‹ Valeur du Langage Symbolique Normal et PathologiqueChapitre 28 sur 45 · AL · texte numérisé non relu

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C’est dans cette valeur, dans l'intensité du pouvoir d’évocation du symbole-image qu'il faut chercher les raisons premières de l'expansion du cinéma. Cet Art encore tout jeune, la Démocratisation l’a rendu industriel; mais il ne faut pas, comme Bernard Shaw, inférer de cette condition une moindre valeur esthétique du Cinéma : mélodrame et roman-feuilleton ne sont pas exclusifs d’une littérature élevée. Shaw explique plaisamment que « le plus grand commun diviseur d’une « barmaid » de Chicago, d’un Coolie chinois de Hong-Kong et d’un Nervi de Marseille est nécessairement très petit ». C’est une contre-vérité en désaccord absolu avec ce que nous connaissons du fonds affectif commun de l'humanité.

Et puis la seule existence d’un artiste comme Chaplin, synthèse vivante d’un art qu'il a élevé très haut, n'est-elle pas un singulier démenti à la théorie du Cinéma-art inférieur ?

Charles Dullin, qui s’y connaît, analyse ainsi le jeu de Chaplin (L'Emotion humaine, in L'Art cinématographique, tome I, p# 78}:

« Enfermé dans un caractère fixe, à la manière des grands improvisateurs italiens, 1l semble avoir réduit son personnage à quelques traits essentiels, à quelques expressions typiques, et cependant il exprime tout ! Il n'y a pas d'acteur qui use aussi peu de la mimique proprement dite que Chaplin... Fait-il de nous ses complices en nous laissant imaginer derrière son masque ce qu'il nous plaît d'y mettre ? »

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