‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 90 sur 184 · BronNGErRsMA (loc. cit · texte numérisé non relu

BronNGErRsMA (loc. cit

Ce fait est dû, disent ALBARRAN et CATHELIN’, à ce que « Le système rénal, avec son appareil d'irrigation, porte en lui-même cette cause d'infection secondaire à l’autre rein ». Pour ces auteurs, l’existence démontirée par eux d'un canal veineux réno-capsulo-diaphragmatique, existant à gauche dans 95 p. 100 des cas, et réunissant les deux reins en passant par le plexus diaphragmatique, suffit à expliquer la contamination d'un rein à l’autre par l'intermédiaire de ce canal.

BRONGERSMA, au contraire, fait intervenir, là encore, la voie lymphatique et explique la progression tuberculeuse de l’un à l’autre rein grâce aux voies anastomotiques qui relient les ganglions para-aortiques des deux côtés.

ISRAËL” à émis récemment l'hypothèse suivante les bacilles tuberculeux développés dans l’un des reins finiraient par s'adapter tellement à leur milieu qu'ils acquerraient à la longue une plus grande affinité pour le tissu rénal que pour d’autres tissus de l'organisme. De sorte que lorsqu'ils arrivent en petit nombre dans la circulation générale, ils auraient plus de chance de prendre pied dans le rein sain et de S'y développer.

Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, il est incontestable que la tuberculose peut atteindre le second rein de différentes manières: les voies qu'elle em-

1. ALBARRAN et Carnerin. D'un mode d'infection secondaire à l’autre rein, en particulier dans la tuberculose rénale. VIIIe session de l'Ass. frang. d'Urologie, Paris, 1904, P. 719-720.

2. IsRAËL. III Congrès de la Soc. allemande d’Urologie, Vienne, 1911. In. Zeitschrift f. Urologie, 1912, Erstes Beiheft, p. 73 (Schlusswort).

prunte pour arriver à le frapper sont nombreuses; et plusieurs des modes pathogéniques, exceptionnels en ce qui concerne l'infection du premier rein, sont valables lorsqu'il s’agit d'expliquer celle de l'organe adelphe.

On conçoit tout l'intérêt de ces notions qui démontrent la nécessité d'intervenir d’une façon précoce, avant que le rein sain ne devienne la proie de l’infection bacillaire, avant aussi que les lésions de néphrite toxique de ce rein ne puissent évoluer, circonstances qui contre-indiqueraient le plus souvent toute intervention, ou tout au moins l’aggraveraient singulièrement.

Conclusions

Ainsi l’étude de la pathogénie de la néphro-tuberculose nous conduit aux mêmes conclusions thérapeutiques que l'étude anatomo-clinique de cette affection.

Nous avons vu, dans la première partie de notre travail, que la tuberculose rénale est une maladie incurable spontanément ou par des moyens médicaux: abandonnée à elle-même, elle évolue vers une aggravation progressive bien que souvent lente, de l’état local et général des malades qu'elle tue, soit par elle-même, soit par ses complications.

L'étude pathogénique que nous venons de faire nous à appris, d'autre part, que la bacillose du rein est très souvent primitive (au sens spécial qu'il convient de donner à ce not), unilatérale au début, et habituéllement d’origine descendante; la voie ascen-

ni, —

dante n'intervenant guère que dans l'infection du second rein, les autres modes d'infection étant exceptionnels.

Tous ces faits plaident nettement en faveur de la néphrectomie précoce, qui apparaît comme une opération parfaitement logique, seule capable de guérir le malade, puisqu'elle supprime radicalement un Joyer tuberculeur unique ou tout au moins prédominant, qui constitue pour lui une source permanente de graves dangers.

Nous verrons, d'autre part, que les excellents résullats de cette intervention justifient pleinement cette

manière de voir.

Avant de passer à l'étude du diagnostic de la bacillose rénale qu'il faut s’efforcer de faire à un stade précoce de la maladie, nous consacrerons un court chapitre à des considérations ayant trait à son étio-

logie.

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