Hazré et Morz (loc. cit
Cons. aussi : HazLé. Considérations générales sur l'anatomie pathologique de la tuberculose urinaire. VII session de l'Ass. franc. d'Urologie, Paris, 1903, p. 674-686.
PP
Lecueu, RosensrTein (loc. cit.), Dunox’ et un grand nombre d’autres auteurs ont confirmé l'opinion de Saxrorpu et de HazLé et Morz; et BRETON”, reprenant les idées du professeur GUYoN, insistait encore toui récemment sur la résistance de la muqueuse vésicale de l’homme à la tuberculose : « La vessie peut être polluée sans danger par une urine charriant des bacilles, la vessie saine n'étant pas normalement perméable aux microbes ».
Il existe du reste une loi bien connue de pathologie générale : « la tuberculose ne s'attaque pas, en général, primitivement aux grandes muqueuses »; la tuberculose primitive de la muqueuse stomacale, par exemple, est une rareté; pourquoi la vessie ferait-elle exception à la règle?
On peut done conclure de ce qui précède que la tuberculose vésicale primitive, si elle existe, — ce qui n’est pas absolument démontré, est d'une rareté telle qu’il n'y a pas lieu d’en tenir compte. « La tuberculose de la vessie, a dit RariN * avec raison, n'existe pas pratiquement en dehors de la tuberculose rénale.»
Ajoutons que, même si la tuberculose primitive de la vessie était reconnue fréquente, il resterait à démontrer la tendance de cette affection à gagner les voies urinaires supérieures, preuve bien difficile à fournir.
La coexistence chez l’homme de lésions tuberculeuses des organes génitaux avec des lésions de mê-
. Dunor. La tuberculose rénale et son traitement opératoire. Ann. de la Policlin. centr. de Bruxelles, novembre 1906.
>. Breron. Annales de l'Institut Pasteur, 25 octobre 1910, p. 890-825 (loc. cit).
3. Rarin. XIIIe session de l'Ass. franç. d'Urologie, 1909, p. 694. (Discussion sur Ja tub. vésicale primitive.)
me nature de l'appareil urinaire peut-elle être invoquée en faveur de l'infection ascendante? Oui, dans certains cas analogues à ceux de ForkEL et de RovsixG. Mais RovsixG lui-même reconnaît la rareté du processus d'extension des lésions génitales directement à l’uretère, sans passer par la vessie.
Quant à l'infection de la vessie à la suite de lésions génitales primitives d'origine circulatoire, elle est possible, certes, quoique peut-être moins fréquente que ne le disent quelques auteurs. Mais la tuberculose vésicale ainsi créée, — il ne s'agit plus alors de bacillose primitive, — ne sera pas développée de préférence dans la région des méats urétéraux: elle n'aura donc pas ou bien peu de tendance à s'étendre aux uretères et aux reins, surtout en l'absence habituelle de rétention vésicale: Desxos et MixET” relatent cependant un de ces cas exceptionnels.
Dans quelques observations cliniques, la tuberculose rénale s'est manifestée un temps fort long après la constatation des lésions génitales et vésicales. Mème en admettant que, dans ces cas, les lésions rénales soient effectivement postérieures, on peut objecter, avec Poussox*, DEsxos et Mixer (loc. cit.), que l'infection à pu gagner le rein « non pas en suivant le cours rétrograde de l'urine, mais par voie hématogène: les produits tuberculeux repris par la circulation au niveau de la prostate ou de la vessie servant à infecter
1. Dans un cas de BRoNGERsMA (loc. cit.), la tuberculose resta limitée pendant 12 ans à la vessie, sans gagner les uretères.
2. Desnos et Mixer. Traité des Mal. des Voies urinaires. O. Doin, édit 1909, p. 873. 4
3. Pousson (loc. cit.). Annales génito-urinaires, 1905, p. So.
le glomérule, et créant un second foyer de tuberculose à tendance extensive’ ». On peut dire aussi, avec GUyoN et KapsauuER*, que les lésions tuberculeuses se sont peut-être développées simultanément dans ces divers organes. Enfin, on peut surtout objecter que, très probablement, les lésions rénales ont été les premiières en date, mais que, étant restées longtemps silencieuses, elles n’ont pas attiré l'attention du malade ou du médecin; le fait est fréquent; plusieurs observations de M. Axpré le démontrent, et CAME- LOT”, Moscou et DEsxos l’ont rappelé à nouveau au Congrès d’urologie de 1910. LEeGtEt insiste également sur ce point dans son Traité chirurgical d'Urologie.
Nous avons vu, en effet (p. 196), que, le plus souvent, la néphrectomie améliore les lésions génitales, preuve évidente qu'elles sont très fréquemment secondaires à la bacillose rénale.
Si la tuberculose de la vessie succède parfois, chez l'homme, à des lésions génitales, prostatiques ou vésiculaires, chez la femme, par contre, la bacillose vésicale d’origine génitale est une rareté.
Les faits expérimentaux de Cuüururi, infirmant
1. Peut-être l'ascension de lésions génito-vésicales tuberculeuses est-elle possible par voie lymphatique (voy. p. 208). Mème dans ce cas, l'infection rénale serait, suivant BREroN, réductible à un processus hématogène. Des lymphatiques le bacille passerait dans le sang et le processus hématique de la tuberculose rénale serait ainsi réalisé. Herrz-Boyer donne de ce processus une explication toute différente (voy. plus haut). Cette question, qui est loin d'être élucidée, appelle de nouvelles recherches.
>. KapsammEer. Nierendiagnostik u. Nierenchirurgie, t. IT, 1907.
3. Camecor. Tuberculose génito-urinaire et tuberculose rénale latente (Discussion : Moscou, etc.). XIV® session de l'Ass. franç. d'Urologie, Par's, 1919, p. 333-339. Desnos. Idem, p. 397-400.
4. Cururr. Etude expérimentale sur le mode de propagation de la tuber-
culose des trompes et du rectum à Ja vessie. Annales génilo-urinaires, vol. VI, n° 17, septembre (1°) 1910, p. 1937-1556.
les résultats négatifs de Basso’, démontrent, il est vrai, que la paroi d’une vessie en contact avec une trompe tuberculeuse, peut être traversée par les bacilles de Koch et qu'au niveau du point de contact peut se développer une plaque de cystite tuberculeuse. (Selon Cururi, avec un rectum luberculeux, la vessie peut s’'infecter par voie lymphatique; mais la voie d'infection transpariétale du rectum à la vessie n'existe pas.)
On compte néanmoins les observations cliniques de cystite bacillaire nettement consécutive à une tuberculose de l'appareil génital féminin.
Le cas de Saxrorpn relaté au Congrès international de 1900, celui de Nicoricn”, publié au Congrès de 1909, dans lesquels la vessie avait été inoculée par une annexile tuberculeuse, sont à peu près les seuls qui échappent à la critique, les seuls où le processus d'infection per continuitatem soit irréfutable. Le cas plus récent de MorEAU* n'est pas démonstratif; la cyslite développée à la suite d’une tuberculose annexielle était une cystite banale, non bacillaire. Même lorsqu'un pyosalpinx tuberculeux s'ouvre dans la vessie, la cystile ne se développe habituellement pas, Ou, out au moins, reste très limitée et ne pré-
sente aucun caractère spécifique. Nous avons pu cons-
1. Basso. Studio sperimentale sulla genesi e sul modo di propagazione della tuberculosi negli organi genitali femminili. Ati della Societa Italiana di Osletricia e Ginecologia, 1904.
. Nicoricu. Sur un cas de tuberculose des organes génito-urinaires. XIIIe session de l’Ass. franç. d'Urologie, Paris, 1909, p. hol-4o3.
ST : ; : Se 3
5. Morgau. Tuberculose annexielle. Cystite par contiguité. Journal médicat de Bruxelles, n° 42, 19 octobre tort, p- xiftt
ab tater ce fait, signalé par Viozer et CHaLiER', chez une malade de M. AnDré (cas inédit).
Les statistiques anciennes de HErBERG?, OPPENHEIM?, Krzywickr, celles plus récentes de TEUTSCHLÆNDER* et de Warker*, prouvent que la coexistence de lésions bacillaires dans l'appareil urinaire et génital est possible chez la femme, mais qu’elle est bien moins fréquente que chez l'homme, par suite, dit TEUTSCHLÆN- DER, de « l'absence d’un carrefour uro-génital dans le sexe féminin ». Aussi Amann° et MirABEAU* s'élèvent ils avec raison contre la dénomination de tuberculose «uro-génitale », puisqu'il n'existe jamais ou presque jamais aucun rapport étiologique entre ces deur ordres de lésions. « Chez la femme, a formulé RAFIN’, la constatation du bacille de Koch dans les urines équivaut, en règle presque absolue, au diagnostic de tuberculose rénale, qu’elle soit ou non accompagnée de tuberculose vésicale ».
Nous retiendrons donc de cette étude critique que la tuberculose rénale n’est que très rarement chez l’homme, presque jamais chez la femme, d'origine génitale; cette notion, on le voit, est franchement défavorable à la théorie de l'infection tuberculeuse ascendante.
1. Viozer et Cnarier. L'ouverture spontanée dans la vessie des pyosalpinx tuberculeux. Rev. de Gyn. et de Chir. abdominales, 1909, t. XII, p. 47.
>. Cités tous trois par Cururr (loc. cit.).
3. ‘TeurscHLaENDErR. Wie breitet sich die Genitaltub. aus? Beitr. z. Klinik der Tuberkulose, 1906, t. V, p. 83.
4. Wazxer. Tuberculosis of the bladder. Annals of Surgery, 1007, t. I, Lies Te) Monatsschr. f. Geburtsh. u. Gynäk., 1909, t. XVI, p. 586.