PART EU
même les infidèles possèdent leur idiome qui empêcherait de les comprendre si d'aventure on les écoutait sans être vu... »
L'étude de l’Inconscient a naturellement amené les Psychanalystes à celle de l'Enfance. Il ne s’agit pas pour nous de nous attarder ici sur les analogies de la pensée infantile et de l’Inconscient, pas plus que de refaire un parallèle mille fois développé entre les Primitifs où néo-primitifs d’une part, l'Enfant d'autre part. Ce sont aujourd’hui des Truismes.
Quelques grandes lois nous sont déjà connues : Inertie mentale et loi du moindre effort, nous ont permis d'envisager la pensée symbolique comme le stade initial de toute pensée. Nous pouvons équitablement en inférer la prédominance de ce mode de pensée chez un petit être physiologiquement encore tout occupé à grandir.
Piaget, chef des travaux à l’Institut Jean-Jacques Rousseau de Genève, observant des enfants de 7 à 8 ans, a réuni un faisceau de constatations extrêmement intéressantes dont les principales se peuvent ainsi résumer.
1° La pensée infantile est une pensée chaotique, inadaptée au réel, une pensée non dirigée, « indisciplinée », selon le mot de Bleuler.
« Tendance à l’exagération, facilité à aller aux extrêmes, caractérisent l’affectivité de l'Enfant, nous dit Freud, et se retrouvent dans la vie de Rêve, où, grâce à la séparation qui existe dans l’Inconscient entre les divers sentiments, une légère contrariété éprouvée pendant le jour se transforme en haine mortelle contre la personne cause de cette contrariété, de même qu'une légère tentation se transforme en une impulsion à commettre un acte criminel représenté dans le Rêve. » (Psychologie collective et Analyse du moi, p. 19).
2° La pensée infantile n'arrive pas à suivre par l’introspection la filiation de ses propres raisonnements. Elle est totalement inconsciente d'elle-même. C’est une pensée « automatique ».
Faisons en passant une restriction, le Docteur Dide nous