MGR
produits. » (Ribot, La Psychologie des Sentiments, 17 partie, chap. XI et XII) ,
La Musique : « le langage adéquat du sentiment » (Aristote- Kant).
©) Evolutioniste. — « Désappropriée de sa fonction primitive, . la Musique applique aujourd'hui, à des objets choisis par la fantaisie, un langage qui, à l’origine, fut celui de l'amour, » (Darwin, The descent of man, Trad. Barbier, 1881, 3e éd., p. 628.)
Ainsi la musique, qui traduit imparfaitement la peur, la haine ou l’épouvante, excelle à exprimer l’amour et la joie du triomphe.
d) Psychanalytique. — Les psychanalystes ont porté l’accent sur trois points.:
1° L'origine magique de la Musique, bien étudiée par Freud. Prenant l’ordre de leurs idées pour l’ordre de la nature extérieure, les primitifs essayèrent de contrôler les éléments extérieurs comme leur propre pensée par l'usage de l’incantation. C'est le principe de la croyance à la « toute-puissance de la pensée » (Freud).
Pythagore ne séparait. pas la Physique de la Magie et le symbolique des nombres renforça la symbolique musicale. La quinte (3/2), est « rapports des principes mâle et femelle » (P. Germain), se complétait de la quarte (4/3) image des rapports de la nature de l’homme. Strictement bâtie avec des quintes et des quartes, affirmation de la valeur cosmique de l’art musical, la gamme pythagoricienne devait régner tyranniquement sur la composition jusqu'à Jean-Sébastien Bach. 2 Pour les psychanalistes, le Rythme représente l'élément mâle, la mélodie l'élément femelle. Elément essentiellement dominateur, actif, viril, le rythme est marqué par des symboles phalliques (la main, puis les deux mains frappant en cadence, origine des instruments à percussion, la flûte, premier instrument à vent, l'arc, symbole de l’'Eros éternel, ancêtre de nos violons).
Me 1e
La mélodie, qui procède de la voie parlée, dont elle reproduit inflexions et nuances, est toujours gémissante et insatisfaite chez les peuples attardés ou dégénérés. La pente est descendante, faibles sont ses intervalles : elle symboliserait le principe passif.
L'Interréaction de ces deux éléments est à l'origine de notre musique moderne. On y peut cependant déceler les deux grands courants
Mélodie de la musique religieuse, contemplative et senti-
mentale.
Rythme des harmonies guerrières et d’une bonne part de la
musique de danse.
3° Graduant l'expression d’un état affectif sur une échelle dont les termes sont alternativement actifs ou passifs, la musique ne peut procéder que par vastes analogies. « Ce faisant, elle se comporte, dans une forme plus évoluée, de la même façon que le langage considéré dans son allure musicale et avec lequel elle paraît avoir une commune origine. » (P. Germain, La Musique et la Psychanalyse [Revue française de Psychanalyse, 1928, n° 2}.)
Ainsi, les auteurs les plus différents sont d'accord pour placer l'élément musical symbolisé dans le domaine du Sentiment, en grande partie donc dans l’'Inconscient.
De l'élément symbolisant, on ne peut étudier que les procédés; leur polymorphisme est bien la raison de l'infinie variété des genres musicaux.
On peut néanmoins, avec Germain, mettre en lumière quelques procédés très généraux
L'émotion vive trouvera sa traduction dans l’intensification
des sons, l'absence, la multiplicité ou la longueur dés intervalles, la syncope, une ligne mélodique montant très haut.
Joie où douleur contenues, intérieures : registres graves,
si bien étendus par certains instruments,
Indice d'activité ou de passivité dans la ligne ascendante ou
descendante du dessin mélodique, Monotonie dans sa répétition,
Piqué et lié, mode mineur ou mode majeur expressifs de joie ou de tristesse,
L'usage des timbres a le plus grand pouvoir d'évocation allective, en particulier ceux qui rappellent la voie humaine (Violoncelle, Saxophone).
Binaire, le rythme sera énergique, mâle; c'était le « rythme
divin des Grecs ».
Ternaire, il symbolisera les troubles de la passion humaine.
La combinaison de timbres particuliers avec des rythmes et des lignes sonores de hauteur originale servirent aux contrapuntistes à caractériser avec bonheur différents personnages, masculins dans le grave, féminins dans l’aigu.
Il existe donc un caractère imitatif, propre au symbole musical : certains mouvements (balancement, reptation, bercement), l'éloignement ou le rapprochement, la dimension relative de deux objets sont du domaine de l’évocation musicale. Berceuse et Barcarolle indiqueraient chez leur auteur la hantise du complexe maternel, selon Germain.
Ce caractère imitatif, Freud en cherche l’origine (Totem et Tabou, Psychologie collective et analyse du moi) dans le phénomène de l'Identification : Les primitifs voyaient dans les phénomènes de la nature des Divinités qu'ils tentaient d’amadouer à la faveur d’une identification (procédé général de la passion amoureuse, notons-le en passant). Ainsi la magie fut « homéopathique et imitative » (Freud) et chaque élément traité par son semblable; la musique descriptive était inventée. Son symbolisme est donc réduit au minimum à priori... . Quelques auteurs y ont ajouté l'élément d'abstraction que représente l’heureux choix du motif évocateur, et cette harmonieuse association a pu créer des œuvres telles que Les jeux d'eaux de Maurice Ravel, l'extraordinaire Carnaval des Animaux de Saint-Saëns. Bâtie sur le thème de la Locomotive Pacific 231 est une curieuse symphonie du rythme.
Il nous est permis de considérer cet élément imitatif du symbole musical comme universel et de négliger de ce fait les deux autres variétés de symboles invoqués par les Psycha-