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Ainsi la conception que se fait Hesnard de l'instinct sexuel dépasse notablement les limites de celles que l’on avait accoutumé d'envisager avant Freud et sa Libido.
Trotter nous apprenait déjà ({nstincets of the Herd, in Peace and War) que les instincts primaires indécomposables seraient, en dernière analyse, les suivants :
L'instinct de conservation; ’ L'instinct de nutrition; L'instinct grégaire;
L'instinct sexuel.
Hesnard, se ralliant à Freud, pousse plus loin et considère à l’origine une seule grande tendance fondamentale, et ce faisant il éclaire au passage les côtés souvent mal interprétés de la notion de libido.
Libido : désir impétueux dont le besoin sexuel serait le type et le premier représentant, désir de bonheur, de jouissance, intérêt pour tout ce qui est de nature à satisfaire nos besoins, principe même de toute activité. « Car tous les hommes désirent être heureux, a dit Pascal. Quelques différents moyens qu'ils emploient, ils tendent tous à ce but. C’est le motif de toutes les actions des hommes, jusqu'à ceux qui se tuent et qui se pendent... »
Nous voici donc bien loin du symbolisme, en apparence, mais il n’en est heureusement rien. Enregistrons comme très important ce caractère narciste de la pensée infantile et son fondement dans l’évolution sexuelle de l'individu.
5° Enfin, nous dit Piaget (nous nous en doutions déjà), on retrouve dans les illogismes de la pensée infantile les divers processus psychologiques que nous avons déjà entrevus dans le mécanisme symbolique, A la condensation et au déplacement, l’auteur suisse ajoute toutefois un phénomène qu'il nomme juxtaposition : L'enfant peut ainsi imaginer, au sens propre du mot, des synthèses et des correspondances déconcertantes entre les choses les plus éloignées. Insensible à la con-
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tradiction, il est incapable de choix, incapable de comprendre ni d'examiner les rapports de causalité.
Cette inaptitude de l'enfant à se hausser jusqu’au raisonnement logique est parfaitement en accord avec ce que nous avons déjà mis en évidence sur les démarches premières de la pensée. C’est aussi l'avis de Piaget, qui ajoute :
« On sait, depuis Baldwin, que la pensée primitive, loin de s’efforcer à saisir le réel, a d’abord une tendance ludique, elle poursuit dans les libres jeux de l'imagination une satisfaction immédiatement étrangère à la recherche de la vérité. »
C'est aussi la conclusion de Freud, pour qui la pensée assouvit d’abord les tendances hédoniques (ustprinzip) de l’indi- . vidu avant de se plier aux exigences du « principe de réalité. » Et Baudoin, dans ses Etudes de psychanalyse (p. 57) : Il est difficile de ne pas être frappé par la ressemblance du déplacement dans le rêve et dans le jeu. Cette constante substitution d'objets en eux-mêmes indilférents aux objets réels de l’intérêt, cette façon de représenter des personnes et des choses par des substituts qui n'offrent parfois avec elles que des analogies
lointaines, n'est-ce pas le système de l'enfant qui joue et font que, un bâton passé entre ses jambes, devient un cheval, tandis qu'un tapis sera,la mer, un tortillon d’étolfe une poupée. Mais l’enfant peut aussi oublier le point de départ, traiter l’objet substitut comme si c'était l’objet représenté, battre son camarade comme si c'était vraiment l'ennemi (quitte à en être navré ensuite). »
La pensée infantile, comme la pensée symbolique, est donc régie par ce principe du moindre effort, par un principe d'éco: nomie intellectuelle. 4
La pensée infantile {émoigne d'un relâchement de la conscience, d’une faible tension psychologique.
Pensée symbolique et pensée infantile présentent donc une série d’analogies bien proches de l'identité.
Et Piaget de conclure que la pensée symbolique n’est pas le contraire, mais un début, une des formes primitives de la pensée logique. Il n’y a pas de différence de nature, mais de
: degré, de complication entre ces deux manières de penser.
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Gardons-nous, cependant, de prendre à la lettre cette affirmation. Quoique basée sur une réalité, elle ne doit pas nous faire oublier que c’est justement cette différence de complication qui demande à être éclaircie.
Est-il meilleur moyen pour ce faire que d'envisager maintenant la symbolique de ces grandes personnes qui se sentent si loin de leur enfance?