bacillose rénale par voie ascendante.
Des expériences analogues furent entreprises dernièrement par Tosarr et par Sawamur4?: Tosarr arriva à des résultats presque identiques à ceux de WIiLpBozz.
Quant à SawamuRrA, il observa dams un cas la tuberculose rénale à la suite d’une injection de bacilles dans l’uretère, sans oblitération de ce conduit. Sur d’autres points, ses expériences furent, par contre, négatives (voy. plus loin).
Parmi les publications récentes sur la question de