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b) Le symbole pictographique, où l’image concrète d’un homme qui plie son dos, frappe les mains d’allégresse où détourne la tête en signe de mépris, remplacent l’idée abstraite de tristesse, de joie, de mépris. C'est le dessin symbolique, ancêtre de l'écriture et du symbole alphabétique.
c) Le symbole mimique, qui serait l'ancêtre de la procédure. juridique écrite d'aujourd'hui : Le Khond qui vend son champ et donne à l'acheteur une poignée de terre.
d) Le symbole métaphorique. — Sa compréhension est dominée par la loi du moindre effort. Celle-ci explique comment le symbole pictographique, allégé, stylisé, cesse de rester « ressemblant » pour devenir idéogramme. Ainsi l’ancienne écriture égyptienne représente-t-elle la soif par la figure d’un veau qui court et le signe de l’eau.
Le langage parlé aurait subi une évolution semblable mais postérieure, les mots nouveaux étant plus difficiles à trouver que les idéogrammes, et c’est là qu'il faudrait voir l’explication des nombreux commentaires pictographiques qui, dans les livres primitifs, relèvent la sécheresse d’un langage encore indigent.
Une demoiselle observée par Flournoy a des « photismes » pour chaque jour de la semaine et se représenté le lundi comme pointu (elle est couturière) : Autre symbole métaphorique.
Procédé plus poussé que la stylisation, celui qui consiste à prendre fa partie pour le tout : les Armes parlantes, le Blason, en seraient issues. £r
Goblet d'Alviella (La Migration des symboles, Paris, 1894), interprète de façon voisine la formation d'un symbole très répandu : Tri ou Trétrascèle : trois ou quatre jambes en mouvement autour du soleil exprimeraient l’action en puissance par la représentation de son instrument.
e) Le symbole phonologique, c’est le symbole rébus, l’homologue parlé, si l'on peut ainsi s'exprimer, du symbole métaphorique.
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La chaîne d'associations est déjà plus complexe et prévoit la succession : Objet symbolisant; nom de cet objet; homonyme du nom voisin; image suggérée par ce nom. Ainsi les Athéniens honorant Leena, amie d'Aristogiton, érigent une statue de lionne. ne On en pourrait rapprocher le raisonnement par. assonances verbales, mis en évidence par de Saussure (Les raisonnements par assonance verbale, Ann. médico. psychologique, déc. 1923). En voici deux exemples : Dans la croyance populaire, St- Mamès donnerait du lait aux nourrices (Haraucourt, Histoire de France expliquée au Musée Cluny, Larousse, 1922, p. 64), et St-Mein de Gaël guérit la gale des mains.
Le folklore chinois est également très riche en superstitions basées sur le même principe.
Le symbole alphabétique enfin, le plus compliqué de la chaîne, où la perception du signe graphique doit évoquer la parole correspondante. Ceci sous-entend un gros effort supplémentaire d’abstraction et d'éducation.
L'existence d’une cécité verbale souligne la réalité de ce mécanisme.
Mais le pouvoir d’évocation directe de ce langage est diminué d'autant plus que l'effort demandé est plus grand. Ici le verbe perd de sa puissance. Quel crible plus sévère pour une pièce de théâtre que sa lecture « à froid »?
3° SYMBOLES DE RÉDUCTION. — Ils ressemblent fort aux symboles métaphoriques, les isoler ainsi paraît discutable.
Réduction l’art de Tourguenieff à choisir les détails les plus évocateurs.
Réduction lorsque le sourd-muet représente une maison, en formant avec ses bras un angle aigu ouvert en bas.
Réduction encore, ou mieux réduplication si, pour marquer l'intensité d’un fait, nous répétons son nom par deux fois.
Réduction enfin dans le bas-relief grec qui représente une forêt par un arbre. }
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SYMBOLES MYSTIQUES. — Bien mal nommés, ces symboles représenteraient l'Inexplicable. « Absorbant la réalité », ils ont acquis une importance exagérée : l'importance de la chose représentée. De là leur caractère hermétique.
Une grande force de conservation, une extrême diffusibilité, fonctions évidentes de leur antiquité, sont les attributs de cette variété de symboles.
Une solution de continuité existe dans la chaîne associationnelle et c’est en ce carrefour que la pensée du chercheur se trouve régulièrement mise en défaut. La loi du moindre “effort intervient en effet, conditionnant ce que Ferrero appelle «un défaut marqué de l'intelligence humaine » et c’est, dans le champ des idées : 0
L'Arrêt mental. À est cause de a, B est cause de A, mais B ne nous est pas perceptible. Paresseusement, nous concluons:
€ A est cause de a : Post hoc ergo propter hoc dans le champ des émotions : |
L'Arrêt émotionnel, basé, et pour cause, sur le même principe.
La conception d'un Arrêt Idéo-Emotionnel nous paraît plus près de la réalité des choses : Raoul de Presles nous apprend que la bannière charlemanne restait ordinairement à Saint- Denis. Ce n'était qu'une copie qui partait à la guerre. Les Flamands s’en étant emparés à la bataille de Mons-en-Puelle, la douleur fut minime, et pour cause. Voilà-t-1l pas un exemple saisissant d'arrêt idéo-émotionnel ?
5° SYMBOLES DE SURVIVANCE. — L'homme est « misonéiste »
a dit Lombroso. Plus simplement, il tient à ses habitudes. Ce n'est plus le Conservatisme qui est un ellet de l’arrêt idé6émotionnel, mais l'arrêt idéo-émotionnel qui découle du Conservalisme. Conceplion pour le moins discutable si l’on s’en Hent à la précession de l’une ou de l’autre raison, mais qui éclaire d'un jour singulier la pérennité de systèmes démodés ou inadaptés au réel, le droit romain entre autres.
Nous ne nous sommes pas attardés sans fruits sur cet effort remarquable, mais il convient d'y faire son choix. Il est de toute évidence que tel symbole pourra être classé de bonne foi et successivement parmi les symboles mystiques, de survivance, de réduction, ceci sans préjudice d’un caractère phonologique et d’une signification mnémonique.
Et cela ne saurait constituer à priori une critique valable. Comment reprocher au chercheur d'envisager le même problème de points de vue différents et d'y trouver chaque fois le même objet sous des aspects différents! L'esprit, jugé par l'esprit, ne saurait procéder autrement.
Eliminons donc le concept de symbole intellectuel puisque, nous le savons, un symbole ne vaut que par sa «signification de sentiment »; supprimons le « symbole mystique », étiquette masquant une ignorance immédiate, n’admettons la « survivance » qu'en lui attribuant une valeur très générale, associons les prétendus symboles de Réduction aux symboles métaphoriques, et nous nous trouvons en présence d’une étude très détaillée sur diverses formes d'association symbolique de complexité croissante.
Nous ne saurions trop insister d’ores et déjà sur le caractère d’abstraction progressive qu'elles présentent parallèlement.
La notion d'arrêt idéo-émotionnel nous satisfera, en attendant les lumières que ne manquera pas de nous donner l'étude de la conception psychanalytique du Rêve.
Ceci posé, il convient de remarquer que le symbole, simple association à deux termes quand il s’agit de la « République de papier timbré » (Baudouin, Psychanalyse de l'Art), est plus souvent un système à plusieurs termes suscité par les lois de l’Imagination ou du Rêve. « C’est une manière d'organisme vivant et en qui nous sentons la chaleur de la vie... »
Aussi serait-il plus conforme à la nature des choses comme au génie de la langue de dire que le premier élément : symbolise avec le second. »
Armés maintenant du minimum nécessaire, nous pouvons aborder le symbolisme dans sa vie même et l’envisager rapidement chez l'enfant, puis chez l'adulte. Sa physiologie comme sa pathologie réalisent proprement un des aspects les plus attachants du travail de FEsprit.